#Chronique #Souvenirs Jazz à Juan : Lionel Hampton, un 18 juillet 1985 !

La tension quotidienne dans le travail d’un journaliste c’est souvent le fait de ne pas savoir ce qu’il fera le lendemain. Y’aura-t-il une actualité brûlante où un banal fait-divers, mais il y a aussi ce qu’on appelle un « marronnier » dans notre jargon qui peut parfois se transformer en scoop. Pour votre serviteur ce fut le cas, je devais couvrir les festivals de jazz de la Côte d’Azur en essayant de ne pas annoncer simplement le programme… ce fut la bonne idée ce 18 juillet 1985 à 10 heures, à l‘aéroport de Nice, sur la piste où l’on pouvait à l’époque filmer les personnalités qui débarquaient… nous attendions l’une des têtes d’affiche du festival international de Jazz d‘Antibes Juan les Pins.

Caméra aux poings, Bernard Peyrano, casque sur les oreilles, Jacques Vigneron et moi même avec dans les mains… un vieux tourne-disque à manivelle où l’on pouvait écouter seulement des 78 tours a aiguilles, le mien était un enregistrement de Lionel Hampton en 1938 au vibraphone où il joue le fox-trot « Rythm, Rythm » de Fred Fischer, gravé par la firme « La Voix de son Maître » sous le numéro 0A 0785-SG93…  Lionel Hampton descend de la passerelle, se dirige vers nous, je tourne la manivelle, je plaque la tête de lecture sur le premier sillon… sourire éclatant d’Hampton face à SON « Rythm Rythm » de ses débuts, puis tranquille, il demande s’il peut l’acheter et bien sûr… le phono avec. Réponse délicate pour moi… et je prétexte que c’était un cadeau de ma grand-mère… sorry dit-il puis gentiment il me dédicaça le disque et le phono.

Le soir, au bord de la scène de la Pinède Gould il me reconnut et me lança une de ses baguettes. Dur, dur la journée d’un journaliste ! Lionel Hampton And The Paris Réunion Band avec Johnny Griffin, Slide Hampton,Woody ShawKenny Drew, Dizzy Reece, Nathan DavisJimmy Woode, Billy Brooks… il était 22 heures.

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

Laisser un commentaire

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone