#Chronique : Sophia Domancich « Le grand jour »

Sophia Domancich est une musicienne d’exception, une pianiste et compositrice hors-pair, qui oeuvre dans les domaines des musiques progressives et d’avant-garde, ainsi que dans le jazz. De formation classique, elle étudie au Conservatoire de Paris où elle obtient un premier prix de piano et de musique de chambre. En 1979 elle fait la connaissance de Steve LacyBernard Lubat et Jean-Louis Chautemps qui l’initient au monde du jazz et de l’improvisation.

Au cours des années 1980 elle s’intéresse aux musiques africaines et antillaises. Puis changement radical de cap :elle fait la connaissance de plusieurs musiciens anglais issus de la scène de Canterbury : l’ex-batteur de Gong Pip Pyle, et, dans la foulée, les ex-Soft MachineElton Dean (saxophone) et Hugh Hopper (basse). Ensemble ils forment fin 1984 le groupe Equip’ Out, qui comprendra un temps comme cinquième membre Didier Malherbe à la flûte et au saxophone ténor. Un virage vers le rock progressif, donc, mais néanmoins toujours teinté de jazz. Elle d’ailleurs travaillé par la suite en duo avec Simon Goubert, membre de Magma et aussi de Offering, deux groupes dirigés par Christian Vander, dont l’univers peut parfois semble proche du sien. Dans cet album en solo, le troisième, et le premier du tout nouveau label Peewee !, Sophia Domancich fait un peu la somme de toutes ses expériences musicales, incluant dans son jeu une somme d’éléments venus d’univers disparates mais qui sous ses doigts trouvent une unité de forme et l’esprit. A l’instar d’un Bill Evans, dont on peut parfois sentir l’influence sur elle, elle maîtrise merveilleusement le mariage entre le piano de concert et le piano Fender Rhodes. Le disque compte onze morceaux qui s’apparentent plus à des saynètes qu’à des pièces proprement dites, chacun évoquant un univers différent, composant une mosaïque de musiques diverses mais reliées par le même esprit. On y retrouve des effluves de Bartok, Monk, Mc Coy Tyner, le tout servi servi par une technique sans faille et une imagination débridée. Un grand disque de piano. Un grand disque tout court.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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