#LiveReport : Deux soirées au Jazz à Domergue

On continue de l’appeler Jazz à Domergue même si cette année ce festival de jazz cannois a été déconfiné entre port et Croisette sur ce lieu magique qu’est le Terrasse du Palais des Festivals. Le Jazzophone a délégué son reporter-photographe aux deux dernières soirées. Deux trios, deux jazz très différentes et deux enthousiasmes unanimes. Mathias Levy trio et Herman Parisien Costa trio.

Commençons par le mardi et la formation du violoniste Mathias Levy.

Le violoniste est accompagné par le contrebassiste Jean-Philippe Viret dont on avait beaucoup aimé le dernier album Ivresse

et l’accordéoniste Laurent Derache. Ni manouche, ni musette, pour preuve il commence par une reprise de Bad Melhdau avant de nous jouer une partie du récent CD de Mathias Lévy, « Unis Vers ». Ils explorent des espaces polyrythmiques, inspirés de musique d’ailleurs l’Afrique dans « Rêve d’Éthiopie », ou l’Inde dans « Ginti Tihai » bâti, nous raconte le leader, sur une partition pour tablas. Quand Mathias Levy pizzicatise sur son violon,

Jean Philippe Viret fait des percus sur la caisse de sa basse alors que Laurent Derache fait, à la façon de la musique baroque, la basse continue avec son accordéon.

laurent derache

Un beau concert qui n’empêche pas la Grande Roue, derrière, de tourner inlassablement dans la fraîcheur enfin arrivée sur la ville.

Le jeudi 13, c’est un trio inédit et exceptionnel qui monte sur la scène. Le pianiste Yaron Herman, le saxophoniste Emile Parisien

et le batteur portugais Mario Costa.

Les trois musiciens se connaissent bien, ils partagent, deux à deux, scènes et enregistrements depuis plusieurs années. Mario joue dans le quintet d’Emile. Emile joue dans celui de Yaron.

Et parfois Emile et Yaron se retrouve avec le violoncelliste François Salque. Compagnons de routes, de studio mais surtout complices de scènes et cela s’entend dans chacune de leur note. On pourrait narrer le concert morceau par morceau mais chaque thème qu’il soit de Yaron, Emile, Mario ou encore repris de Monk ou autre, est le prétexte à s’amuser, à improviser. Un canevas sur lequel les musiciens laissent parler leur instrument, leur art du contre-point. Notons tout de même, pour l’anecdote, quelques titres qu’ils ont joués. « La confusion sexuelle des papillons », « Je ne sais pas si je préfère le titre ou la composition » rigole Emile Parisien.

« Muchi Muchi », soit « Allo, Allo » en japonais dans le texte, est l’occasion pour le trio de s’en donner à cœur joie, mêlant structures rythmiques exigeantes et développement harmonique audacieux, chacun se lançant dans un solo inventif et parfois survolté.

Avec une ironie qui sied bien au groupe, le dernier morceau du set, s’intitule « Préambule ».

Du jazz comme on l’aime, un jazz qui fait la place à l’émotion, à l’inventivité, une musique généreuse qui touche au cœur et à l’âme.

Ecrit par Jacques Lerognon

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