#PORTRAIT Un nouveau médaillé… Laurent Coulondre

goodlaurent-coulondre-1937-nicolas-roger-e1459632361447

Il aurait pu être le 43ème médaillé français des derniers JO de Rio si la musique de jazz était au programme, car le jeune pianiste Laurent Coulondre, après avoir à 28 ans, remporté une dizaine de récompenses, a été couronné lors des Victoires du Jazz avec le prix Révélation Jazz de l’année.

Un Prix qui pourrait faire sourire Laurent Coulondre, car depuis 2010 il a joué avec des grands noms du jazz, il a foulé les scènes internationales et il a l’honneur de voir ses compositions interprétées par le grand orchestre d’Harmonie de Friedrichshafen en Allemagne. Un début de carrière où le natif du Gard n’a pas choisi la facilité en jouant du piano et de l‘orgue Hammond simultanément, mais ce qui montre son grand talent, ce sont ses improvisations où à aucun moment, on ne ressent qu’elles sont soigneusement écrites et que malgré sa dextérité pour passer d’un clavier à l’autre, il prend le temps d’entraîner du regard ses deux complices, Martin Wangermée à la batterie et Rémy Bouyssière à la contrebasse, de la tête aux pieds, Laurent Coulondre est un grand sportif musicien.

Laurent Coulondre : Vous êtes sympa de me comparer à un sportif de haut niveau, mais j’ai failli devenir basketteur professionnel et j’ai même été arbitre.

JP L : Vous jouez du piano, du sax, de la batterie, pourquoi avoir rajouté l’orgue ?

L.C : À 9 ans, je jouais dans l’orchestre de jeunes à l’école de musique de Marciac. Je faisais des basses au synthé en l’absence de bassiste. Un jour, il y a eu un orgue, j’avais 12 ans, je n’en avais jamais vu  et une autre fois j’ai pu en jouer en stage à Barcelone ,je me suis dit, c’est super.

JP L : Coordonner tous les gestes dans un même temps, les mains sur les claviers, les pieds sur le pédalier, comment ça se passe dans votre cerveau ?

L.C : C’est vrai, il y a une gestion assez hard, juste le piano, juste l’orgue, les deux à la fois, j’essaie d’en faire un peu plus tous les jours, d’en faire ma spécialité, de creuser ce truc davantage.

JP L : On sent une immense osmose dans ce trio, qu’en pensez-vous ?

L.C : Je n’ai pas envie d’un trio avec juste des musiciens qui m’accompagnent, il faut savoir partager, laisser une place pour qu’ils puissent proposer afin d’enrichir les compositions…moi, j’arrive avec une partition de base, j’essaie ce que j’aimerais à la basse ou à la batterie, je fais écouter et, ensemble, nous façonnons, chacun ajoute ce qu’il ressent…en répétition, nous bouillonnons…(rires)

JP L : Comment naissent vos compositions, dans la vie de tous les jours, la politique, la pêche, le théâtre, la lecture ?

L.C :  Mes premières compositions, c’était vraiment apprendre, j’avais envie de travailler au tout début de mesures asymétriques, par exemple, celles qui sont un peu tordues, pas habituelles, c’est du 4/4 ou 3/4, je me suis dit, j’ai envie de travailler le 5/4 et bien, je vais écrire un morceau 5/4 exprès, mais en fait, je me mettais des barrières, des obstacles pour travailler et, à chaque fois que j’arrivais à là franchir…hop,j’écrivais une nouvelle compo avec des nouveaux obstacles et au bout d’un moment, je tournais un peu en rond, il faudrait aller avec une autre émotion, un voyage, c’est un peu tout çà qui se mélange désormais.

JP L : Vous êtes le plus souvent en trio, y a-t-il des projets avec des formations plus conséquentes ?

L.C: Pas en big band pour l’instant, mais j’aimerais bien, vous savez, j’ai fait partie de cette belle école de Jazz de Marciac où une fois, nous étions 12, j’avais joué une compo à moi et j’ai aussi appris à écrire pour un big band à Barcelone…en attendant, dans mon prochain album, je vais inviter de nombreux musiciens pour qu’ils puissent encore faire surpasser hauts en couleur notre trio.

Après le dernier concert sur la Côte d’Azur à Jazz à Domergue dans les jardins  de la villa cannoise du célèbre peintre, le trio a continué sa tournée en proposant à chaque fois quelques titres du dernier CD Schizophrenia,comme Spring Blom, à écouter en regardant tranquillement la pochette, vous comprendrez mieux le jazz de celui qui va faire parler très vite de lui sur la planète Jazz.

www.laurent.coulondre.fr

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

Un commentaire

  1. Pingback: #PORTRAIT Laurent Coulondre @lcoulondre | Imago records & production

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone