#Chronique #Souvenirs #70ans Nice Jazz Festival : Datskat

Lorsque Franck m’a proposé d’écrire quelques lignes sur un de mes plus beaux souvenirs du Nice Jazz Festival, une certaine tendance à la facilité et la paresse, doublée d’une mémoire de poisson rouge, m’ont incité à scruter l’année 2017. La prestation mystique du prophète Kamasi Washington étant déjà abordée par une autre camarade, j’ai dû me résoudre à l’impossible : parcourir le passé glorieux du Nice Jazz Festival à la recherche de ma madeleine de Proust.

Je vous propose un bond en arrière dans le temps, direction la fin des années 90. À l’époque, le grand lieu de rassemblement des fans de jazz niçois était les arènes de Cimiez et ses trois différentes scènes : les arènes, Matisse et Jardins. Des ambiances magiques. La présence régulière d’une brise légère même lorsque la ville a chaud. Les oliviers centenaires. Les odeurs de socca entre les scènes. Les artistes qui déambulaient dans les travées, faisant la queue aux stands de nourriture. Pas de lieu réservé aux VIP. Une manifestation populaire (si l’on exclut le prix du billet d’entrée). Même si le festival avait déjà ouvert sa programmation à différents courants musicaux, il était rare que des groupes de rap viennent se produire face à ce public exigeant. Gangstarr était passé quelques étés plus tôt, mais le combo MC/DJ avait laissé perplexes et dubitatives les rares personnes présentes ce soir-là. La seconde tentative sera la bonne, les organisateurs de l’époque ont l’excellente idée d’imposer un jeune groupe venu directement de Philadelphie : The Roots. Un groupe de véritables musiciens emmené par un batteur qui va devenir au cours des années un des musiciens les plus influents de notre époque : Questlove. On retrouvait également Leonard Hubbard à la basse, Scott Storch au clavier, Tariq Trotter et Malik B au chant, et Razhel au beatbox pour effectuer n’importe quel son, bruitage, beat … Le groupe venait de sortir un premier album « Do You Want More ?!!!??! » qui avait réussi l’exploit de se distinguer dans une période d’intense créativité pour la scène hip-hop. À l’instar du public, j’étais impatient de voir en live la matérialisation de ce disque (je rappelle pour les plus jeunes que nous n’avions pas Youtube). Je ne fus pas déçu. Une énorme énergie et une véritable présence sur scène. Et une proximité avec le public qui se poursuivit après le concert. Des photos, des échanges et même les baguettes de Questlove. Le début d’une histoire d’une véritable rencontre musicale qui se poursuit encore. N’est-ce pas Franck ?!!!??!

therootsdiscography.blogspot.com

www.nicejazzfestival.fr

Ecrit par Cyril Hely

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