#Jazz et #Littérature : Le Roi Jones ‘’Le peuple du Blues’’

Militant infatigable de la cause noire, le romancier, poète et dramaturge afro-américain Leroy Jones (qui se faisait aussi appeler Amiri Baraka après sa conversion à l’Islam) publie en 1963 cet essai qui analyse l’évolution des Noirs dans la société américaine à travers leur musique, de l’esclavage jusqu’aux années soixante…

Et retrace ainsi l’accession des Noirs à la classe moyenne, à travers les luttes et les souffrances qui se sont retransmises dans la musique, du chant des esclaves dans les champs de coton (les fameuses Work songs sur lesquelles Nat Adderley se basa pour écrire son fameux standard du même titre) jusqu’au be-bop et au free-jazz qui reflètent l’intellectualisation du jazz et donc de ses musiciens, qui s’éloignent du blues, synonyme de souffrance, pour créer une sorte de « musique classique américaine » dont d’ailleurs les Afro-Américains de pauvre condition s’éloignent rapidement pour retrouver leurs racines dans la soul music, puis le funk.

Cet ouvrage passionnant dont le sous-titre est La musique noire dans l’Amérique blanche qui est un essai se lit pourtant comme un roman, un voyage à travers trois siècles de musique, cette musique qui est la plus importante du vingtième siècle, et certainement l’apport majeur de l’Amérique au patrimoine de l’humanité. Leroy Jones, décédé en 2014, était certainement avec James Baldwin l’un des plus importants écrivains de la communauté afro-américaine, et a fait partie intégrante de toutes les révolutions artistiques, politiques et intellectuelles qui ont traversé son pays depuis les années cinquante, et son ami Archie Shepp recommandait la lecture de cet ouvrage séminal à qui veut l’entendre. Une lecture indispensable.

Le Peuple du blues : la musique noire dans l’Amérique blanche, traduit par Jacqueline Bernard, Paris, Gallimard, « Témoins » n°7, 1968 ; réédition, Folio no 3003, 2017

Ecrit par Gilbert D'Alto

Laisser un commentaire

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone