#LiveReport : Jazz à Junas, 22 juillet : Céline Bonacina, Perrine Mansuy & Naïssim Jalal, Sylvain Rifflet

« Laisse le bon temps rouler » quel amateur de blues, et donc de jazz, ne connait cette maxime chère à la Nouvelle Orléans ? C’est donc sans surprise que la Combe du Bon Temps, à Junas accueille depuis des années un festival renommé. Mais dans ce village, qui semble la Mecque (même si c’est le temple qui accueille les merveilleux vitraux de Daniel Humair) du genre, tout commence place de l’Avenir.

18h : une frêle silhouette, devant lequel luit un magnifique saxophone baryton. Une première note lancée, un son impulsé par Céline Bonacina, allure fragile, souffle puissant. Très vite rejoint par Chris Jennings à la contrebasse et Jean Luc Di Fraya à la batterie, la mélodie se construit, pas à pas, note à note, non pas comme une improvisation qui se bâtirait au détour d’un concert mais comme un travail totalement abouti, réfléchi et proposé comme une offrande au public. Les musiciens jouent les compositions de Céline Bonacina et de Chris Jennings, extraites de Fly Fly, album récemment enregistré, morceaux métissés de bribes de vie et d’expériences musicales. Une recherche esthétique constante, tout à la fois novatrice mais aussi imprégnée de musiques ethniques, contemporaines jusqu’aux plus classiques.

L’univers est très différent, onirique et poétique pour le concert de Perrine Mansuy et son trio qui accueillent la flûtiste Naïssam Jalal. A travers les mélodies distillées par la pianiste accompagnée du contrebassiste Simon Tailleu et de Jean Luc Di Fraya (encore en pleine forme après sa première prestation !), la flûte de la jeune syrienne s’insinue, envoutante, et les morceaux composés au départ en évocation à un conte norvégien prennent des teintes orientales de la meilleure eau.

La nuit est tombée, il est temps de se souvenir de  «The Sound » , Mr Stan Getz. Sur scène le saxophoniste Sylvain Rifflet, la chanteuse Celia Kaméni, le guitariste Nelson Veras, Simon Tailleu à la  contrebasse, enfin Ziv Ravitz à la  batterie. Projet initié par Sylvain Rifflet, créé le jour de la fête de la musique, Remember Stan Getz est tout à la fois un hommage et une réflexion sur le géant du jazz américain. Projet ambitieux, certes, mais, très vite, on sait, on sent, que ce projet est à la hauteur de ce grand nom de la musique. Nul doute que le saxophoniste américain aurait adoré la version de Girl from Ipanema magnifiquement interprétée par Celia Kameni, à la voix ample, souple et charismatique. Comme il aurait apprécié Sylvain Rifflet qui réinterprète, revisite les ballades envoûtantes avec toute l’émotion dans laquelle on sent toute la vénération (mais aussi une connaissance encyclopédique) du jeune français pour son aîné. Chacun des morceaux nous raconte une facette de Stan Getz, avec une sobriété et une justesse infinies. Et beaucoup de spectateurs ont frissonné à l’écoute de ce voyage enchanteur, tendre dans l’univers d’un des plus grands interprètes de tous les temps. Et ils sont repartis heureux : la relève est assurée !

Jazz à Junas

Ecrit par Corinne Naidet

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