#PODCAST L’équipe du Jazzophone dans « Pulsations » sur Radio Grenouille et Agora Côte d’Azur

A l’occasion de la Journée Internationale du Jazz, (le 30 avril 2018) Marel, l’animateur de l’émission « Pulsations » sur Radio Grenouille, la radio associative bien connue de Marseille est venu rencontrer l’équipe du Jazzophone pour une émission spéciale en partenariat pour la première fois avec Radio Agora Côte d’Azur, sur laquelle l’émission a été également diffusée.  Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#INTERVIEW Sylvain Luc

Jazz et Histoire par Sir Ali

Le roi dévoué à la Nouvelle-Orléans « The Jazzy King »

Si vous êtes un lecteur du Jazzophone et en visite à la Nouvelle-Orléans, vous allez forcément vous trouver dans le French Quarter et, là, vous allez instinctivement pénétrer dans le Preservation Hall, le club le plus historiquement renommé de ce quartier, berceau du jazz. Une fois que vous êtes confortablement installé, vous allez remarquer que, prés d’une de ses entrées, trône une grande affiche du Roi de Thaïlande « The Jazzy King ». Et si vous cliquez sur un lien situé sur l’écran en dessous, vous allez voir et entendre le monarque jouant un solo de clarinette franchement swinguant, filmé dans cette même salle !

Le 26 octobre 2017, la planète terre a vécu sa cérémonie le plus grandiose de ces derniers siècles…en direct de Bangkok et en mondovision, pendant une journée entière. Cet évènement majeur et sans précèdent, c’était les obsèques, après un an de deuil, du Roi des Thaïlandais, S.M Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre de l’année précédente, à l’âge de 88 ans. Bien plus qu’un roi, surnommé King Rama IX, il était considéré comme un demi-dieu par son peuple. Figurant parmi les hommes les plus riches du monde, il fut le monarque dont le règne a battu tous les records de longévité. Le 5 décembre 1946, le jour de son anniversaire, Sa Majesté, Bhumibol Adulyadej, montait sur le trône de Thaïlande pour un règne de 62 ans.

Par ailleurs, le Roi Rama IX était un vrai artiste et un ardent défenseur de la culture. Sur les photos, on le voit toujours avec un appareil photo autour du cou ou avec un instrument de musique dans les mains.

« the King of Swing meets the Jazzy King » 

En effet, c’était un saxophoniste très habile qui maîtrisait également le piano, la  guitare, la trompette, la clarinette…..et il était un passionné du jazz. Il adorait jouer plusieurs genres de sa musique préférée ; swing, be-bop et ragtime, mais surtout le Dixieland de la Nouvelle-Orléans. Johnny Hodges et Benny Carter étant ses idoles du saxophone suave, mais, avant tout, Sidney Bechet et Louis Armstrong restèrent ses modèles. Il a collaboré avec les vedettes incontournables du jazz, comme Benny Goodman*, Stan Getz ou Lionel Hampton**, mais le sommet de sa joie et fierté, c’était ses jam-sessions à Préservation Hall avec l’orchestre maison.

En souvenir de Bhumibol Adulyadej et pour commémorer sa légende, l’ambassade  US à Bangkok a fait venir jouer les 15 et 16 juillet 2017 l « The New Orleans All Stars ». furent le dernier groupe qui se produisit pour le Roi.

Durant une dizaine d’années, à partir de 1946, le Roi Rama IX avait également composé une cinquantaine de morceaux de jazz, swing et du blues, sous forme de ragtime, fox-trot, valse…

Sur « YouTube », on peut écouter des centaines de versions instrumentales ou vocales de ses chansons…. On trouve même des disques entièrement dédiés à ses propres compositions.

Dés la fin des années 40, le roi avait constitué un orchestre de Dixieland/Swing avec les meilleurs jazzmen de son pays pour interpréter ses œuvres et reprises des musiques de ses héros du jazz américain. Il a même construit une station de radio où le groupe jouait en direct tous les vendredis soir.

Grâce à leur distinction, leur chaleur et leurs mélodies attrayantes, mais toujours subtiles, ces œuvres ont surtout été interprétées par de nombreux musiciens en Asie, Europe et USA, sous la forme du Jazz « New Orleans », « Swing » et, dernièrement, du « Jazz Fusion » avec l’album « Jazz King » du guitariste Larry Carlton.

