#LiveReport : Jazz à Lérins 2019

Imaginez un festival de jazz avec une ambiance à la Woodstock ! pas de policiers en uniforme, pas de portiques de sécurité, pas de fouille, pas de chiens, pas de caméras, la liberté d’aller et venir à sa guise et d’aller faire trempette ou de se promener dans un site magnifique et millénaire ! Eh bien, c’est ce qu’a offert ce 31 août 2019, 50 ans après le célèbre festival pop, Jazz à Lérins, créé par l’association Tribal Production. Le batteur Bernard Weidmann et son équipe, dont on ne saluera jamais assez le courage et la volonté de faire vivre le jazz à Cannes, ont encore une fois gagné leur insensé pari !

Arrivé sur un Zodiac affrété pat l’organisation, l’envoyé du Jazzophone débarque dans le site magnifique du fort de l‘île Sainte Marguerite vers 16h30 au milieu du set de Manu Carré et son Electric 5. Toujours ce jazz fusion énergique et original, servi par de jeunes et talentueux musiciens : Félix Joveniaux, batterie, Florian Verdier, Fender Rhodes, Aurélien Miguel, guitare Nicolas Luchi, basse et bien sur Manu Carré, sax ténor. Un répertoire issu des deux albums du groupe qui transmet son groove et ses bonnes vibrations au public. Bonnes vibrations qui est le terme qui pourrait d’ailleurs résumer cette paradisiaque journée.

Le temps d’un tour à la buvette, d’une promenade émaillée de rencontres et d’échanges sympathiques avec le public et les participants, et nous revoilà devant la scène où va officier le groupe Synopsis nouvellement reformé avec un line-up différent : Si Marc Peillon, contrebasse, et Eric Sempé, guitare, sont toujours là ils sont désormais secondés par François Arnaud, violon, et Cedric Ledonne, batterie. Formation quasi acoustique, le groupe donne lui aussi dans le jazz-fusion, mais plutôt version Jean-Luc Ponty. Remarquable de virtuosité, le groupe ne joue que des compositions personnelles signées Peillon ou Sempé. Musique de cordes, d’où l’influence du jazz manouche et du quintette du Hot Club de France, en particulier dans le jeu de François Arnaud, mais musique d’une modernité absolue. Grand moment de sérénité dans le coucher de soleil.

Après une petite collation, quelques bières et quelques conversations avec les musiciens, arrive 20h, et c’est l’heure pour Deep Wave, le groupe qui clôt la soirée, de monter sur scène, avec son ambitieux projet. La formation que nous avions vue au Mimont Jazz Club,  le 1er juin dernier, Cyril Cianciolo (flûte), Fred d’Oelsnitz (piano), Jean Marc Jafet (basse), Bernard Weidmann (batterie) est ici augmentée de quatre chanteurs : Fred Luzignant, David Amar (ex Sashird Lao), Claude Tedesco et la jeune chanteuse Henrikka Wambold, pour une relecture de l’album « Inner Voices » (1977) de Mc Coy Tyner.

Le groupe commence en quartet, sans les chanteurs, et attaque sur « Atlantis » un composition de Mc Coy Tyner, tirée de l’album du même nom. Puissant et tellurique, le son du groupe enthousiasme immédiatement le public, alors que Fred D’Oelsnitz se lance dans un de ces chorus impressionnants dont il a le secret. S’ensuit une délicate ballade composée par Jean-Marc Jafet, avant que n’entrent en scène les chanteurs pour quatre morceaux où leurs harmonies font merveille, en particulier sur « Fly with the wind » autre composition de Mc Coy. Un magnifique concert, hélas trop court, qui se termina à 21h 30 après que nous avions été gratifiés d’un gigantesque solo de batterie de Bernard qui a du faire trembler les murs de la cellule du Masque de Fer !

Ainsi s’acheva une journée paradisiaque dans un cadre admirable et historique, et l’envoyé du Jazzophone effectua la traversée dans l’autre sens sur le bateau qui transportait les musiciens et nous sommes retrouvés sur le port de Cannes, épuisés mais des étoiles dans les yeux. Vivement le prochain Jazz à Lérins !

Ecrit par Gilbert D'Alto

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