Jammin’ Juan 2017 – Les Jeunes Talents du Jazz 2017

Le 1er Marché des Professionnels du Jazz en France JAMMIN’Juan s’ouvrira pour la première fois à Juan-Les-Pins du 20 au 22 octobre 2017. Un événement organisé par l’Office de Tourisme et des Congrès d’Antibes Juan-les-Pins, organisateur de « Jazz à Juan », en étroite collaboration avec L’International Jazz Festival Organization (IJFO), de la SACEM, de l’ADAMI et du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, auquel Le Jazzophone est fier de s’associer. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

Live Report : Anne, Lou, Antonio et les autres

Fin de semaine chargée pour l’équipe du Jazzophone qui en 4 jours du jeudi 5 Octobre au Lundi 9 octobre 2017 se rendit dans divers lieux jazz niçois pour y assister à plusieurs concerts, qui il faut le reconnaître sans flatterie aucune ni parti-pris, furent tous d’excellente qualité. Suite →

Ecrit par Gilbert D'Alto

#PORTRAIT Annabel S.A

Annabel S.A, l’artiste qui a réalisé la couverture du numéro du Jazzophone que vous tenez dans les mains, est une créatrice hors pair selon « Elle Magazine » (2002). Née en Normandie, elle se passionne dès son plus jeune âge pour le dessin, la mode, la peinture et l’art en général. A 16 ans, elle intègre l’Ecole Supérieure de Stylisme à Paris. Elle travaille ensuite pour divers bureaux de style en créations originales. Voulant prendre des cours de modélisme, elle se retrouve en fait à en donner et devient enseignante à Nice. Elle crée des collections de mode enfantine, et organise avec ses élèves des défilés à Juan-les-Pins durant le « Mode à Juan ». Ensuite, ouverture d’une boutique-galerie dans le Var. De retour à Nice , elle crée des séries de sculptures, et durant une répétition de musiciens à laquelle elle assiste , lui vient d’idée de la série de dessins à l’encre consacrés à la femme épicurienne, sensuelle , moderne et libre, « cette frange qui vous regarde dans les yeux », selon ses propres termes  dont le dessin qui orne notre couverture est l’un des derniers produits.

Ajoutons qu’Annabel est une grande amatrice de jazz, ne travaille qu’en écoutant : « la seule musique qui remplit toutes les cases de mon cerveau », et vous risquez fort de la croiser au détour d’un club ou d’un concert se délectant de la note bleue.

www.annabelsa.weonea.com

Ecrit par Gilbert D'Alto

#HOMECOOKIN’ Sugar Baby ou l’histoire d’une douce pâtisserie

 

 

`Sugar Baby, ou l’histoire d’une douce pâtisserie… par Cécile Cohen

Carré de Miel aux noix de Pécan du Mythique Hotel des Belles Rives à Juan les Pins…

Lieux culte et tellement inspirant de la Côte d’Azur, Les Belles Rives ont vu se succéder depuis « les années folles » des milliers d’artistes dont énormément de Jazzmen…

Autrefois sur de plus longs séjours, ces musiciens gravitaient entre la Pinède et l’Hôtel dont Ray Charles, Miles Davis, Stéphane Grappelli, Django Reihnart, Cab Calloway et notamment Ella Fitzgerald une grande gourmande…

Ella et Casimir Esténe, propriétaire de l’époque, vouaient la même passion amoureuse pour ne pas dire la même liaison dangereuse avec les pâtisseries… (défendues par leur diabète !). C’est ainsi qu’ils se surnommaient secrètement « Sugar Baby »…

Aujourd’hui encore de nombreux musiciens viennent se produire dans le somptueux Bar Fitzgerald face à la mer ou le Jazz y est encore bien présent…

 

 

Ingrédients (pour 6 personnes)

Biscuit pain de gêne aux noix de pécan :

  • 157gr œufs
  • 160gr pâte d’amandes 50%
  • 50gr beurre fondu
    30gr farine
    2gr baking powder
    • 200 noix de pé
    cans mixées • 30gr miel

 

Préparation :

  • Faire chauffer la pâte d’amandes au micro-ondes afin de la ramollir.
    • Bien monter les œufs et la pâte d’amandes au robot avec le fouet.
    • Ajouter le beurre en même temps que la farine, la baking powder et le miel, mélanger.
    • À la maryse, ajouter les noix de pécan.
    • Sur une demi-plaque, peser 500 gr d’appareil et étaler. Cuire au four à 180
    °C, environ 8 minutes

 

Mousse de Miel :

  • 665 gr de crème 30% m.g
    • 89 gr de miel des montagnes
  • 7 gr gélatine

27 gr pollen cristallisé

Faire tremper la gélatine dans de l’eau froide. Faire bouillir 100 gr de crème et ajouter la gélatine essorée.
• Monter le reste de la crème puis ajouter le miel, la crème avec la gélatine puis le pollen.

