#SurLaPistedUn33Tours : Cal Tjader « Several Shades Of Jade »

Né en 1925 à St Louis dans le Missouri, Cal Tjader est reconnu comme un des jazzmen les plus influents de son époque, notamment pour avoir démocratisé le latin jazz, dont il fut l’un des plus éminents prosélytes. Enregistré en 1963 sur le label Verve, Several Shades of Jade fut, avec Breeze From the East enregistré la même année, une parenthèse orientaliste qui propulsa le compositeur aux antipodes de ses influences latines.

Vibraphoniste, batteur et pianiste américain, Cal Tjader était destiné à une carrière artistique : enfant de la balle et danseur de claquettes dès l’âge de 4 ans, il se consacre par la suite à la musique et au jazz, dont il adapte les tournures aux motifs rythmiques d’Amérique latine. Parmi les premiers jazzmen non latins à s’intéresser aux musiques cubaines après Gillespie, Cal Tjader a pu profiter de l’engouement pour le mambo très populaire aux États-Unis vers la fin des années 1950.

Étudiant la musique au San Francisco State College, il y rencontre Dave Brubeck dont il intègre le trio entre 1949 et 1951. Il fonde par la suite son propre trio avec lequel il effectue différents déplacements vers New York où il découvre les combos latin jazz de Tito Rodriguez, Perez Prado, Tito Puente ou de Machito et ses Afro-Cubans. Le cubop fait fureur et fascine le jeune compositeur de la Bay Area. Au début des années 60, Tjader est un artiste qui connaît un succès grandissant et signe chez Verve records, où il mènera plusieurs projets très différents, sous la direction de Creed Taylor, jusqu’en 1967.

L’album Several Shades of Jade marque une proposition du label d’explorer de nouvelles sonorités, aux confins du moyen et de l’Extrême-Orient. L’album sera réalisé et arrangé par le brillant Lalo Schifrin à New York, devenu staff arranger chez Verve. L’exercice était périlleux, le risque étant celui de tendre vers un folklore désincarné. Les arrangements de Schifrin privilégient plutôt un juste équilibre entre kitsch et exotisme, savamment illustré par les solos intimistes de Cal Tjader au vibraphone. Parmi les morceaux les plus aboutis, The Fakir séduit par la sophistication de ses motifs rythmiques et l’orientalisme de sa ligne mélodique. Le son cristallin du vibraphone souligne avec délicatesse cette promesse d’ailleurs, le far east auquel est invité l’auditeur. Le périple musical se poursuit de Bornéo à Tokyo, en passant par les nuits chinoises au gré des pérégrinations du grand Cal Tjader le long des lames de son vibraphone, pour »une expérience intéressante qui réussit plus souvent que cela n’échoue ». Une interprétation possible du voyage, le vrai, en cela qu’il accompagne l’esprit au-delà des clichés et du factice.

Playlist :

  1. The Fakir
  2. Cherry Blossoms
  3. Bornéo
  4. Tokyo Blues
  5. Song Of The Yellow River
  6. Sahib
  7. China Nights
  8. Almond Tree
  9. Hot sake
Ecrit par Benjamin Grinda

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