#Chronique : Michel Fernandez Quartet « Sans frontière »

Enregistré en mars 2020  avec ses fidèles compagnons Benoît Thévenot, piano, François Gallix, contrebasse et Nicolas Serret, batterie, le saxophoniste Michel Fernandez, ancien compagnon de route de John Tchicai et Fela Kuti nous revient avec un troisième album en quartet.

Dans ce nouvel opus, les quatre hommes nous proposent un jazz libre, chaleureux, affranchi de toute contrainte commerciale et expriment un palpable désir de jouer une musique qui se situe, pour faire vite, quelque part entre le jazz modal, le free jazz et l’afrobeat. On y retrouve également, venues de ses origines andalouses, ces sonorités hispanisantes qui charmèrent, entre autres, Miles Davis (« Sketches of Spain »). Pour preuve, en clôture d’album, une très belle version du fameux « Hasta Siempre » de Carlos Puebla qui fut popularisé dans le monde du jazz, par un certain Gato Barbieri. Mais si l’influence du chat argentin est certes présente dans le jeu de Michel, ce n’est néanmoins pas de la servile copie, loin de là. Les neufs autres titres sont dus à la plume de Michel ou à celle de ses comparses, à l’exception d’un standard « Reflections » du à la plume de Thelonious Monk. On ne peut qu’admirer le jeu des quatre hommes, soudés comme les doigts d’une main, à la fois compact et libre. Une mention spéciale au jeu de François Gallix, certainement l’un des meilleurs contrebassistes français du moment, que l’on eut pu admirer maintes fois par ici, actuellement en tant que membre du trio de Fred D’Oelsnitz.  Un disque de toute beauté qui allie intelligence, swing, liberté et maturité.

https://www.michel-fernandez-quartet.com

Ecrit par Gilbert D'Alto

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