  • En demi-cadre, avec le biscuit noix de pécan en dessous, peser 325 gr de mousse miel.

 

Chantilly vanille :

60 gr crème
30 gr mascarpone

10 gr sucre

Les mixer sans le lait puis en rajouter quelques cuillères pour une belle texture. • Mettre en cornet.

 

Steve MORACCHINI

Chef Pâtissier

Meilleur Pâtissier 2016 Gault & Millau

La Passagère*

tel Belles Rives

Antibes, France

Crée à l’occasion des 85 ans pour célébrer l’âme de l’établissement

Cocktail Fitzgerald

5 cl Liqueur de Grenade

5 cl Liqueur de mandarine

10cl Vodka

Champagne

Pour déguster ces douceurs, réécouter le live mythique de 1967 « Ella & Duke At The Côte D’Azur » devant un beau coucher de Soleil du Cap d’Antibes.

Good Food

* » propos recueillis auprès de Marianne Estène-Chauvin, petite fille de Boma et Simone, créateurs des Belles Rives »

Ecrit par Cécile Cohen

La Boîte à Musique #4

 

Nina Papa « Evidencia »par Gilbert D’Alto

Ce nouvel album de celle qui est  sans doute la meilleure chanteuse brésilienne de la Côte D’Azur  est le fruit de deux longues années de travail de Nina avec ses musiciens : Béatrice Aluni , piano, Marc Peillon, contrebasse, Cédric Ledonne ou Alain Ruart , batterie  ,  Frank Ledonne , percussions, sur des compositions originales écrites par Nina pour les paroles , en portugais ou en  français ( le très beau «  Cinq Terres », hommage à l’Italie ) et par Béatrice Aluni ou Marc Peillon, pour les musiques.  Album aux couleurs d’ailleurs plus jazzy que bossa nova, même si le Brésil est présent tout au long du disque, et dans lequel sont aussi  présents deux musiciens prestigieux, le jeune saxophoniste Baptiste Herbin, fabuleux, et le vétéran André Ceccarelli à la batterie. Un très beau disque qui va nous permettre de rentrer dans l’automne en gardant un goût d’été.

 

M&T@L : Hurlant (Alter-Nativ )

Par Jacques Lerognon

Après avoir rendu hommage au groupe Metallica en trio jazz, les trois membres de M&t@l, s’attaquent à un autre bastion, le mythique magazine de bandes dessinées Metal Hurlant. Le challenge était de composer et d’improviser à partir de six planches d’une expo à la Maison des Artistes de Chamonix. Peut-on imaginer du jazz S.F. ? Ils l’ont fait en 18 titres, 3 par planches de « Arzach et son Ptéroïde » ou « Un léopard ne peut pas changer ses taches » à « Univers parallèle » dont le troisième mouvement clos de façon magistrale et virulente l’album. Le saxophone de Thomas Puybasset mène la danse, instille la mélodie appuyée par le bassiste Laurent David, tous deux filtrés par de copieux pedalboards. Le batteur Maxime Zampieri propulse le vaisseau M&t@l vers un jazz progressif de la plus belle eau.

 

Ahmad Jamal, Marseille, 2017, Jazz Village par Benjamin Grinda

Dernier opus d’Ahmad Jamal, « Marseille » offre à la cité phocéenne un peu de lumière, celle-là même qui semble avoir éclairé certains moments de vie du grand pianiste de Pittsburgh. Accompagné de sa section rythmique désormais fidèle, le batteur Herlin Riley, le percussionniste Manolo Badrena et le contrebassiste James Cammack, le maître délivre ses dernières compositions avec la force tranquille qu’on lui connaît. N’en déplaise aux « ultras », Marseille n’est pas la première ville à laquelle rend hommage Ahmad Jamal. Fervent admirateur de la France, il s’était déjà énamouré de Paris. Cet album est ainsi, par-delà Marseille, un « cadeau à la France ». Malgré  l’intérêt bien mesuré de l’interprétation d’Abd-El-Malik sur le morceau éponyme, Marseille est un cadeau, tant il sonne juste, et tant il émane l’élégance et le rayonnement du pianiste prodige.

