Live Report : Anne, Lou, Antonio et les autres

Fin de semaine chargée pour l’équipe du Jazzophone qui en 4 jours du jeudi 5 Octobre au Lundi 9 octobre 2017 se rendit dans divers lieux jazz niçois pour y assister à plusieurs concerts, qui il faut le reconnaître sans flatterie aucune ni parti-pris, furent tous d’excellente qualité.

Tout d’abord dans le cadre des Nice Jazz Festival sessions, nous avons eu droit , au Forum Nice Nord, à un double plateau féminin de choix, avec la chanteuse Lou Tavano  et la batteuse Anne Pacéo, et son groupe Circles, pour un spectacle de jazz actuel de toute beauté.

Lou Tavano ouvrait le spectacle, et nous fûmes extremement surpris par l’incroyable voix et le talent scénique de la chanteuse que son album « For You » (ACT records) que nous avions pourtant apprécié ne laissait deviner que partiellement. Accompagnée par un singulier duo formé de son complice et compagnon, le pianiste Alexey Asantcheeff rencontré à l’American School of Modern Music, filiale de la célèbre Berklee School of Music de Boston, et d’un violoncelliste, elle offrit un récital en tout point remarquable, voguant entre jazz, classique, folk et une certaine forme de  »songwriting » à l’américaine, illustrée par des gens comme Carole King ou Joni MitchellSa capacité d’improvisation vocale est impressionnante, et les compositions co-écrites avec Asantcheeff, souvent remplies d’émotion, sont d’une grande originalité. Ajoutez y une flamboyante chevelure rousse, et voilà de quoi enchanter un public niçois qui était venu en nombre au Forum Nice Nord.

Elle nous avoua d’ailleurs, un peu plus tard dans la soirée, avoir été enchantée de l’accueil du public niçois.

Anne Pacéo, quant à elle s’illustra dans un genre radicalement opposé à l’intimisme auquel nous étions conviés auparavant. Entourée du niçois Tony Paelman aux claviers, de Leïla Martial au chant et des saxophones (très) électriques de Christophe Panzani.Une musique tellurique, puissante, souvent  prise sur des tempos binaires, s’approchant parfois plus de certains groupes de rock progressif que du jazz proprement dit. Un morceau en particulier, chanté par Leila Martial dans une langue inconnue, rappelait certaines atmosphères de Magma. Prodiges de technicité, les quatre musiciens maîtrisent parfaitement leurs instruments respectifs, celant valant également pour la voix de Leila, et créent une musique personnelle, parfois aride, faite de brusques changements de tempi, etc d’époustouflants soli, en particulier de la part du saxophoniste. En bref, une soirée riche en découvertes et en surprises.

Le dimanche suivant, nous nous rendîmes au Shapko Bar pour y assister au concert du groupe de Pierre Marcus qui nous présentait une (des nombreuses) formation(s) qu’il dirige. Ce soir là, nous avons eu le grand plaisir de découvrir Renaud Gensane, trompettiste de grand talent, habituel compagnon de route de Marcus Miller,  accompagné de Fred Perreard au piano, du grand Yoann Serra à la batterie et bien sur  de Pierre Marcus lui-même à la contrebasse. Un quartet de haut niveau, avec un trompettiste effectivement renversant, et un batteur qui est sans nul doute l’un des meilleurs de France sur son instrument. Ce groupe (nouvellement formé) interpréta majoritairement des thèmes de Thelonious Monk, dont on fête le centenaire de la naissance cette année. Un pur régal de be-bop, et une atmosphère qui évoquait les grandes heures du jazz à St Germain des Près.

Enfin, lundi soir à l’initiative associée de ABC Music Projects et  d’Imago records & productions, nous sommes allés au Forum Jorge François, pour y entendre le quintet Eklektic du fabuleux pianiste italien Antonio Farao, l’un des plus grands jazzmen européens, avec une formation de musiciens tout aussi italiens que lui : Enrico Sollazzo, claviers, Dario Rosciglione, basse électrique, Lele Menotti, batterie et la fort accorte chanteuse Simona Bencini pour une musique très électrique flirtant avec le funk, voire parfois, aux dire de certains, le smooth jazz.

On pouvait y retrouver des éléments d’expériences telles que les fameux « Headhunters » d‘Herbie Hancock (une des principales influences d’Antonio Farao comme il nous le confirma dans un entretien que vous lirez prochainement).  En 1h15, les musiciens et la chanteuse créèrent un climat très hollywoodien, et la toute proche Méditerranée prenait un air d’océan Pacifique, car on sentait une nette influence des albums de jazz-fusion enregistrés à Los Angeles dans les années 70 et 80. Il est dommage que cette musique, dansante et facile d’accès, n’ait pas su trouver véritablement son public en ce lundi soir d’Octobre… Ce fut néanmoins une belle conclusion pour ce périple jazzistique riche en émotions.

Photos : Z@ius, Jacques Lerognon, Philou Antsirabe, Alain Fontana.

www.nicejazzfestival.fr/fr/njf-sessions/2017

www.imagoproduction.com

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shapkobar.fr

Ecrit par Gilbert D'Alto

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