R.I.P Nat Hentoff, jazz critic émérite.

Mr. Hentoff avec  le  clarinettiste  Edmond Hall en   1948 au  Savoy, un  club de Boston.

Nat Hentoff qui vient de s’éteindre à New York le 7 Janvier dernier à l’âge, certes canonique, de 91 ans était un journaliste, historien, romancier et critique américain de jazz. Il fut l’une des principales plumes d’après-guerre qui contribuèrent à persuader les médias et le grand public de la validité du jazz en tant que forme d’art.

Né à Boston en 1925, il devient animateur radio à l’âge de 19 ans. Passionné par l’histoire de la musique afro-américaine, il en devient rapidement spécialiste et commence une carrière de journaliste de presse écrite, et quitte Boston pour New York. Il fut également, dés la fin des années 40, l’un des premiers journalistes à défendre le nouveau jazz, ce be-bop représenté par entre autres Charlie Parker (dont il fut un proche) et Miles Davis.

En 1955, alors qu’il vient de fêter ses 30 ans son premier ouvrage, intitulé Hear Me Talking to Ya, « est une contribution remarquable à l’histoire du jazz ». Ami et confident de nombreux musiciens, il est considéré comme un membre à part entière de la communauté jazzistique new-yorkaise.

L’année suivante, en 1956, il fonde avec Martin Williams et Hsio Wen Shih le magazine The Jazz Review. En 1960, Hentoff crée le label Candid Records qu’il dirige jusque 1961. Pendant sa courte période d’existence, le label accueille cependant dans son répertoire des séances d’enregistrements de musiciens de renom comme le contrebassiste Charles Mingus, la chanteuse Abbey Lincoln (le fameux « We insist : Freedom Now suite !) et le saxophoniste Phil Woods. En outre, pendant cette période, il devient professeur à l’Université de New York

Rédacteur de chroniques pour des journaux, notamment The Village Voice, Legal Times, The Washington Times, il est également attaché comme journaliste au magazine The New Yorker pendant 25 ans. Il signe ensuite des articles pour The New York Times, The New Republic, The Atlantic Monthly et The Washington Post.

Paru en 1982, son premier roman policier, Le Diable et son jazz (Blues for Charlie Darwin), « qui décrit l’univers de Greenwich Village avec ses trafics en tous genres », est traduit en français dès l’année suivante et paraît dans la collection Série noire.

Hentoff était aussi  un défenseur des droits civiques, (il fut un ami de Malcolm X) un militant de la cause libertaire et un grand connaisseur de toutes les musiques américaines, du blues à la country. Une grande personnalité du  jazz et de la liberté.

Sur le sujet , lire également (en anglais) « A man who changed jazz and journalism » sur le site www.WNYC.com

Ecrit par Gilbert D'Alto

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