Un film sur le Jazz : « Django » de Etienne Comar

Auparavant connu comme producteur et scénariste, Etienne Comar signe là son premier film en tant que réalisateur, qui retrace un épisode de la vie de Django Reinhardt.

Sous l’Occupation, courtisé par les autorités allemandes, le plus célèbre guitariste de jazz de l’époque, va se trouver confronté à un choix cornélien : choisir entre « La Belle Vie » et la Résistance alors que son peuple tzigane est déporté et massacré par les nazis, et qu’on le somme de dépouiller sa musique (pas d’impro de plus de cinq secondes, pas de swing, pas de blues, etc.). Disons le tout net, le film n’a pas tout à fait les moyens de son ambition, trop de figurants engoncés dans leur costumes, des longueurs, etc. Mais la performance époustouflante de Reda Kateb fait que le film est visible de bout en bout. Ainsi que celle de Cécile De France, fascinante et troublante en agent double. La mise en scène est un peu plate, mais les passages musicaux sont excellents. Il ne ne faut pas s’attendre néanmoins à un biopic classique allant de l’enfance à la mort, mais plutôt au portrait d’un artiste de génie (Django fut pour la guitare jazz, l’équivalent de Charlie Parker pour le saxophone, un révolutionnaire absolu) en pleine crise morale, et à la description d’une époque où tout pouvait arriver, le pire en particulier, et au rappel d’un génocide trop souvent occulté.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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