#JAZZ&LITTERATURE White Jazz James Ellroy

«  White Jazz » James Ellroy

Ed. Rivages Noir

S’il n’est pas à proprement parler un livre SUR le jazz, «  White Jazz »  en est plus que fortement  imprégné. Conclusion du célèbre «  Quatuor de Los Angeles » faisant suite à «L.A.Confidential » qui parlait souvent de Chet Baker & Gerry Mulligan. Le livre nous présente un nouveau personnage , le lieutenant Dave Klein, sorte de  » Bad Lieutenant » avant l’heure, flic véreux , qui aime le jazz , en particulier ce jazz « West Coast » illustré par des musiciens blancs , (Stan Getz, Art Pepper,Bud Shank, etc.) d’où le titre , ce « petit bleu de la Côte Ouest  » comme disait Jean-Patrick Manchette , autre grand auteur de polar et amateur de jazz lui aussi.

Le lieutenant Dave Klein aime aussi les femmes… ce qui va lui causer du tort. Il a également une relation plus que trouble, quasi incestueuse avec sa sœur, et au cours de son enquête va devoir affronter ses problèmes personnels ainsi que de se faufiler entre  un vol de fourrures, un trafic de drogues dans une société de laveries, un tueur de clochards, et le racisme ambiant de l’époque, tout cela sur une ambiance mélodique donnée par  ce cool jazz qui était très en vogue en Californie  à la fin des années cinquante, époque où se déroule l’action de ce «  Quatuor de Los Angeles », dont chaque livre  peut d’ailleurs se lire indépendamment des autres.

Écrit dans une prose brève et saccadée, sans doute pour retranscrire à la fois les rebondissements de l’action et le rythme du jazz,  ce style très particulier, qu’un critique américain a décrit comme du « beat noir » , faisant référence ainsi à la Beat Génération, en plein essor à la même époque, fait la grande originalité d’ Ellroy , en sus de la psychologie pour le moins tordue de ses personnages. La conclusion est d’ailleurs un aveu d’impuissance lorsque  Klein se rend compte qu’il n’est qu’un pion sur l’échiquier politique local : « Je suis vieux, j’ai peur d’oublier, j’ai tué, j’ai trahi, j’ai moissonné l’horreur, je veux sombrer avec la musique. »

White jazz mais noir c’est noir…

Ecrit par Gilbert D'Alto

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