Claude Bolling était l’ami intime et le spécialiste des œuvres du roi en France sur scène et les enregistrements discographiques ont repris ses compositions phares, telles que Candlelight Blues, Love at Sundown et Falling Rain. Woody Allen ne connaissait pas le roi personnellement, mais il a interprété ses titres avec son groupe de Dixieland.

Sir Ali 12/2017

* En 1956, Benny Goodman a joué avec le roi au célèbre Ambara Throne Hall de Bangkok et puis, pendant sa visite aux USA en 1960, le roi a joué avec Goodman à New York.

**En 1987, dans un article du magazine Thaï Sawasdee, Lionel Hampton dit de lui « He is the coolest King in the land » (il est le roi le plus cool du monde).

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

#INTERVIEW Les Trompettes de Christian Scott

Traduction : Monique Bornstein  et J.louis Neveu

Baigné depuis sa plus tendre enfance dans l’atmosphère légendaire de la Nouvelle Orléans, Christian Scott est le digne successeur des trompettistes qui ont écrit la légende de la Louisiane. Un étrange musicien qui a transformé cet instrument parce qu’il n’aimait pas le son… de la trompette. Il était de passage à Nice dans le cadre des Nice Jazz Festival Sessions, invité par la ville de Nice et Imago Records. Suite →

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

#INTERVIEW Monique Bornstein

Monique Bornstein, peintre qui vit et travaille à Villefranche-sur-Mer, (son atelier/galerie est situé au-dessus de celui qu’occupait Jean Cocteau) c’est l’histoire de deux passions, celle de la peinture, qu’elle pratique avec succès depuis de nombreuses années et qui l’a menée à exposer aux quatre coins du monde, des USA (New York, Miami et surtout la Nouvelle-Orléans) à l’Angleterre en passant par la Suisse, les Pays-Bas, le Canada, Paris, Londres, Bruxelles, etc… et celle du jazz dont elle passionnée depuis l’adolescence, et qui constitue l’un de ses sujets de prédilection, comme on peut le constater dans le magnifique livre qu’elle a consacré à la Nouvelle-Orléans « Spirit of New-Orleans » où ses portraits de musiciens légendaires de la ville comme (entre autres) Fats Domino ou Allen Toussaint, la famille Marsalis ou James Andrews et son frère Trombone Shorty, et d’autres, moins connus, mais tout autant magnifiés, vous sautent au visage, criants de vérité et de swing. Le livre est en outre truffé d’anecdotes, drôles, touchantes ou pittoresques.

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Ecrit par Gilbert D'Alto

#INTERVIEW Monk sous la plume de son parolier Jon Hendricks

MONK SOUS LA PLUME DE SON PAROLIER JON HENDRICKS
Selon les informations recueillies auprès de Michèle Hendricks, sa fille

Par Yaël Angel

Thelonious Monk aurait eu cent ans le 10 octobre 2017. Si les vocalistes peuvent lui rendre hommage, c’est notamment grâce à l’œuvre de Jon Hendricks.

« Jon Hendricks, you the only motherfucker I want writtin’ lyrics to my songs »1.

Jon considère cette phrase de Monk comme le plus beau compliment de sa vie. Qu’à cela ne tienne : il écrira sur ses morceaux les plus « vocaux ». Si certaines paroles n’ont pu voir le jour du fait de batailles entre éditeurs, on doit à Jon Hendricks sept des textes que Carmen McRae interprètera sur son album « Carmen Sings Monk » paru en 1988 chez Novus : Pannonica (Little Butterfly), Ask Me Now (How I Wish), Reflections (Looking Back), In Walked Bud (Suddenly), Rhythm-a-Ning (Listen To Monk), I Mean You (You Know Who) et Monk’s Dream (Man, That Was a Dream). Comment tout cela a-t-il commencé ?

