Edito : Mister President !

À l’heure où j’écris ces lignes, nous aurons bientôt un nouveau président. Un président qui défendrait la culture et le jazz, on peut rêver !!! Car en ces temps décidément bien sombres, la culture en général, et le jazz en particulier nous sont d’une grande aide. Comme l’écrit Mme Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco : « Le jazz a rythmé le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis et demeure une source d’inspiration pour des millions de personnes qui, à travers le monde, aspirent à la liberté et luttent pour le respect et la dignité humaine. » On ne saurait mieux dire.

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Ecrit par David Benaroche

#JAZZ&LITTERATURE Jazz à Mort

 

Jazz à mort par Corinne Naidet
Les personnages de ce recueil de nouvelles s’appellent Albert Ayler, Art Pepper, Billie Holiday, mais aussi Rodney King, Rosa Parks ou bien encore Jean Michel Basquiat. Des instantanés dans les vies tourmentées, cabossées de quelques musiciens, quelques artistes souvent obligés de dealer, de braquer afin de se payer la came. Ainsi Pepper pris la main dans le sac par un flic, qui finira par lui donner un billet parce que Chili Pepper était son album favori. On y croise la Dame aux gardénias, fleur bien flétrie à l’hôpital, sur les draps sales d’un hosto à Harlem. Une lumière souffreteuse, la nuit opaque, et les chevaux de la mort piaffant derrière la porte. Quelques pages plus loin, Thelonious Monk écoute passer le temps pendant que deux jeunes cambriolent la maison où il vit, survit. À l’écoute de Ruby, My Dear, ils suspendront leur vol. Dans Marvin et Rosa, le jeune trompettiste Marvin est assis dans le bus où Rosa Parks ne cédera pas sa place. Est-ce pour cela que le musicien (Marvin Stamm ? effectivement originaire de Memphis, il pouvait se trouver dans un bus en 1955) pourra  « inventer tout le reste, la musique dans la tête » ? Marc Villard nous laisse improviser sur ces tranches de vie. L’on est certes dans l’intimité des jazzmen, mais l’auteur n’oublie pour autant pas la société alentour, et la condition miséreuse de la communauté noire aux États-Unis particulièrement à l’avènement du be-bop ou du free.
Quelques pages suffisent à l’écrivain pour nous plonger dans l’ambiance glauque des quartiers de Harlem, Los Angeles ou encore Tijuana. Ses références sont multiples et il s’amuse à faire se rencontrer, se croiser anonymes et artistes, putes, musiciens, arnaqueurs. L’espoir est mince, la chute est proche et le monde est moche. Il reste les moments hors du temps, quand, par exemple, après le meurtre de son père, Le jeune Théo peut avancer avec allégresse vers l’indépendance des quatre membres, cela aide quand on veut tâter de la batterie. Ou bien encore Albert Ayler jouant à la Fondation Maeght à St Paul de Vence, le lendemain dans un camping du coin. « Les mecs en short, les nanas en bikini et Al, complètement parti avec son biniou. « 
Réalité, fiction, on s’en moque; avec ces récits, l’on plonge « dans une contrée inaccessible aux mortels. »Si tu vois ma mère, Marc Villard, Cohen & Cohen, 2017

Ecrit par Corinne Naidet

#CESTDUJAZZ CA ? Le Smooth-Jazz

 

C’est du jazz, ça ?
le smooth-jazz
Par Jean Bellissime
Tout genre génère un sous-genre, le Jazz comme le reste.
Pourquoi en irait-il autrement pour cet art que nous chérissons ?
Et dans ces arts qui au cours de leur longue existence ont donné naissance à des variantes, des mélanges, des versions, des interprétations, le jazz n’a pas échappé à ces aventures, à ces expérimentations, et certains (beaucoup ici je pense) écriraient : dérives.
Sans doute est-ce un genre mal-aimé des puristes, mais les gardiens du temple ont-ils toujours raison ? Et, en fait, c’est quoi le Smooth jazz ? Suite →

Ecrit par Jean Bellissime

#LE JAZZ ET LE ROCK Joe Jackson

Joe Jackson par Jack Lalli

« Plus éclectique que le bon Joe on ne fait pas mieux ! »
Enfant, il apprend divers instruments comme le violon, le piano et l’harmonica. Il effectue ses études à la « Royal Academy of music » de Londres. Il rejoint diverses formations faisant des reprises, mais c’est avec le groupe « Arms & Legs » en 1976 qu’il compose ses premières chansons. L’épopée rock punk et new wave fait émerger également une scène ska, dub-reggae, à laquelle Joe Jackson s’en influence, tout comme la musique blues. De son premier album « Look Sharp » qui est un succès rapide (1979), à son deuxième disque «I am the man » au bon « Beat Crazy » (1980), il s’impose comme un artiste incontournable. Dans sa musique, il se dégage du swing qui s’incruste avec plaisir dans ses compositions. Le jazz est une de ses musiques favorites, il fonde le « Joe Jackson Jumpin’ Jive » avec un album justement dénommé : « Jumpin Jive ». Il fait revivre par ses reprises des standards de Cab Calloway, Louis Jordan, Lester Young ou de Glenn Miller… Amour de jeunesse à cette musique des années 40, qui ne le quittera pas et influencera certaines compositions. Du jazz, plus des touches latino pour l’incontournable galette : « Night and day » (1982), un hommage au compositeur américain : Cole Porter. Il collabore à la musique du film « Mike’s Murder » de James Bridges. Un autre disque envoûtant : « Body and Soul » belle perle de Joe… D’un disque instrumental « Will Power », à un super double album en public « Live 1980:86 », c’est un beau tour d’horizon de ces 10 années passées. Il est sollicité pour une nouvelle BO d’un film de Francis Ford Coppola : « Tucker-A man And his Dream » (1988). Après un retour plus rock, du relax avec « Night Music ». Étonnant, il se lance aussi dans une œuvre musicale classique sur les sept péchés capitaux : « Heaven & Hell », bien déroutant ce bel ouvrage : « Symphony n°1 » (1999) avec le guitariste Steve Vai ! En 2000, on a des grands moments de bonheur sur le « Night and day II », dont un titre avec Marianne Faithfull. Puis une reformation plus rock avec le « Joe Jackson Band »… Suivra un retour à la source musicale pour « The Duke » (2012), qui est un grand album en hommage à Duke Ellington ! On y retrouve Steve Vai, Sharon Jones, Regina McBride et Iggy Pop. Dire qu’au début de sa carrière  il doutait de lui, en pensant ne pas continuer longtemps.En plus de 40 années, il a fait preuve d’un tel éclectisme musical qu’il a droit à notre admiration !

