#LiveReport Jazz à Juan Jour #6 : Magma / King Crimson

Il est 20h20 lorsque après quelques tours de pâtés de maisons je trouve enfin une place de parking devant un providentiel restaurant d’ou j’emporterais un shawarma, dévoré en me dirigeant d’un pas rapide vers la pinède, estimant avoir déjà raté les premières minutes du concert.


Arrivé devant la petite pinède je perçois les notes de Köhntarkösz, pièce emblématique du groupe, ma préférée sans doute, dans laquelle se concentre la quintessence de ce qui fait la musique de Magma : l’accélération du pas. Me voilà dans les gradins, en hauteur. Panorama magnifique, la mer en fond de scène, le soleil de fin de journée et Magma au centre de cet écrin. Le son puissant et tellurique, marque de fabrique du groupe, me fait instantanément bouger la tête et taper du pied. Deux écrans sur les cotés de la scène retransmettent les détails de la scène, ce qui ne sera pas le cas pour King Crimson ou l’image vidéo se contentera de restituer un plan fixe.

Après la gifle Köhntarkösz, c’est Mekanik destructif commando que le groupe enchaine nous gratifiants de nouveaux arrangements. En ce qui me concerne et pour de nombreux fans, c’est une setlist parfaite, la synthèse de cette musique intemporelle et unique. Le Magma sombre, hypnotique et sauvage qui dans le cadre idyllique de la Pinède Gould de Jazz à Juan nous offre la sensation unique d’un moment privilégié. Changement de plateau, passage au bar, discussion avec les copains, connaissances retrouvées sur place. Les avis sont unanimes, j’entends des « c’est le meilleur concert que j’ai vu »  de la part de fans…

La mise en place de King Crimson prends un peu de temps car le plateau est investi de trois batteries! Et pas du petit « kit » mais du gros , du lourd avec du fut en veux tu en voilà, de la cymbale et des petites percussions à foison. On sent que ça va envoyer dans la pinède. Derrière le « pupitre de batteries » une scène sur élevée, à droite Robert Fripp assis sur une chaise haute, casque sur les oreilles et multi effet en rack à portée de main tel un professeur dans son laboratoire, puis les trois autres musiciens dont Tony Levin à la basse, stick Chapman et contrebasse électrique. Le show s’ouvre sur une longue plage uniquement percussive durant laquelle les trois batteurs rivalisent de virtuosité; le son est massif, plus fort que pour Magma, limite un peu trop sur certaines parties de chant. Je n’avais pas écouté King Crimson depuis l’adolescence et ne saurais détailler la set list,  qui alterne (et c’est la patte stylistique du groupe) entre plages mélodiques chantées et déflagrations sonores, grooves imparables et écriture complexe. Un show monumental (même si je n’adhère pas à tout), techniquement hallucinant, d’une maitrise absolue, bien que quelque peu démonstrative par moment (ça fait partie du style). Au final, une soirée exceptionnelle réunissant deux entités mythiques de la musique dans un cadre d’exception !

https://www.jazzajuan.com

Photos : © Gilles Lefrancq & Jacques Lerognon

Ecrit par Jean-Christophe Bournine

2 Commentaires

  1. Yves 20 juillet 2019 12 h 02 min / Reply

    Une superbe soirée avec ces 2 groupes cinquantenaires dans le cadre magique du festival de Jazz d’Antibes

    Mon dernier concert de KC date de moins de 2 ans à Marseille avec une prestation exceptionnelle de près de 3 heures, j’avais halluciné devant l’apport des 3 batteurs et la maîtrise du groupe

    Le concert d’Antibes ne m’a pas surpris, un mixte avec les grands moments des années 70 et des morceaux plus «groove» et moins connus des années 80 et toujours ce final explosif avec Starless et 21st Century Schizoid Man. Un très bon concert ou la technicité l’a emportée sur l’émotion

    La première et seule fois ou j’avais vu Magma c’était il y a 48 ou 49 ans dans la région du Havre et j’ai encore le souvenir de la Sono «Mi» très fatiguée avec ses baffles blancs et surtout l’immense Klaus Blasquiz au chant …

    Pour faire simple j’ai pris une claque Enormissime, il faut dire que la setlist avec Kohntarkosz en première partie suivi de Mekanik Destrusktiv avait tout d’un Best-of !

    Les musiciens qui accompagnent C.Vander sont excellentissimes, et créent une structure musicale d’enfer, l’impact de la Gretsch de «Monsieur» Vander est énorme, quel grand batteur !

    La version revisitée de Mekanik Destrusktiv Kommandoh avec 5 choristes et le chanteur a été un moment inoubliable, j’ai pris un pied musical Kholossal !

    Si l’ovni Zeuhl se pose près de chez vous, n’hésitez pas…

  2. Pingback: #Chronique : Magma « Zess » | Le Jazzophone

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