« In Walked Jon »

Jon Hendricks se concentre dans la salle d’attente du studio d’enregistrement. Alors qu’il était venu là en simple auditeur, Monk lui a lancé quelque chose du genre : « – Tu aimerais chanter sur In Walked Bud ? ». Il a vingt minutes pour composer les paroles qui lui manquent pour chanter. Suddenly, la version vocale d’In Walked Bud, fera le tour du monde, en commençant par cette session d’enregistrement mémorable d’un album à la pochette non moins mythique : « Underground », paru chez Columbia Records. Les paroles (ci-dessous) dépeignent cet âge d’or où les stars du Be Bop comme Dizzy, Bud ou Monk se retrouvaient à la fin de leurs concerts respectifs pour jammer jusqu’à l’aube. Elles mettent aussi en exergue le jeu unique de Monk.

Monk, le pianiste percussionniste

« Monk was thumpin’   « Monk martelait les touches du piano Suddenly in walked Bud Soudain Bud est entré

And then they got into somethin’” Et ça déménageait”

Monk ne posait pas ses doigts en arrondi comme le veut la technique, mais parallèlement aux touches, ce qui fait qu’il les « percutait ». Cela rend son jeu inimitable, mais lui a aussi valu de cruelles critiques, parce que cette position ne permet ni souplesse ni vélocité. Mais Monk n’était pas un musicien de « performance ». Il s’était d’ailleurs mis une grosse bague tournante au doigt, qu’il remettait sans cesse à l’endroit pour, dira-t-il, s’empêcher de jouer trop vite !

Mais pas pour l’empêcher de swinguer ! Au contraire, si l’on doit souligner un aspect plus qu’un autre, c’est peut-être sa recherche du placement rythmique « juste ». Il disait : « If you think you swing, then swing some more ! »2. Jon Hendricks l’écrit ainsi dans Listen To Monk, la version vocale de Rhythm-a-Ning:

« Some folks swing, some others don’t “Certains swinguent, d’autres non

Don’t you be the kind that won’t Ne sois pas de ceux-là

Thelonious can do that Thelonious peut faire ça

You listen to this cat” Écoute ce gars.”

Monk joue Monk

Toute sa vie, Monk a fait du Monk. Johnny Griffin l’avait entendu jouer des phrases d’Art Tatum, puis déclarer : « Ca ne m’intéresse pas de jouer comme ça (…) c’est de l’imitation ». Il avait la même sincérité dans sa vie privée. Regardez son sourire sur les vidéos pour vous en convaincre. Pas étonnant comme similitude: on joue ce que l’on est. Jon admirait cela et c’est aussi la raison pour laquelle il a tant créé pour lui.

Dans Monk’s Dream (« Le rêve de Monk »), il écrit :

I dreamed of a life that was pure and true (…) Je rêvais d’une vie pure et vraie (…)
I knew it was music I had to play Je savais que je devais jouer de la musique
I dreamed when I played, I would play my way Je rêvais que, quand je jouerais, ce serait

à ma façon

Munie des textes de Jon Hendricks, la musique de Monk a pris un autre visage. En la rendant plus accessible à certains auditeurs, il en a élargi la diffusion. Amis dans la vie, amis dans la musique, ces deux monuments du jazz avaient ceci en commun : privilégier l’émotion et ne pas céder à la facilité. Certainement deux qualités qui font qu’un artiste traverse l’Histoire.

1 « Jon Hendricks, tu es le seul …… (Hum) dont je veux bien des paroles sur mes chansons »

2 « Si vous croyez que vous swinguez, et bien swinguez plus ! »

Ecrit par Yael Angel

#INTERVIEW Youn Sun Nah

La chanteuse coréenne est l’artiste qui a autant de contradicteurs que d’admirateurs, car, en général les chanteuses de jazz ont le plus souvent une voix grave et Youn Sun Nah est plutôt dans les aigus, des aigus les plus extrêmes.

Les organisateurs de festivals l’invitent, car c’est quand même une grande voix qui ne laisse pas indifférent. Elle était cette année au Nice Jazz Festival (1)

La voix de porcelaine, comme certains critiques la définissent, est amoureuse de la France même si depuis 2 ans, elle vit en Corée et enregistre à New York. Amoureuse d’un pays qui lui a fait découvrir le jazz, si bien qu’en 2005, elle remporte son premier prix à Antibes Révélation Jazz. La suite va très vite, la petite Coréenne est devenue une star internationale qui n’oublie pas de chanter en français et travailler avec le nouveau petit génie de l’accordéon Vincent Peirani avec qui, elle a composé Empty Dream, sans oublier qu’elle laisse pantois ceux qui l’ont écouté chanter « Avec le temps » de Léo Ferré. C’est indéniable la force de Youn Sun Nah c’est de passer d’un extrême romantisme à une sorte d’hystérie où, elle seule peut le faire dans des aigus à se mettre des boules Quies dans les oreilles.

