#INTERVIEW Jean-Michel Pilc : « La Musique me traverse »

Jean-Michel Pilc vient d’enregistrer son quatrième album en solo intitulé Parallel, qui sort le 1er juin 2018 sous le label néerlandais Challenge records. Cette œuvre se présente sous la forme d’un double album de pièces musicales, à la fois des compositions et des arrangements de standards. Un opus qui reflète l’originalité et la pureté de l’expression qui caractérisent le pianiste, musicalement et humainement. Arrêt du temps pour une interview de l’un des meilleurs pianistes de jazz actuels.

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Ecrit par Yael Angel

#INTERVIEW Monk sous la plume de son parolier Jon Hendricks

MONK SOUS LA PLUME DE SON PAROLIER JON HENDRICKS
Selon les informations recueillies auprès de Michèle Hendricks, sa fille

Par Yaël Angel

Thelonious Monk aurait eu cent ans le 10 octobre 2017. Si les vocalistes peuvent lui rendre hommage, c’est notamment grâce à l’œuvre de Jon Hendricks.

« Jon Hendricks, you the only motherfucker I want writtin’ lyrics to my songs »1.

Jon considère cette phrase de Monk comme le plus beau compliment de sa vie. Qu’à cela ne tienne : il écrira sur ses morceaux les plus « vocaux ». Si certaines paroles n’ont pu voir le jour du fait de batailles entre éditeurs, on doit à Jon Hendricks sept des textes que Carmen McRae interprètera sur son album « Carmen Sings Monk » paru en 1988 chez Novus : Pannonica (Little Butterfly), Ask Me Now (How I Wish), Reflections (Looking Back), In Walked Bud (Suddenly), Rhythm-a-Ning (Listen To Monk), I Mean You (You Know Who) et Monk’s Dream (Man, That Was a Dream). Comment tout cela a-t-il commencé ?

« In Walked Jon »

Jon Hendricks se concentre dans la salle d’attente du studio d’enregistrement. Alors qu’il était venu là en simple auditeur, Monk lui a lancé quelque chose du genre : « – Tu aimerais chanter sur In Walked Bud ? ». Il a vingt minutes pour composer les paroles qui lui manquent pour chanter. Suddenly, la version vocale d’In Walked Bud, fera le tour du monde, en commençant par cette session d’enregistrement mémorable d’un album à la pochette non moins mythique : « Underground », paru chez Columbia Records. Les paroles (ci-dessous) dépeignent cet âge d’or où les stars du Be Bop comme Dizzy, Bud ou Monk se retrouvaient à la fin de leurs concerts respectifs pour jammer jusqu’à l’aube. Elles mettent aussi en exergue le jeu unique de Monk.

Monk, le pianiste percussionniste

« Monk was thumpin’   « Monk martelait les touches du piano Suddenly in walked Bud Soudain Bud est entré

And then they got into somethin’” Et ça déménageait”

Monk ne posait pas ses doigts en arrondi comme le veut la technique, mais parallèlement aux touches, ce qui fait qu’il les « percutait ». Cela rend son jeu inimitable, mais lui a aussi valu de cruelles critiques, parce que cette position ne permet ni souplesse ni vélocité. Mais Monk n’était pas un musicien de « performance ». Il s’était d’ailleurs mis une grosse bague tournante au doigt, qu’il remettait sans cesse à l’endroit pour, dira-t-il, s’empêcher de jouer trop vite !

Mais pas pour l’empêcher de swinguer ! Au contraire, si l’on doit souligner un aspect plus qu’un autre, c’est peut-être sa recherche du placement rythmique « juste ». Il disait : « If you think you swing, then swing some more ! »2. Jon Hendricks l’écrit ainsi dans Listen To Monk, la version vocale de Rhythm-a-Ning:

« Some folks swing, some others don’t “Certains swinguent, d’autres non

Don’t you be the kind that won’t Ne sois pas de ceux-là

Thelonious can do that Thelonious peut faire ça

You listen to this cat” Écoute ce gars.”

Monk joue Monk

Toute sa vie, Monk a fait du Monk. Johnny Griffin l’avait entendu jouer des phrases d’Art Tatum, puis déclarer : « Ca ne m’intéresse pas de jouer comme ça (…) c’est de l’imitation ». Il avait la même sincérité dans sa vie privée. Regardez son sourire sur les vidéos pour vous en convaincre. Pas étonnant comme similitude: on joue ce que l’on est. Jon admirait cela et c’est aussi la raison pour laquelle il a tant créé pour lui.

Dans Monk’s Dream (« Le rêve de Monk »), il écrit :

I dreamed of a life that was pure and true (…) Je rêvais d’une vie pure et vraie (…)
I knew it was music I had to play Je savais que je devais jouer de la musique
I dreamed when I played, I would play my way Je rêvais que, quand je jouerais, ce serait

à ma façon

Munie des textes de Jon Hendricks, la musique de Monk a pris un autre visage. En la rendant plus accessible à certains auditeurs, il en a élargi la diffusion. Amis dans la vie, amis dans la musique, ces deux monuments du jazz avaient ceci en commun : privilégier l’émotion et ne pas céder à la facilité. Certainement deux qualités qui font qu’un artiste traverse l’Histoire.