Ecrit par Jack Lalli

#SurLaPisteD’Un33Tours Hal Singer & Jef Gilson « Son of Africa »

Hal Singer & Jef Gilson / Soul Of Africa (Le Chant du Monde, 1974, Kindred Spirits, 2008)
Par Benjamin Grinda

Si le rayonnement de la scène française fut l’un des plus importants du jazz européen à la fin des années 1960, il est notamment lié à la vision et à l’engagement d’artistes tel que Jef Gilson. Peu connu du grand public, Jef Gilson n’en a pas moins marqué toute une génération de musiciens ayant oeuvré aux avant-gardes du jazz. L’occasion de découvrir Soul of Africa, réédité il y a quelques années par le label Kindred Spirits.

En 1974, date à laquelle paraît son neuvième opus, Soul Of Africa, Jean-François Quiévreux alias Jef Gilson a 48 ans. Il a déjà derrière lui une longue carrière de près de 30 ans dévolue à sa passion, depuis ses débuts de clarinettiste aux côtés de Boris Vian, en 1946. Tour à tour pianiste, compositeur, producteur, arrangeur, chef d’orchestre, critique, chanteur, ingénieur du son, enseignant, théoricien, fondateur de labels, ce touche-à-tout de génie ne connaissait pas d’horizon bornant son talent. Les plus grands noms du jazz français sont passés par son studio : Henri Texier, Jean-Luc Ponty, Jean-Louis Chautemps, Bernard Lubat, Michel Portal, François Tusques, Eddy Louiss, Jacques Di Donato, Christian Vander…

C’est avec le saxophoniste ténor Hal Singer qu’il signe ce projet bâti autour d’un amour commun pour les rythmes africains. Le saxophoniste américain découvre l’Afrique quelques années auparavant, en 1972. L’explorateur du jazz Jef Gilson s’était quant à lui passionné pour Madagascar et ses musiciens, qu’il rencontre en 1968. Une expérience essentielle pour le jazzman qui multiplie les collaborations avec ses amis malgaches, comme ici où l’on retrouve Frank Raholison à la batterie, suivi par Del Rabenja et Gérard Rakotoarivony aux percussions.

Ouvrant l’album, Chant Inca, un des premiers thèmes écrits par Gilson dans les années 50, est réinterprété selon une adaptation qui donne le ton : l’expression spirituelle de l’album sera portée par les répétitions rythmiques tantôt d’une basse lourde, des percussions, des élans du sax ou du piano, menant une transe hypnotique comme un voyage retour à l’âme originelle, celle de la terre mère de l’acte jazzistique, Mother Africa. Un retour également vécu pour de nombreux musiciens de cette époque qui relient le jazz intellectuellement à ce qui le fonde, son ambition spirituelle.

« D’où venons-nous, que sommes-nous, où allons-nous », s’interrogeait déjà Paul Gauguin au contact des populations de Polynésie. Jef Gilson sonde ici le sens de cette quête, afin qu’advienne dans sa pratique musicale une liberté esthétique, au croisement d’une liberté revendiquée par tout un continent en lutte pour son indépendance.

Playlist :

1 Chant Inca
2 Mother Africa
3 The High Life
4 Libertarian
5 Garvey’s Strut
6 Le Grand Bidou (édition Kindred Spirits)
7 Fable Of Gutenberg (édition Kindred Spirits)

Ecrit par Benjamin Grinda

#LiveReport : Minino Garay trio à l’afterwork de Cannes

La petite salle boisée de la médiathèque Noailles à Cannes était déjà plus que pleine vingt bonnes minutes avant le début du concert. L’afterwork du vendredi à 18h30. Les retardataires trouvaient place entre les rayons de livres ou sur la terrasse éclairée d’un superbe et chaud soleil printanier. Un trio de choc était programmé ce soir-là. Minino Garay à la batterie et percussions, Jérôme Regard à la contrebasse et Manu Codjia à la guitare. Suite →

Ecrit par Jacques Lerognon

Chronique : Jowee Omicil  »Let’s bash »

Le multi-instrumentiste américain Jowee Omicil, prodige de la clarinette, du saxophone, de la flûte et de l’harmonica, qui s’est récemment produit au festival Bab El Med à Marseille, nous présente son nouvel opus « Let’s Bash » paru sur le label Jazz Village.   Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto