#Chronique : Benoît Martiny Band « Moons of Uranus »

Le nouvel album du Benoit Martiny Band intitulé “Moons of Uranus” est dédié à la mémoire du trompettiste et ami Itaru Oki, grand musicien japonais, proche de l’avant-garde, décédé le 25 août 2020 à l’âge de 79 ans. Par ce voyage musical aux confins du jazz-rock, du free et des ambiances expérimentales, le batteur  et compositeur Benoit Martiny invite son public à poser avec lui un regard sur les enjeux écologiques et sociaux qui traversent nos sociétés, et aussi notre planète…

Imaginez un instant un mariage entre le Jefferson Airplane, les Doors et d’autres hérauts du rock psychédélique et le John Coltrane  de « Stellar Regions » ou le Miles Davis de « Bitches Brew »… Eh bien, vous aurez une idée assez approchante de la musique que contient cet album. En 10 morceaux le Benoît Martiny Band, secondé par le Grand Cosmic Journey Orchestra (Le Grand Voyage Cosmique, ça dit bien ce que ça veut dire…) aborde des territoires musicaux rarement défrichés si ce n’est par, influences revendiquées, Frank Zappa, et également Sun Ra, en sus de celles susnommées décelées par votre serviteur, auxquelles j’ajouterais celle de Magma, indéniable dans plusieurs morceaux, surtout dans la quatrième plage « Attack of the martian nazis » (tout un programme !), ainsi que dans la cinquième  » Stargate »  aux choeurs  trés proches de ceux de la Zeuhl .Comme chez Sun Ra et Magma, les références au cosmos sont nombreuses, avec des effets spéciaux archétypaux, sifflements, échos, etc. L’orchestre (11 musiciens) est étonnement soudé dans un contexte aussi « free » dans tous les sens du terme. Le ton est donné par le 1er morceau « The world goes to shit but still you play that jazz » (« le monde part en couilles mais tu continue à jouer ce jazz« ), une profession de foi qui est basée sur un shuffle tout ce qu’il y a de plus classique, alors que les cuivres et la guitare parlent aux étoiles. Le dernier morceau, « Moons of Uranus », qui est aussi le morceau-titre, est une longue plage à la fois planante et funky. L’esprit s’envole, mais le corps bouge aussi. Ce qui résume ce disque, qui est une expérience totalement passionnante.

www.benoitmartinyband.com

Ecrit par Gilbert D'Alto

Laisser un commentaire

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone

%d blogueurs aiment cette page :