#Interview – Thierry Maillard : c’était le bon moment !

Thierry Maillard est certainement le pianiste compositeur Français le plus éclectique de la planète jazz. Que ce soit en solo, en duo (Denis Chambers et John Patitucci) en composition de musique de film (Arthur et les Minimoys de Luc Besson) et ce plus d’éclectisme il le doit à sa passion pour la musique classique (quatuor à cordes en 2003) et en 2015, où il associe son trio a l’Orchestre Philharmonique de Prague. Mais il lui manquait ce que tout musicien de jazz désire : diriger un Big Band. Inviter à présenter son orchestre de 15 musiciens en début d’été lors des journées Musicora a Paris la Villette il a donné au public ces premières compositions également gravées sur le CD Pursuit of Happiness. 

  • Thierry Maillard : Je suis arrivé à un moment où j’avais envie d’entendre ma musique par des cuivres, moi qui compose le plus souvent pour de petites formations et puis je suis un amoureux de l’orchestration classique et des orchestres symphoniques, je me suis dit, c’est le moment… avec ces cuivres j’ai voulu intégrer des flûtes et des clarinettes, ce qu’on ne retrouve que rarement dans des Big band de jazz, j’ai voulu sortir un peu du carcan habituel et me rapprocher plus du travail de Frank Zappa avec Pierre Boulez à l’époque où l’on trouvait ce mélange jazz et musique classique contemporaine. 

Pour former un Big band il faut des musiciens qui conviennent à vos compositions et à votre orchestration, comment avez-vous fait ?

  • Thierry Maillard : Certains, je les connaissais, d’autres je les avais entendus, mais mon idée, c’était de réunir des musiciens qui n’avaient pas forcément joué ensemble et encore moins en section Big band, tous ont répondu présent… on a travaillé en studio pendant 6 mois et j’ai voulu que chacun ait une grande place pour s’exprimer, là, l’écriture est importante… c’est beau d’entendre la flûte comme si elle disait aux sax, coucou c’est moi ! Encore une fois je veux rejoindre cette modernité musicale avec l’aspect du groove, l’apport de l’électricité, la diversité instrumentale, c’est avec ce mélange que je veux faire sonner à ma façon ce groupe, mais encore une fois j’évoquais Zappa et Boulez mais je suis parfois aussi sous d’autres influences avec par exemple Bartók, Bill Evans où Michael Brecker qui avait fait déjà ce genre de travail d’osmose musicale en 2003 avec Wide Angles.

Un Big band c’est beaucoup de travail et un peu d’abnégation personnelle du musicien au sein d’un groupe pour une œuvre qui marque la musique de jazz et pourtant très peu de festivals vous invite, qu’en pensez-vous ?

  • Thierry Maillard : Les programmateurs font au plus simple, ils invitent un peu comme le voisin le musicien où le groupe a la mode, le plus médiatique, celui qui fait venir un public en vacances, il faut faire du nombre et pas forcément une recette, car une star de la pop, de la variété ou du rap ça coûte cher, mais les organisateurs en fait, veulent faire une animation médiatique pour leur ville, il serait temps de revoir cela dans la mesure où les Conservatoires de jazz sont si nombreux on pourrait par exemple en première partie inviter cette relève !

En attendant de voir le Big band de Thierry Maillard, il serait bon d’écouter cet album Pursuit of Happiness où l’on retrouve des leaders d’autres formations et en particulier le cornettiste Médéric Collignon qui donne de la voix avec des onomatopées dignes de  Dizzy Gillespie, je vous le disais un Big band qui ne manque pas d’originalité et ce titre… du bonheur, que du bonheur… à suivre !

www.thierrymaillard.comI

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

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