1 « Jon Hendricks, tu es le seul …… (Hum) dont je veux bien des paroles sur mes chansons »

2 « Si vous croyez que vous swinguez, et bien swinguez plus ! »

Ecrit par Yael Angel

#INTERVIEW Marc Peillon « 40 ans de carrière »

MARC PEILLON : QUARANTE ANS DE CARRIÈRE

Propos recueillis par Yaël Angel

Contrebassiste reconnu, directeur adjoint du conservatoire intercommunal du SIVOM de Villefranche-sur-Mer, professeur de basse et de contrebasse au conservatoire d’Antibes, organisateur d’évènements, Marc Peillon a bien quatre cordes à son arc, comme son instrument !

C’est aussi un penseur de la musique et de la vie.

« J’ai beaucoup de chance »

J’ai eu la chance de pouvoir construire ma vie autour de ma passion qu’est la musique. À 18 ans, j’ai sillonné la France avec l’orchestre de Jean-Claude Lauran. On jouait de la variété dans les bals. Moi, j’apprenais le métier. Puis, en 1985, j’ai décidé de jouer du jazz, de cette musique qui avait donné ses lettres de noblesse à mon instrument, la contrebasse. J’ai donc intégré le CNR de Nice et j’ai passé mon prix. J’ai besoin de la créativité du Jazz, cet art instantané.

« J’ai décidé de transmettre la joie  »

La musique n’est pas faite pour être mise en boite. À mon avis, l’invention de l’enregistrement est une énorme erreur. On perd les vibrations, le message. La musique doit rester un évènement physiologique. En cela, elle est pour moi un médicament, une jubilation. De toutes les émotions, c’est la joie que j’ai décidé de transmettre. D’autres musiciens choisiront la contestation ou la spiritualité. Moi j’ai choisi la joie, même si ce n’est pas trop à la mode (rires).

« L’enseignement et l’organisation d’évènements m’ont équilibré »

Il y a 25 ans, j’ai ouvert ma vie à deux nouvelles activités : l’enseignement et l’évènementiel. J’avais besoin de prendre de l’altitude par rapport à la condition de musicien, qui nous oblige à nous « vendre », à attendre  » le  » coup de fil. L’enseignement et l’événementiel m’ont libéré de cette pression. Depuis, je me sens mieux et, paradoxalement, cela m’a rapproché de la scène. Je n’ai jamais autant joué.

En ce moment, on parle beaucoup de « Pepita Musiques et Cultures », cette association que j’ai créée lorsque j’ai mis en place le festival Cap Jazz à Cap d’Ail. Pepita, à l’époque, s’occupait également de Jazz au Village, un festival que j’avais créé à Villeneuve-Loubet. Avec la collaboration de Philippe Déjardin, l’association organise actuellement le « Saint Jazz Cap Ferrat » à Saint-Jean-Cap-Ferrat et des concerts dans divers clubs de la région.

« Je suis toujours à la recherche de nouvelles planètes »

Chaque projet musical est pour moi un univers. Je suis fidèle aux musiciens que j’aime et avec lesquels je joue depuis très longtemps comme Robert Persi, Jilly Jackson, Nina Papa, Jean-Luc Danna et Fabrizio Bosso. Je ne ménage cependant pas mes efforts pour créer de nouvelles aventures.

« La peur est ce que je redoute le plus »

Ecrit par Yael Angel

#CHRONIQUE Frédéric Chaudière « Tribulations d’un Stradivarius en Amérique »

Voici la biographie non pas d’un chinois mais d’un chef-d’œuvre de l’art : le violon Stradivarius dit « Gibson ». Commandé par Philippe V d’Espagne, mais refusé en raison de sa couleur « troppo rosso », le violon va traverser 300 ans d’histoire. Une tribulation qui commence par le vol du violon dans les loges du Carnegie Hall par un jazzman ! Suite →

Ecrit par Yael Angel

INTERVIEW : Jean-Marc Baccarini « Liberté, je jouerai ton nom »

Jean-Marc Baccarini : « Liberté, je jouerai ton nom »

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Le silence se fait. Jean-Marc Baccarini va jouer. Nous partons sur des chemins où le jazz est méditatif, parfois sauvage et toujours aventurier. Professeur au CNR de Nice, inlassable chercheur, ce grand saxophoniste a participé à de nombreux projets, certains avec des artistes renommés comme le contrebassiste Barre Philips ou la pianiste Sylvia Versini.

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Ecrit par Yael Angel

Portrait : Ella Fitzgerald

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Ella Fitzgerald ou l’incarnation du rêve américain

Chronique sur le livre «Ella Fitzgerald» de Stuart Nicholson

”Le plus grand arbre est né d’une graine menue” (Lao Tseu). Dans le monde du jazz, la fantastique odyssée d’Ella Fitzgerald est l’une des preuves les plus flagrantes de la véracité de cet apophtegme. Sans domicile fixe, sale au point d’être repoussante, traînant ses guêtres dans les rues pauvres de Harlem, Ella parviendra à se hisser au sommet de la gloire jusqu’à devenir une icône. Suite →

Ecrit par Yael Angel

La Galerie Depardieu

VOUS AVEZ DIT CONTEMPORAIN ?

Resurgie de ses cendres en plein cœur de Nice, la Galerie Depardieu est un espace culturel où se côtoient expositions de peintures, de sculptures et de photographies et spectacle vivant sous toutes ses formes : théâtre, lectures, danse, musique classique… et JAZZ ! La programmation de ce dernier, qui a été confiée à l’auteure de cet article (laquelle s’en acquitte avec joie), a déjà mis sur scène des jazzwomen and men de renommée internationale et bien entendu, les talents azuréens, qui s’y produisent régulièrement, principalement dans les courants « Be & Hard » Bop et Jazz actuel.

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Ecrit par Yael Angel
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