 

Joseph Leimberg – Astral Progressions – World Galaxy / Alpha Pup Records 2016 par David Rompteau

Mesdames et Messieurs, le commandant de bord Joseph Leimberg vous souhaite la bienvenue à bord d’Astral Progressions. Tout au long du trajet vous voyagerez en territoire jazz, balades, hip hop, funk et, la méditation totale sera au rendez-vous. Musique stellaire s’il en est je ne peux que recommander l’écoute totale de l’album pour vous imprégner du message humaniste et positif de Joseph. Ici tout est réverbération, écho, spontanéité et chorus virtuoses. La production léchée apporte à Astral Progression un petit je ne sais quoi de Jazz funk très « Old School », en tout cas il s’agit bien de  West Coast actuelle c’est certain. Le commandant de bord espère que vous ferez un bon voyage sur vos platines, car décidément, c’est une musique des étoiles qui a vu le jour.

 

French Monk

Thelonious Monk : Les Liaisons dangereuses (Sam Records/Saga Dist.)

Laurent De Wilde : New Monk Trio (Gazebo Records/L’Autre Dist.)

Le 10 octobre prochain, nous fêterons  le centenaire de la naissance de Monk. La planète jazz tout entière est en effervescence  pour contribuer à cet évènement.

Je suis  ravi d’avouer que la France relève largement le défi  grâce à deux albums.

Thelonious Sphere Monk, pianiste et compositeur le plus énigmatique du jazz reste  une source intarissable d’inspiration pour des musiciens téméraires à la recherche de leur propre « sphère » .

Laurent De Wilde spécialiste mondial de Monk, de par ses recherches,  articles, émissions , livres…partage son introspection,  avec un projet inédit, New Monk Trio  un disque entier, de musique de son idole pianistique.

Au programme  douze morceaux : dix compositions connues et moins visitées ; un  medley Monk Mix  issu d’autres airs de Monk aux saveurs des îles…du Monk tropical ! la trouvaille de Laurent, et un hommage Tune for T.

Le groove est le dénominateur commun de toute cette sélection. Laurent de Wilde, fait revivre  le côté fun et funky  de ce  maître du be-bop.

C’est bien là toute l’exemplarité  et l’originalité de  cette œuvre. Dès les premières notes du disque  sonne un Misterioso  relooké par un dérivé de soul, typique de notre époque…et le tout se conclut  sur le sifflement de Friday the 13th !!

Les Liaisons dangereuses cet ultime trésor caché du jazz sera enfin révélé dans sa totalité , a l’occasion de cet hommage. La B.O.F. du film de Roger Vadim, sorti en 1960 était un enregistrement studio et pas encore un live inédit de Monk. Édité dans la confidence à l’époque il n’avait  jamais été reédité, depuis. Cette oeuvre majeure, sort aujourd’hui, sous  forme d’un double CD, qui réunit  les morceaux utilisés dans le film,aussi de nombreux et vrais  bonus .dont  le making of de Light Blue   un challenge rythmique de 15 minutes …la démonstration  parfaite de la  richesse des compositions de Monk.

La cerise sur ce gâteau , la présence de Barney Wilen ! Mais oui, cette séance historique, où en plus de Monk et  de son quartet, est présent notre célèbre saxophoniste sudiste qui apportera sa French touch…comme il l’avait fait auparavant
avec Miles et la BOF d’ Ascenseur pour  l’Échafaud !

Sir Ali

Ecrit par David Benaroche

#JAZZ&LITTERATURE Jack Kerouac « Les Souterrains »

 

Peut-être encore plus que son célèbre « Sur la route », s’il est un roman de Kerouac  absolument imprégné de Jazz , c’est bien « Les Souterrains », ( titre original  » The subterraneans » ) car l’action se déroule presque uniquement dans des caves et des clubs de jazz de San Francisco, qui avec Greenwich Village constituait la Mecque des Beatniks, ces existentialistes américains épris de liberté qui cherchaient comme disait Rimbaud, l’une de leurs références majeures , à se rendrevoyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.” Le livre raconte la brève et triste histoire d’amour entre Mardou Fox, une jeune femme noire, et un marin (blanc) Léo Percepied, ce qui en 1953, date de parution du livre, était pour le moins osé. La liberté, justement, il en est fortement question dans le livre, car Mardou est présentée comme un esprit libre, fréquentant les clubs de jazz , une sorte de pendant afro-américain à notre Juliette Gréco. Le personnage est inspiré de Alene Lee, l’une des maîtresses de Kerouac, et qui selon ses dires, fut l’une des femmes à la plus forte personnalité parmi toutes celles qu’il fréquenta.

