#JAZZ&CINEMA Bertrand Tavernier

Dès son premier film « L’horloger de Saint- Paul », avec les immenses et regrettés acteurs qu’étaient Philippe Noiret et Jean Rochefort, Bertrand Tavernier fait preuve d’un talent confondant. Cet ancien critique de cinéma est avant tout un passionné de cinéma, et surtout de cinéma américain sur lequel il co-écrivit un important ouvrage (Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, éditions Nathan, 1991), s’attardant sur les genres dédaignés (westerns, films noirs, comédies musicales). Il est en fait passionné de culture nord-américaine, et qui dit culture nord-américaine dit évidemment jazz. Tavernier est un amoureux du jazz, qu’il découvrit en regardant les films noirs dont ce dernier constitue souvent la bande originale

En 1983, c’est une première tentative réussie de conjuguer ses obsessions, cinéma, musique et littérature américains en co-réalisant «Mississippi Blues »  avec son ami le cinéaste américain Robert Parrish; documentaire articulé autour de la culture du sud des États-Unis qui se clôt sur une phrase de William Faulkner.

En 1986, il réalise un film sur sa passion, c’est le fameux «  Autour de Minuit » inspiré de la vie de Bud Powell, telle que décrite par Francis Paudras dans son livre «  La Danse des Infidèles ». Le film a la particularité d’être interprété, à l’inverse d’autres film sur le jazz, par un véritable jazzman, l’immense (dans tous les sens du terme) saxophoniste Dexter Gordon, accompagné à l’écran par de véritables pointures telles qu’Herbie Hancock ou Freddie Hubbard, et remporte un véritable succès  auprès des amateurs, mais aussi du grand public. Il a été récompensé par le César du meilleur son, et l’Oscar de la meilleure musique. Il  fut d’ailleurs projeté à Nice pour la journée internationale du jazz en avril dernier.

En 2009,  il se lance dans l’aventure américaine et réalise aux Etats-Unis

« Dans la brume électrique » dont l’action se passe en Louisiane, berceau du jazz, et est adaptée du roman du même  titre de James Lee Burke, grand auteur de polars néo-orléanais dont le héros est le détective Dave Robicheaux, interprété par Tommy Lee Jones. La bande originale écrite pourtant par le new-yorkais Marco Beltrami fleure bon le blues, et on retrouve dans la distribution des musiciens aussi emblématiques que Levon Helm, batteur de « The Band » et de Bob Dylan, et le légendaire bluesman Buddy Guy dans le rôle, eh bien, d’un bluesman.

Jazz (ou blues) et cinéma ont souvent fait bon ménage, et Bertrand Tavernier en a déjà apporté trois fois la preuve.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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