Youn Sun Nah: j’ai vraiment essayé de chanter plus bas au début, à tel point que j’ai failli abandonner le chant…en tous cas, je ne pourrais jamais chanter comme Ella Fitzgerald ou Billie Holiday, mais vous verrez dans quelques années j’aurai vieilli, je vous surprendrai peut être…mais pour le moment, je chante beaucoup en Corée ou dans les pays asiatiques, et là, par contre, on veut m ‘entendre dans ces tons aigus.

JP Lamouroux : Quel est l’origine de votre nom ?

Youn Sun Nah: En fait, Youn, c’est  Jade et Soun ça vient d’une histoire légendaire d’un roi qui en Corée n’a pas de nom…Il gouvernait bien, mais il voulait savoir s’il pouvait donner un bon ou un mauvais conseil. S’il était mauvais, il mettait une Jade qui était attachée à sa couronne…Youn, c’est le jade, Sun, c’est l’histoire de tout çà et Nah est mon nom de famille

JPL : Comment composez-vous et en quelle circonstance ?

Youn Sun Nah: Oh, vous savez, je suis plus une chanteuse qu’une compositrice, quand c’est le cas, j’ai besoin de temps, de beaucoup de temps. La même chose quand j’enregistre, il me faut un mois ou deux.

JP L: Votre amour pour la France vous amène à lire les grands auteurs, qu’en est-il?

Youn Sun Nah : Quand j’étais à l’Université en Corée, je lisais Balzac, bien sûr en coréen, mais depuis je lis en français vos grands auteurs, mais j’aime surtout les textes de vos célèbres chanteurs comme Brel, Ferré, Aznavour, parfois j’ai envie de pleurer quand j’écoute certains morceaux.

. Après ses CD précédants Voyage et Lento, 4 ans après, elle nous propose She Moves In en hommage à la musique nord-américaine, d’ailleurs ce titre était celui d’un morceau d’un enregistrement en 1990 de Paul Simon. Pour son dernier CD, la rythmique est magique avec Dan Rieser à la batterie, Brad Jones à la basse et, il faut souligner que sur un titre dont l’extraordinaire Drifting ( une balade de Jiimi  Hendrix ) c’est le guitariste Marc Ribot que l’on peut découvrir. Bref, hurlante ou chuchotante, Youn Sun Nah devrait continuer à nous surprendre… même si ce n’est pas forcement du jazz diront les puristes.

Jamie Saft (piano, orgue Hamond)

Brad Jones (double basse)

Clifton Hyde (guitare)

Dan Rieser (batterie

www.younsunnah.com

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

#INTERVIEW « L’arbre à sons » d’Eric Seva

 

Le nouveau projet musical du saxophoniste baryton Eric Séva débute fort bien après une résidence à Cannes dans le magnifique site de la villa Domergue suivid’un concert en août avec son quartet (1). Une nouvelle étape pour ce prolifique compositeur qui fût initié au jazz par le dessinateur Cabu avant d’être désigné par la revue Jazz Magazine pour son CD Nomade Sonore, choc de l’année 2015.

Une belle reconnaissance pour Eric Séva, 10 ans après son passage au sein de l’Orchestre National de Jazz dirigé par Franck Tortiller. Une carrière toujours en ébullition pour ce natif de Marmande dans le Tarn et l’intitulé de son nouveau projet  » L’ Arbre à Sons  » n’a rien du hasard quand on sait qu’en Afrique, on l’appelle aussi l’Arbre à Palabres, lieu de rassemblement pour s’exprimer librement à l’ombre d’un baobab, une image qui sied parfaitement à Eric Séva qui, depuis longtemps, visite toutes les musiques ( Les Silences Roumains de Bela Bartok) et voyage à travers le monde entre deux balades, seul en montagne avec un saxophone en bandoulière.

