Edito : Mister President !

À l’heure où j’écris ces lignes, nous aurons bientôt un nouveau président. Un président qui défendrait la culture et le jazz, on peut rêver !!! Car en ces temps décidément bien sombres, la culture en général, et le jazz en particulier nous sont d’une grande aide. Comme l’écrit Mme Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco : « Le jazz a rythmé le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis et demeure une source d’inspiration pour des millions de personnes qui, à travers le monde, aspirent à la liberté et luttent pour le respect et la dignité humaine. » On ne saurait mieux dire.

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Ecrit par David Benaroche

#JAZZCOOKIN’ Salade Caesar Façon Blue Note

Jazz Cookin par Cécile Cohen

 

 

Salade Caesar façon Blue Note, Jazz club, New York

Pourtant créée à Tijuana au Mexique, la salade Caesar est emblématique des USA…retour aux sources, voici la merveilleuse histoire de la véritable salade Caesar, et par la même occasion, la recette authentique…de sa célèbre sauce !

Restaurateur immigré italien ayant vécu en Californie dans les années 30, Caesar Cardini (1896-1956) aurait inventé sa fameuse sauce Caesar un jour de fête du 4 juillet 1924, lorsqu’’il se serait retrouvé à court d’ingrédients et aurait improvisé un assaisonnement avec ce qui restait en cuisine : de la salade romaine, de l’huile et des œufs, du jus de citron, des croutons grillés et de la sauce Worcester.
Le succès de sa sauce fut immédiat et Cardini fit ensuite fortune en distribuant sa sauce en bocal dans tout le pays…tout ça pour vous dire que le plus important dans cette Salade c’est sa sauce…!

▪ Une belle salade romaine
▪ Du  Parmesan
▪ Deux filets de poulet
▪ De la sauce Worcester
▪ De la moutarde
▪ Un jaune d’œuf
▪ Un citron
▪ Un petit verre à liqueur de vinaigre blanc
▪ Une gousse d’ail
▪ Un peu de pain légèrement rassis de la veille
▪ Du poivre, sel et de l’huile d’olive (vierge première pression)
▪ 2 cuillères à soupe de sucre glace
▪ Graines de sésame
▪ Noix de cajou ou des cacahouètes (optionnel)

Faire dorer à veuf vif les filets de poulet puis moins fort une dizaine de minutes afin de les cuire à cœur…saupoudrez en toute fin de cuisson une demi-cuillère à café de sucre glace, ajoutez le jus d’un demi-citron et mélangez bien en laissant caraméliser un peu.

Faire dorer les croutons. Ajouter quelques graines de sésame en fin de cuisson.
La fameuse sauce.

Battre dans un bol le jaune d’œuf, une petite cuillère de moutarde, une pincée de sel et de poivre. Mélangez jusqu’à obtenir une matière homogène, puis versez une ou deux cuillères à café d’huile d’olive et montez le mélange à la manière d’une mayonnaise à l’aide d’un fouet.
Continuez de verser lentement environ un verre d’huile d’olive tout en battant avec le fouet énergiquement. La sauce doit monter sans se défaire, et devenir assez ferme. Surtout, ne la laissez pas redevenir liquide !  C’est la seule phase délicate de la recette. Certains disent même qu’il vaut mieux l’exécuter les soirs de pleine lune… d’autres le contraire…

Ajoutez le vinaigre blanc, la gousse d’ail émincée finement. Mélangez jusqu’à ce que la sauce s’éclaircisse pour devenir presque blanche.

A l’aide d’un économe débitez des copeaux de parmesan dans un bol. Utilisez-en la moitié en les concassant au creux de la main pour les émietter et ajoutez-les à la sauce (l’autre moitié servira pour décorer le plat).

Ajouter des noix de cajou ou des cacahouètes grillées émiettées au couteau, et de la ciboulette ou du persil émincé. La sauce doit devenir assez compacte.

