Live Report : Tremplin du Nice Jazz Festival 2016

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C’est au bout de la Promenade du Paillon, la désormais célèbre  » coulée verte » , près du TNN que se produisirent cette année les formations de jazz qui concouraient pour le Tremplin du Nice Jazz Festival 2016, organisé par la Ville de Nice en partenariat avec L’association La Ruche.

Ce tremplin est national et toutes les formations françaises ont le droit de postuler. 6 formations sont choisies par un jury composé de professionnels du spectacle et de journalistes musicaux,  La formation gagnante, désignée   par le  même jury, obtient l’opportunité de se produire l’année suivante au Nice Jazz Festival. Quand au gagnant du Prix du Public, calculé à l’applaudimètre, il se produira également l’année suivante, mais dans le cadre du « Off ».

tremplin

Dans ce cadre ma foi fort agréable, six groupes se succédèrent, présentés par votre serviteur, et furent tous de grande qualité, il faut l’avouer. Commençons par le commencement : le trio de Fred Perreard, premier orchestre à monter sur scène, fut impressionnant par sa qualité technique. Accompagné par Samuel F’Hima, contrebasse,  et  Gaetan Diaz, batterie, le jeune pianiste parisien (22 ans) fit preuve d’une belle inventivité, et d’une virtuosité à toute épreuve, dans une formule piano trio rappelant les grandes formations de ce style dans le jazz moderne, celles de Bill Evans, Keith Jarrett ou Paul Bley.

De la région marseillaise nous venait la chanteuse Anna Farrow, accompagnée par un trio de belle facture ( Ben Rando, piano, Sam Favreau, contrebasse, Cedric Beck, batterie ) donna un concert très « soul-groove »  avec des compositions tirées de son album « Days & Moods » et  une belle version du « Feeling Good » de Nina Simone.<


Ce fut ensuite au tour des Mutants de L’Espace. Sous ce vocable science-fictionien se cache un sextet de musiciens incontrôlables et joyeux, six farfadets sautillants  (piano, basse électrique, batterie, et trois saxophonistes ( deux garçons, ténor et alto  et une jeune femme au ténor et au soprano) habitués à jouer dans les couloirs du métro parisien, et dans les cafés populaires de la capitale.

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Cette fanfare cosmique et jubilatoire qui mêle jazz,  (« Well you neednt » de Monk),   funk, klezmer est musique orientale emporte tout sur son passage, dont évidemment l’adhésion du public. Une première soirée excellente qui finit sur un moment de pure jubilation. Les Mutants de L’Espace devaient d’ailleurs se produire  le lendemain en formation déambulatoire dans les quartiers de la Vieille Ville.
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Le lendemain, atmosphère plus calme. Un vent frais soufflait sur la Promenade, et l’ambiance était à la détente. Ce qui collait bien au style latino du Euforia Quartet, groupe niçois mené par le pianiste Adrien Brandeis avec  Jean-Marc Maudet aux percussions, Guillaume Leclerc à la basse électrique et Joachim Poutaraud au saxophone alto.Une musique fraîche, joyeuse et swinguante, sans prétentions « intellectualisantes ». Moment de jouvence.

Grosse surprise ensuite avec Tie Break, trio marseillais, avec Cyril Benamou, piano, Patrick Ferney, contrebasse et Gérard Gatto, batterie. Sur des compositions du pianiste , le groupe évoquait à la fois le hip-hop, les rythmes orientaux, le free jazz et bien des choses encore. Un jazz très actuel, ouvert au monde, et joué par des musiciens conscients de l’importance de cette ouverture aujourd’hui.

tie break

Et enfin Pierre Marcus Quartet, que l’on connait bien par ici, redescendu de Paris, avec ses compositions extraites de l’album « Longue Attente ». Un magnifique set, par Pierre et ses compères (Thomas Delor, batterie, Benjamin Boutant, saxophone et de nouveau Fred Perréard, piano, absolument époustouflant).

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Un triomphe, qui concluait en beauté ces deux jours  qui ont montré que l’avenir du jazz en France est en de bonnes et jeunes mains.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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