Eric Seva : …c’est un choc pour un nomade quand il se pose à la Villa Domergue qui surplombe la mer, je ne pensais pas que je trouverais une telle atmosphère, je dirais même un bruyant silence envoûtant avec en plus, au même moment, une exposition sur l’œuvre de Man Ray où j’ai découvert l’univers très diversifié de l’artiste, il a été un guide et une inspiration pour moi et, j’ai déjà un titre pour mon prochain CD « En regardant l’0 Domergue »

JP Lamouroux : Continuez-vous à voyager ?

Eric Seva : Je suis rentré du Venezuela où j’ai travaillé avec plusieurs Big Band dont, le Simon Bolivar et j’ai interprété une pièce que j’ai écrite pour orchestre symphonique et orchestre de jazz, il faut savoir que l’éducation musicale, dans ce pays est importante et commence très tôt, ce fût à l’initiative d’un grand monsieur, le maestro José Antonio Abreu.

JP L : Comment travaillez-vous ?

Eric Seva : Je compose généralement pour le quartet et j’arrange pour une grande formation avec l’aide précieuse de Khali Chahine qui a composé pour Nomade le morceau Guizeh ainsi que plusieurs arrangements que j’avais emportés au Venezuela…j’ai besoin de temps pour écrire la musique, pour moi, les compositions, ce sont des histoires…je pense aux gens qui vont écouter, bien assis, ils doivent à travers ces sons, cheminer comme une promenade, inventer des paysages, des moments, un peu comme de jolis rêves, je tends une passerelle avec eux et de mon côté, c’est un peu çà aussi, quand je compose, par exemple en montagne, j’ai mon dictaphone et mon sax, à chaque arrêt dans un chemin, j’imagine, je rêve aussi et je joue les premières notes de ce rêve.

JP L : Vous êtes fidèle depuis longtemps aux musiciens qui enregistrent avec vous, qu’en est-il ?

Eric Seva : Ces musiciens sont devenus des copains, je ne me vois pas les abandonner, de plus, souvent, j’écris pour trois voix ,j’ai développé un son, je connais les capacités de chacun ,ils savent que je laisse des grandes plages d’improvisations et qu’ils vont profiter de ces moments pour s’exprimer à fond, il n’y a pas de routine malgré les 50 concerts que nous avons faits ensemble, au contraire, je suis surpris à chaque fois d’une nouvelle ligne de sons.

JP L : Que faites-vous en dehors de la musique ?

Eric Seva : J’aime lire, je suis attiré par tout ce qui est méditation et, bien sûr, je suis du Sud-Ouest, de savoir que je vais vous parler de foie gras et de magret de canard, me fait déjà saliver !!!

Moment émouvant lors de ce concert, en rappel, le quartet a joué Cheeky Monkey, une musique dédiée aux 12 personnes disparues le 7 janvier dans l’attentat de Charlie Hebdo. En attendant le CD qui aura une couleur Domergue et Man Ray regardant la Côte d’Azur, c’est Body and Blues enregistré en janvier qui va sortir ces prochains jours ;

-Eric Seva – Saxophone Baryton

-Bruno Schorp – contrebasse

-Daniel Zimmerman – trombone

-Mathieu Chazarenc – batterie

ericseva.com/fr/actualites/

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

#JAZZ&CINEMA John Cassavetes

S’il est un cinéaste américain dont lla filmographie est marquée par le jazz , c’est bien John Cassavetes . Grand amateur de jazz , et ami des musiciens , il fut tout d’abord connu par le public pour son rôle dans la série policière Johnny Staccato, où il interprétait un détective privé qui était également pianiste de jazz. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#INTERVIEW Erik Truffaz – Le cul entre deux chaises !

LE CUL ENTRE DEUX CHAISES !

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I N T E R V I E W par Jean-Pierre Lamouroux

Une phrase du trompettiste suisse Ërik Truffaz accordée en 2007 à un journaliste qui lui demandait si son dernier CD « Arkhangelsk « était du jazz.

