#Jazz & #Litterature : Monk est né ! Vive Monk ! de Laurent de Wilde

Imaginez un kaleidoscope qui pénètrerait dans votre intimité et la projetterait vers l’extérieur sous forme d’images en nombre infini, dont chacune serait une version de vous. C’est l’œil de Laurent de Wilde sur Thelonious Monk, auquel il consacrera d’ailleurs son prochain album prévu pour l’automne.

Et quand un pianiste normalien bourré d’humour se penche sur un génie fantasque comme Monk, et bien ça donne un ouvrage de référence. Thelonious aura 100 ans le 10 octobre 2017. J’ai bien dit « aura », car Monk revit dans ce livre. C’est tout juste s’il ne va pas s’asseoir à vos côtés et vous grommeler quelques blagues en grinçant des dents à sa façon. Alors mettons trois des multiples lorgnettes de Laurent De Wilde pour entrer dans l’univers monkien.

Les femmes de Monk

Pas des minettes, des vraies femmes ! D’abord sa maman, une dame du nom de Barbara Sphere (Humph !). Puis sa femme Nellie (« Crepuscule with Nellie »), l’unique, qui fut le pendant terrien de Monk le lunaire. Elle faisait tout, sauf la musique. Sa fille, Barbara (ou Boo-Boo, d’où le morceau Boo Boo’s Birthday), pianiste elle aussi, était si fusionnelle avec son père qu’elle ne survécut pas à son décès. Enfin, son amitié avec la baronne Pannonica de Koenigswarter (nom du morceau éponyme), mécène de plusieurs jazzmen, qui lui permit de vivre en paix ses dernières années.

Les saxophonistes de Monk

Il y eut bien sûr John Coltrane, Johnny Griffin, Sonny Rollins, mais aussi Charlie Rouse pendant douze ans et Paul Jeffrey Quand on s’adoube des trois premiers géants, il est surprenant de garder si longtemps un saxophoniste comme Charlie Rouse. Et là, Laurent de Wilde a une oreille de génie : c’est que les chorus de Charlie Rouse mettent l’accompagnement de Monk en valeur ! N’importe quel musicien de Jazz vous dira que c’est le monde à l’envers ! Du Monk, en fait !

La folie de Monk

Il faut déjà être illuminé par la « Sphère » céleste pour écrire les merveilles que Monk a signées. Mais dans les années 50, celui qui s’amusait des silences musicaux s’enferme dans le silence de la folie. Laurent de Wilde l’accompagne dans cette descente, il lui tient la main. Du début à la fin du livre émane l’amour que Laurent De Wilde nourrit pour Monk, ce génie de la musique, mais aussi pour Thelonious, l’homme, dont il se fait le confident et parfois même le double, jusqu’à parfois se transformer en Laurent de Monk !

Ecrit par Yael Angel

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