D’autres personnalités de la beat generation se succèdent dans le roman, sous des pseudonymes. Frank Carmody est ainsi William Burroughs, Adam Moorad est Allen Ginsberg, Larry O’Hara est Lawrence Ferlinghetti, Leroy est Neal Cassady, etc.

Le jazz est tellement présent dans le livre que l’on a l’impression d’avoir un fond sonore en le lisant. On sait que Kerouac était fou de jazz, qu’il écrivit une ode à Charlie Parker, qu’il nomma les textes de son recueil de poèmes «  Mexico City Blues » (le titre déjà …) non pas avec des titres, mais en chorus, comme ceux des musiciens de jazz lorsqu’ils improvisent.


Le livre est écrit dans un style saccadé, une prose nerveuse et enflammée, ce qui s’explique lorsque l’on sait que Kerouac l’écrivit en trois jours sans dormir, en tenant le coup grâce aux amphétamines.

Un film, réalisé par Ranald Mc Dougall en fut tiré en 1960, mais le personnage de la jeune Noire fut remplacé par la Française Leslie Caron , ce qui enlevait tout le contexte socio -politique du livre, pour illustrer simplement le style de vie « extravagant «  des beatniks. En revanche, la bande originale composée par André Prévin contient de très belles choses, en particulier des soli flamboyants de Gerry Mulligan au sax baryton.


«  Les Souterrains »  Jack Kerouac, Gallimard, collection Folio.

Ecrit par Gilbert D'Alto

#JAZZ&ART #2 Histoire de la pochette de disque de Jazz 1950-1956

David Stone Martin, spécialiste et génial portraitiste, utilisa une technique de ligne d’encre simple. Ses dessins délicats et souvent teints dans des pastels sympathiques reflètent toujours une atmosphère de jazz subtile. Ami de Norman Granz, il va imposer son style épuré dans les années 50 pour les labels Clef, Norgran, et Verve, dessinant quelque 400 pochettes de disque, la plupart dans le domaine du jazz. Les pochettes de David Stone Martin sont considérées comme des œuvres d’art et recherchées par tous les collectionneurs.

L’illustrateur David Stone Martin a été l’un des graphistes les plus prolifiques et influents de l’après-guerre. Martin a conçu les pochettes d’albums des musiciens de jazz, tels que Stan Getz, Count Basie, Charlie Parker, Billie Holiday, Coleman Hawkins, John Coltrane, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Jelly Roll Morton et Duke Ellington et bien d’autres.

La pochette réalisée pour le quartet de Lionel Hampton (Clef) montrant un foisonnement de baguettes en action est un bel exemple de son art : c’est la vélocité du musicien qui est ici représentée par un effet graphique simple qu’il donne envie sur-le-champ d’écouter le maître du vibraphone swinguer.

L’alter ego de David Stone Martin s’appelle Burt Goldblatt et travaille lui pour le label Bethléem dont il est devenu le Directeur du design en 1953. Il a conçu quelque 3000 pochettes. L’illustration d’un album de Carmen McRae en 1955 composée de neuf petites images présentant à divers moments les lèvres de la chanteuse en action ne manque pas d’humour et est restée célèbre.

 

Son dessin particulièrement expressif et sa façon très originale de jouer avec les couleurs et la perspective tiennent parfois du génie comme en témoigne l’une des plus belles pochettes réalisées pour un disque de blues : Robert Johnson, King of the Delta Blues Singers chez Columbia.

 

Un autre exemple réussi de conception originale est la pochette réalisée pour le pianiste George Wallington montrant le contrebassiste Curly Russell et le leader au second plan entre les bras du batteur Max Roach. Ici, c’est l’image qui grâce à sa conception osée et originale frappe avant le texte. À la vue de cette pochette, on est tenté de se rapprocher pour lire les informations concernant les titres et les musiciens et c’est le but recherché : car une fois piégé, il y a beaucoup de chance pour que l’amateur achète ce disque.

 

Le procédé d’impression en offset et l’amélioration des techniques photographiques aidant, la pochette de disque commence à s’ouvrir largement à la photographie à partir du milieu des années 50. Le jazz aussi s’est transformé.

On ne juge pas un livre à sa couverture …. ni un disque à sa pochette ! Mais…

À suivre.

Ecrit par Jacky Ananou