Une réponse qui correspond un peu à la carrière d’un artiste qui, depuis 20 ans, a multiplié les intrusions dans d’autres musiques, électro, pop, hard rock, rap, des sons d’Afrique et d’Inde, faisant de lui une réelle figure de ce jazz progressif qui montre que cette musique ne reste pas figée. Il était en concert sur la Côte d’Azur à Cagnes-sur- Mer invité par le concept All That Jazz qui propose régulièrement des concerts dans sept villes de l’Hexagone.

Il voulait être berger, il est devenu musicien, il rêvait de vivre en ermite, il foule toutes les scènes internationales. On est dans les années 1960, on écoute les Beatles, le rock , la pop, Led Zeppelin, le synthé de Klaus Schulze, Sun Ra, Pink Floyd. En rentrant au Conservatoire de Chambéry, le jeune Erik apprend une autre musique, c’est un choc, mais finalement, c’est là qu’il comprend que cette culture musicale est un cadeau. la suite va très vite, il devient le musicien de jazz que l’on connaît, mais un musicien justement parfois inclassable, malgré par moment ses sonorités Miles Davis ou Chet Baker. Il serait trop long de détailler toutes ses rencontres, parfois même surprenantes comme celle, justement avec le chanteur français Christophe dans Arkhangelsk ou encore dans l’expérimentation musicale Being Human avec le DJ Murcof et le dessinateur Enki  Bilal , et bien sûr, toujours passionné par les voix, son dernier CD Doni Doni fait une belle place à la musique africaine avec la chanteuse  Rokia Traoré et le rappeur français Oxmo Puccino.
Erik Truffaz : Pour l’humain, c’est un peu plus, sortir de sa culture, c’est se mettre en relativité, ça fait du bien, ça remet les choses en place, on les voit différemment. Pour la musique aussi, c’est important, ce sont de nouvelles rencontres, de nouveaux horizons. Moi, ce que j’aime, c’est l’expérience de Duke Ellington qui dit que le jazz est un art avec ses racines dans le blues. L’arbre grandit, il a de plus en plus de feuilles de ramifications et il ne cesse de grandir et, plus on avance dans le temps,plus il y a des propositions différentes, parfois très éloignées du blues. Ce que je peux dire, c’est la liberté de la musique qui donne sa beauté, sa magie.
JP L : En dehors de la musique avez-vous un attrait particulier pour d’autres cultures ?
Érik Truffaz : Moi, j’ai de l’intérêt pour la littérature, là, je relie Guerre et Paix et puis, cet hiver, j’ai lu tout Duras , Bukowski, c’est très large. On lit dans l’avion en attendant. En ce moment, je m’intéresse à un compositeur du Moyen Âge qui s’appelle Pérotin, qui a participé au début de la polyphonie, il a gardé encore au 20 ème siècle une influence sur la musique actuelle minimaliste comme on peut l’entendre avec l’américain Steve Reich ou John Adams qui utilise parfois des secondes, des quartes et de la musique qui ressemblerait à la musique électronique. Je vais essayer de rebidoullier l’œuvre du Maître

JP L : Je suis obligé de vous demander vos prochains rendez-vous, vos projets, vos créations ?
Érik Truffaz : Bientôt, je vais enregistrer avec Richard Galliano et Roberto Fonseca, je vais les mettre ensemble, on est en train d’élaborer avec Marcel Giuliani et l’actrice Sandrine Bonnaire, c’est un concert de lecture avec des textes de Duras, une première partie, c’est très acoustique, contrebasse et trompette, la deuxième partie, c’est avec plus de sons électroniques.. Je prépare aussi pour 2018 une création dans l’abbaye de Cluny à Paris avec un chœur de 12 personnes dirigé par Marie Laure Teissédre en collaboration avec Michel Corboz qui est le papa de mon fidèle ami, le pianiste Benoît Corboz.
JP L : Qu’est-ce qui vous ennuie, vous gêne, vous dérange dans la vie ?
Érik Truffaz : Les cons, l’état du monde, les gens qui rétrécissent le monde, qui ont une vision étroite pour leur notion du luxe qui est bien superflu par rapport à ce qu’il faudrait pour que tout le monde soit bien, c’est ça qui me gêne !

 

www.eriktruffaz.com

 

 

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux
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