PORTRAIT : Francesco Bearzatti

Francesco Bearzatti photo JL.Neveu

Ce spécial Saxophone du Jazzophone semble être une bonne opportunité pour faire un rapide éclairage sur Francesco Bearzatti, brillant saxophoniste italien qui taquine aussi la clarinette. Formé à Udine puis à New York, il crée son premier groupe dès 1998, un quartet qui sera suivi tout au long de sa carrière de nombreuses autres formations, éphémères ou récurrentes.

Le Bizart trio deviendra 4et dès le second album avec la participation d’Enrico Rava. Ses premières compositions, ses premiers échanges avec Emmanuel Bex et Aldo Romano définissent déjà son style basé sur la technique et sur une constante invention stylistique, mais aussi sur une profonde influence des codes et du feeling rock. On le ressent dès l’album “Stolen Days” avec le Francesco Bearzatti Sax Pistols où il reprend du Nirvana ou Led Zep. La guitare électrique est distordue et crache son venin, le sax ténor peut se faire délicat ou fantasque.

En 2008, il invente le Tinissima quartet avec lequel il rendra hommage à la photographe, à la militante Tina Modotti ! Ses concerts étant illustrés par des projections de photos. La musique, le jazz se fait rarement politique, il récidivera pourtant en 2010 avec « Suite Pour MalcomX » puis récemment avec « This Machine Kills Fascists ».  Il obtient un franc succès toujours avec Tinissima en 2013 avec « Monk’n’Roll » superbe album où il mêle avec brio les thèmes de Monk à des riffs de rock aussi connus que Under Pressure, My Sharona ou Money.

Dans son dernier opus, « My love Supreme » il revisite le chef d’œuvre de Coltrane avec l’alchimiste de la musique électronique Martux-M. Insatiable, il multiplie les participations au groupe du tromboniste Gianluca Petrella, du batteur Roberto Gatto ou dHenri Texier pour n’en citer que quelques-uns. On a pu le voir et l’entendre aussi dans la tournée « Celebrating Dark Side » de Nguyen Lé. Un artiste !

Ecrit par Jacques Lerognon

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