#LiveReport Nice Jazz Festival jours #1 et 2

Le 16 juillet, l’équipe du Jazzophone s’est rendue en masse à l’ouverture du Nice Jazz Festival 2019. Premier concert, premier choc : Nubya Garcia, largement commentée dans ces mêmes colonnes par notre collègue Cyril Hely.


Après ce choc, nous sommes allés voir celle qui fut une star des années 80 et 90, miss Neneh Cherry, toujours aussi douée et resplendissante à 55 ans. Et quel bonheur de réentendre en live les tubes interplanétaires que furent « Manchild », « Woman » et l’imparable « 7 seconds a day « … Du plaisir pur.

Changement complet d’atmosphère au Théâtre de Verdure avec le trio du pianiste Fred Hersch, avec John Hébert à la contrebasse et Erin McPherson à la Batterie. Un « jazz de chambre » dans lequel on peut sentir l’influence prépondérante de Bill Evans mais qui peut sembler parfois froid, voire « intello » dans son approche, même si la virtuosité des musiciens est impressionnante.

Côté Masséna, Jacob Banks tenait  les promesses que son showcase à la Fnac nous avait laissées entrevoir. Retour au Théâtre de verdure pour ce qui restera pour nous le clou de la soirée, la prestation de A Christian Mc Bride situation.
Entouré de la grande Patrice Rushen au piano, de la chanteuse Alyson Williams, de l’excellent Ron Blake au sax alto, et surprise, de DJ Logic et Jahi Sundance Lake aux platines, Christian Mc Bride donna un show exceptionnel, rempli de funk, de groove, de soul mais aussi de jazz comme le démontrèrent les soli du leader et de Patrice Rushen, formidable pianiste, et « jazz lady ». Un set de toute beauté ar un groupe serré comme un poing, sans inutiles démonstrations de virtuosité et qui n’a qu’un but : groover à mort !

Il ne nous restait plus qu’à aller danser sur les rythmes de Nile Rogers & Chic dont une imparable série de tubes produits par le guitariste New-Yorkais : « Let’s Dance » (David Bowie) « Get Lucky » (Daft Punk) et pour finir le méga-hit « Le Freak » enchainé à « Rappers delight » et  voilà une scène Masséna transformée en dance-floor !

Le lendemain 17 juillet, le choc pour votre humble chroniqueur qui attendait depuis longtemps de voir en live miss Judi Jackson. Panthère noire toute de blanc vêtue (jusqu’aux lunettes de soleil ), elle apparut comme un diable sorti de sa boîte et s’appropria immédiatement la scène et le public, et pendant que les photographes la mitraillaient, la demoiselle bondissait comme un cabri. Elle commença par « Power » une reprise de son idole Nina Simone et brandit son poing levé à la manière des Black Panthers, justement.

Entourée de l’excellent Jamie Safir au piano, du tout jeune Will Clearsby à la batterie, et de Joe Downard à la basse, Miss Judi chanta de sa belle voix capable de passer du grave au suraigu et avec une soul naturelle chez cette native de Virginie (mais désormais Londonienne) une ballade intitulée « With you » puis se lança dans une version très originale du tube de Sade (« une de mes modèles » dit-elle) « The Sweetest taboo » sur un rythme chaloupé, puis elle alla s’asseoir au piano pour un extrait de son premier album, un blues mélancolique avant que de revenir arpenter sauvagement la scène sur un groove-jazz-funk survolté. Un triomphe pour un premier passage au Nice Jazz Festival ! Come back quick, miss Judi.

Après l’utile pause repas-boisson, nous sommes revenus au Théâtre de Verdure pour le set du pianiste Christian Sands, de toute beauté. Associant un jeu incisif à un swing imparable, ce pianiste fait preuve d’un beau classicisme dans ce qu’il en convenu d’appeler comme Brad Mehldau « The Art  of The Trio ».  Soutenu par une solide rythmique, Yasushi Nakamura, contrebasse et le grand Clarence Penn, batterie, il peut se lancer dans de longues improvisations dans lesquelles la subtilité le dispute à l’élégance. Une découverte majeure.
Et enfin pour terminer la soirée, l’incroyable Makaya Mc Craven, Natif de Paris, mais vivant à Chicago, le batteur s’était entouré d’un groupe où figuraient deux musiciens exceptionnels, la harpiste Brandee Younger et le trompettiste Marquis Hill, efficacement secondé par le saxophoniste Irving Pierce. Une musique hybride, entre jazz, classique, funk et pop, mais originale, résolument moderne et ancrée dans la tradition à la fois, qui offrit une formidable conclusion à ces deux jours de ravissement festivalier.

www.nicejazzfestival.com

Photos : © Z@ius / Next Movement

Ecrit par Gilbert D'Alto

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