Ajoutez quelques gouttes de sauce Worcester (attention, assez corsée et pourrait donner un goût trop prononcé). Mélangez bien le tout. La sauce est prête, il ne reste qu’à dresser la salade.

Réchauffez juste avant de servir les filets de poulet et les croutons.
Pressez le demi-citron qui vous reste au-dessus de la viande de poulet.
Ajouter le reste de Parmesan en copeaux.

Mélangez la salade à la sauce juste au moment de servir, comme le faisait Cardini pour qu’elle garde tout son croquant.
Variantes possibles:

▪ Bacon grillé
▪ Œufs mollets (5 min de cuisson)
▪ Filets d’anchois salés écrasés dans la sauce
▪ Câpres
▪ Filets de poisson à la place du poulet
▪ Pointes d’asperges qui sont de saison et des morceaux de mangue

Enfin le printemps…toutes les graines sont bonnes à planter, même celles du cœur…silence ça pousse…enjoy ! 


A déguster en écoutant « Bird Feathers » de Giraudo – Chassagnite 4tet.

Ecrit par Cécile Cohen

JAZZ&LITTERATURE Satchmo, Capone et les autres

 

Satchmo, Capone et les autres par Jacques Lerognon

1928, Al Capone règne encore en maître sur la ville des vents. La prohibition comme la corruption sévissent sur toute la ville, des quartiers blancs riches aux ghettos pauvres et noirs. Louis Armstrong a quitté la Nouvelle Orléans depuis six ans, il est une star désormais dans le nord. Le jazz est partout dans la ville, mais surtout dans les zones noires. Peu importe, une nouvelle profession est née, les entremetteurs qui organisent des concerts, mais surtout des parties privées pour quelques nantis, amateurs de bonne musique, d’alcool facile et de femmes peu farouches. Le whisky est brun foncé, les distractions noires de peau, seule, les notes, celles de la trompette, du piano, de la contrebasse ou des saxophones restent bleues. Le cadavre d’un blanc dans un quartier noir va inciter le photographe de la police Jacob Russo, à enquêter. Pas vraiment dans ses attributions, mais comme il est doué et minutieux, ses agissements sont tolérés. Trouvera-t-il un rapport avec la disparition d’une jeune fille huppée et de son fiancé pour laquelle deux détectives de l’agence Pinkerton sont mandatés.
Dans les clubs, Louis Armstrong et son pianiste Earl Hines créent un nouveau genre: « Son Time était tellement parfait que les batteurs avec qui il jouait avaient du mal à suivre ses fantaisies rythmiques. Son sens de l’harmonie était si inventif et surprenant que les autres musiciens peinaient à suivre la complexité de ses lignes mélodiques. Il n’y avait que Louis qui était à l’aise avec lui. Chacun stimulait l’autre ». Mais Armstrong, entre deux gigs, après une joute de trompette mémorable avec le cornettiste Bix Beiderbecke fera l’intermédiaire, l’insider, entre la pègre et les Pinkerton. Sur l’estrade, en backstage, on entend bien des informations anodines qui peuvent se révéler essentielles. Un très beau thriller qui transporte littéralement le lecteur au cœur du Chicago des années 20, les fameuses Roaring Twenties. Un polar qui swingue sur un rythme aussi effréné que le solo de Louis Armstrong dans « West End Blues ». L’auteur, influencé par l’OuLiPo, donne d’ailleurs comme contrainte à son roman, la structure du Blues de Satchmo, (cadenza, duo, pont, solo, chorus général, improvisation, coda). Mais Ray Celestin ne se contente pas d’une intrigue rondement menée, son polar est aussi un roman noir de plus de cinq cents pages. La ségrégation est omniprésente, mais la misère elle, ne regarde pas la couleur de peau, dans les forges, les aciéries, les abattoirs. Le rêve américain n’existe pas sur les bords du lac Michigan même pour les jazzmen qui finiront par rejoindre New York, et donner naissance au Be Bop. Mais c’est une autre histoire.
Mascarade (Dead Man’s Blues), par Ray Celestin – Le Cherche Midi. Traduit par Jean Szlamowicz

