#LiveReport : Liz Rosa Gomes Quartet & friends

Exceptionnel ! Mémorable ! Fantastique ! Tels sont les qualificatifs qui nous viennent à l’esprit après ce concert du Liz Rosa Gomes Quintet au Shapko. La jeune, belle et extrêmement douée chanteuse brésilienne qui demeure désormais à New York a donné un spectacle qui nous a laissés pantois !

A l’heure où l’équipe du Jazzophone arriva sur place (22 h pétantes !) la foule de musiciens présents sur la terrasse laissait présager d’une grande soirée en perspective. La fine fleur du jazz niçois, en tout cas une bonne partie d’icelle, était sur place avec les batteurs Thomas Galliano, Cedric Ledonne, Jean-Luc Danna et Max Miguel ; les bassistes Giliard Lopes et Claudio Citarella, les guitaristes Filipe Monteiro et Schnoer Dasnières-Ini, les chanteuses Sandrine Destefanis et Denia Ridley et j’en oublie beaucoup… Tous venus pour admirer, et pour certains accompagner, la merveille annoncée, la chanteuse Liz Rosa Gomes ! Elle apparait quelques instants après, pieds nus et toute de blanc vêtue.

La quartet (Liz, chant, Misha Piatigorsky, autre résident de New York, piano, Giliard Lopes, contrebasse, Jean-Luc Danna batterie) attaque bille en tête avec une version de « Upa Neguinho » rendu célèbre par Elis Regina enchaînée avec « Agua de beber » de Antonio Carlos Jobim, et la native de Natal (ça ne s’invente pas !) nous terrasse immédiatement par la puissance et la justesse de sa voix ainsi que par son incroyable maîtrise de la scène qu’elle arpente comme son salon, tout en ondulant de tout son corps !

On calme le jeu avec une version en anglais de « Dindi » merveilleuse mélodie du même Jobim (décidément qu’aurait été la musique brésilienne sans lui ?) et Liz nous démontre son versant jazz de chanteuse de ballades (« torch singer » dans le jargon du jazz). Retour  au swing et à la samba avec une reprise de « Serrado » de Djavan, et trois percussionnistes, Thomas Galliano, Cedric Ledonne et Max Miguel, armés de tambourins se joignent à elle pour un moment de pure frénésie jubilatoire qui est accueillie par les cris du public en délire, d’autant plus que le club est plein comme un oeuf, et que les danseurs pullulent devant la scène, l’importante communauté brésilienne niçoise ayant répondu présente à l’appel. Le délire percussif fait place à une longue improvisation instrumentale dans laquelle Misha Pitiagorsky fait la démonstration de ses talents de pianiste, qui sont impressionnants, et après un long et fantastique solo de contrebasse de Giliard Lopes soutenu par toutes les percussions, le 1er set se termine et c’est le break après cet ouragan de musique, de rythme et de sensualité.

Reprenant les choses là où elles s’étaient arrêtées avant la pause et les rafraîchissements, Liz empoigne le micro, et c’est reparti. Thomas Galliano succède à Jean-Luc Danna à la batterie, et nous voilà entrainés dans une belle version de « How Insensitive »  de ?… Jobim, bravo ! Ce thème est d’ailleurs inspiré du même prélude de Chopin, que Gainsbourg emprunta lui aussi pour « Jane  B », et c’est au milieu du morceau, que tel un diable sorti de sa boîte, apparut François Arnaud qui délivra un magistral solo de violon qui époustoufla tout le monde.

Au morceau suivant, Sandrine Destefanis se joint à Liz, pour un duo impromptu, puis le groupe au grand complet mais sans Liz partit sur une longue jam-session basée sur le « Armando’s Rumba » de Chick Corea entre bossa-nova  et salsa, un régal ! Et Liz revint pour clôturer cette merveilleuse soirée à la folle ambiance avec deux chansons du répertoire traditionnel brésilien. Un inoubliable moment qui nous vit quitter le Shapko, le sourire aux lèvres, épuisés mais ravis.

www.lizrosa.com.br

Photos : Lawrence Damalric

Ecrit par Gilbert D'Alto

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