#Interview : Cedric Lauer

Cédric Lauer natif de Lorraine est un musicien multi-intrumentiste de talent qui a commencé la musique à la Trompette et qui depuis quelques années, développe ses séances de musicothérapie auprès « d’Enfants Extraordinaires » comme il aime le souligner, au sein de l’association Regarddons.

Cédric comment as-tu commencé la musique ?

Cédric Lauer : Issu d’une famille de musiciens. Ma mère jouait du piano, mon parrain de la batterie, un oncle, du clavier, une grand-mère, de l’harmonica, un grand père au tuba… Mais c’est mon père, qui fut pour moi le plus inspirant. Egalement trompettiste, lui, jouait dans plusieurs orchestres, du trio de jazz au big band, en passant pas les orchestres de bal et autres harmonies municipales. Il écoutait à la maison beaucoup de jazz, New Orléans et les classiques du jazz comme Count Basie, Duke Ellington, Louis Armstrong... Tout petit j’écoutais mon père répéter avec ses groupes et j’attendais le moment où on allait enfin me proposer de jouer de la trompette. J’ai failli faire du trombone vu qu’il en manquait à l’Harmonie mais ce fût au final la trompette comme papa. Quand mes vrais dents de devant ont fini de pousser, j’ai commencé des études classique au conservatoire et j’ai eu la chance, la dernière année, d’avoir un professeur remplaçant de solfège qui était un saxophoniste de jazz et qui nous a expliqué les harmonies jazz, les méthodes pour travailler cette musique. Et c’est grâce à lui que j’ai compris la magie de cette musique.

Et ensuite tu as monté des projets musicaux ?

J’ai d’abord intégré, vers 11 ans, l’harmonie du village, que mon père dirigeait. A 14 ans j’ai eu mes premiers groupes de rock. Comme mon frère avait une batterie – il suivait également des cours au Conservatoire – je lui piquais ses cours pour me faire une base puis j’apprenais à l’oreille sur les Cds que j’écoutais. Nous reprenions quelques morceaux de Nirvana, Metallica, ACDC… j’avais toujours ma trompette pas loin en espérant pouvoir en jouer, mais mes potes rockeurs, me l’ont vite fait ranger… Je me suis, en parallèle, mis à la guitare et au piano. On m’a offert cette chance d’avoir des facilités pour apprendre les instruments.

Comment es-tu arrivé à Nice ?

Pour une histoire d’amour, à 20 ans, et je suis resté pour la musique et les amis que j’avais déjà dans le coin. J’ai eu la chance de rencontrer le directeur du conservatoire de Saint Laurent du Var, Jean Paul Alimi, qui m’a fait passer une sorte d’audition dans son bureau, à la trompette sur des standards de jazz. Et ensuite il m’a donné un carnet d’adresse de musiciens et je me suis retrouvé à jouer avec l’Orchestre Symphonique de Cannes, à l’Harmonie d’Antibes et de Nice, dans des Opérettes, des groupes de jazz et autres groupes de « musiques actuelles ». Je n’ai jamais voulu du statut d’intermittent du spectacle et comme j’ai toujours aimé transmettre – j’ai donné mes premiers cours de musique à l’âge de 15 ans – j’ai passé, en 2008, un BPJEPS dans l’animation tout publics et depuis, je travaille dans une maison de jeune de quartier à Antibes qui s’est spécialisée dans la Musique. Cette structure m’a permis de développer ma pédagogie auprès des jeunes et également de nouvelles activités comme le chant, l’éveil musical.

Tu t’es donc beaucoup investi dans la scène musicale depuis bientôt 20 ans, qu’en retiens-tu ?

J’ai, en parallèle, développé, pendant 8 ans, au Volume à Nice, les activités pédagogiques. Je commençais à réaliser que j’avais acquis de beaux outils pour transmettre la musique. Je me suis creusé la tête, pendant des années, j’ai constamment adapté mes pratiques pédagogiques. J’ai longtemps essayé de comprendre, pourquoi les conservatoires produisaient autant de personnes, qui ne veulent, aujourd’hui, plus rien savoir de la musique. Mais d’un autre côté, pourquoi aussi peu de jeunes travaillaient réellement leur instrument. Avant de comprendre qu’on ne pouvait pas avoir qu’une vision élitiste de la musique. Je veux dire par là, qu’on peut jouer de la musique sans travailler beaucoup son instrument, qu’on peut devenir musicien sans forcement chercher à en devenir un très bon. Je pense que les profs, et j’en faisait parti, oublient souvent, que si eux sont devenu prof, c’est certainement parce que eux, sont suffisamment passionné pour s’imposer une certaine discipline de travail. Et qu’on ne peut pas imposer ça à tous ses élèves. J’aime bien citer Paolo Coelho « Le maître ce n’est pas celui qui enseigne quelque chose, mais celui qui pousse son élève à donner le meilleur de lui même afin de découvrir ce qu’il sait déjà ». Je fais confiance à l’intelligence des jeunes, à leur pouvoir de décider par eux même. Je ne parle pas particulièrement des conservatoires, qui sont là pour former de potentiels musiciens professionnels. Mais de l’enseignement de la musique vue d’une manière globale. C’est pour cela que je milite pour qu’on aide financièrement plus les petites structures associatives afin que chacun puisse trouver sa place.

Tes réflexions sur les jeunes, et la musique t’ont donc amené à travailler avec « Les Enfants Extraordinaires » dans le cadre du projet Regarddons ?

Oui se fût une magnifique rencontre. Pour ceux qui ont vu le film d’Olivier Nakache et Éric Toledano « Hors normes », le projet Regarddons y ressemble. Cette association aide les parents, quelque soit leur condition à gérer leur quotidien, mais aussi les instituts spécialisés pour leur proposer des activités artistiques. Et c’est là où j’interviens grâce à la musique. J’anime des ateliers hebdomadaires à Nice, mais également dans différents instituts spécialisés. J’ai été formé, grâce à l’association, par la pianiste Françoise Dorocq à la méthode DOLCE, une pédagogie, par le piano, adaptée à l’autisme.

Quels seraient tes projets à venir ?

J’aimerais arriver à monter plus de projets musicaux entre les « Enfants Extraordinaires » et les « Enfants Ordinaires » et de continuer encore et toujours à vibrer de la musique et à essayer de transmettre cette magie qui me traverse.

Regarddons : Ce projet porté par l’APEDV, association reconnue d’intérêt général qui œuvre pour les enfants et leurs parents depuis 50 ans, à travers des projets à l’échelle individuelle et collective pour le développement du potentiel, des enfants, adolescents et jeunes adultes exceptionnels et de leurs familles.

Soutenez cette association sur http://regarddons.org

Information sur les cours de piano Méthode DOLCE 06 09 13 55 33

Ecrit par David Benaroche

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