Ecrit par Jacques Lerognon

#JAZZ&LITTERATURE Jazz à Mort

 

Jazz à mort par Corinne Naidet
Les personnages de ce recueil de nouvelles s’appellent Albert Ayler, Art Pepper, Billie Holiday, mais aussi Rodney King, Rosa Parks ou bien encore Jean Michel Basquiat. Des instantanés dans les vies tourmentées, cabossées de quelques musiciens, quelques artistes souvent obligés de dealer, de braquer afin de se payer la came. Ainsi Pepper pris la main dans le sac par un flic, qui finira par lui donner un billet parce que Chili Pepper était son album favori. On y croise la Dame aux gardénias, fleur bien flétrie à l’hôpital, sur les draps sales d’un hosto à Harlem. Une lumière souffreteuse, la nuit opaque, et les chevaux de la mort piaffant derrière la porte. Quelques pages plus loin, Thelonious Monk écoute passer le temps pendant que deux jeunes cambriolent la maison où il vit, survit. À l’écoute de Ruby, My Dear, ils suspendront leur vol. Dans Marvin et Rosa, le jeune trompettiste Marvin est assis dans le bus où Rosa Parks ne cédera pas sa place. Est-ce pour cela que le musicien (Marvin Stamm ? effectivement originaire de Memphis, il pouvait se trouver dans un bus en 1955) pourra  « inventer tout le reste, la musique dans la tête » ? Marc Villard nous laisse improviser sur ces tranches de vie. L’on est certes dans l’intimité des jazzmen, mais l’auteur n’oublie pour autant pas la société alentour, et la condition miséreuse de la communauté noire aux États-Unis particulièrement à l’avènement du be-bop ou du free.
Quelques pages suffisent à l’écrivain pour nous plonger dans l’ambiance glauque des quartiers de Harlem, Los Angeles ou encore Tijuana. Ses références sont multiples et il s’amuse à faire se rencontrer, se croiser anonymes et artistes, putes, musiciens, arnaqueurs. L’espoir est mince, la chute est proche et le monde est moche. Il reste les moments hors du temps, quand, par exemple, après le meurtre de son père, Le jeune Théo peut avancer avec allégresse vers l’indépendance des quatre membres, cela aide quand on veut tâter de la batterie. Ou bien encore Albert Ayler jouant à la Fondation Maeght à St Paul de Vence, le lendemain dans un camping du coin. « Les mecs en short, les nanas en bikini et Al, complètement parti avec son biniou. « 
Réalité, fiction, on s’en moque; avec ces récits, l’on plonge « dans une contrée inaccessible aux mortels. »Si tu vois ma mère, Marc Villard, Cohen & Cohen, 2017

Ecrit par Corinne Naidet

#JAZZ&CINEMA Michelangelo Antonioni Cinéaste et JazzFan

Jazz et Cinéma

Michelangelo Antonioni, Cinéaste et jazzfan par Gilbert D’Alto

 

Considéré par la plupart des cinéphiles , critiques et spécialistes du cinéma italien comme l’un des plus grands réalisateurs du XXème siècle,Michelangelo Antonioni était aussi un grand amateur et connaisseur de musique en général et de jazz en particulier ( Il était aussi grand amateur et connaisseur de football, mais je m’éloigne…). Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#PORTRAIT Nancy Wilson

Si en France, on connait bien sûr la sainte trilogie des chanteuses de jazz, c’est-à-dire Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Billie Holiday, on connait beaucoup moins celle qui dans le domaine du jazz est considérée leur égale et qui , dans le domaine de la soul est comparée à Dionne Warwick et Diana Ross , j’ai nommée »The Girl With the Honey-Coated Voice » ( la fille avec la voix habillée de miel ) , Miss Nancy Wilson. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto