#Jazz & #Art : Peindre le jazz : Jean-Michel Basquiat 

« Je ne sais pas comment décrire mon travail. C’est comme demander à Miles Davis : comment sonne votre trompette ? » répondait-il aux journalistes. Fulgurante et sauvage, l’oeuvre de Basquiat se nourrissait des influences musicales du peintre. De David Bowie aux pionniers du jazz, en passant par Bach et Beethoven, la musique était essentielle pour le petit prince des rues New-Yorkaises.

« J’aime mieux être un météore superbe, chacun de mes atomes rayonnant d’un magnifique éclat plutôt qu’une planète endormie. Je ne gâcherai pas mes jours à tenter de prolonger ma vie, je veux brûler tout mon temps ». Cette épitaphe de l’écrivain Jack London, Jean-Michel Basquiat aurait pu la faire sienne, annonçant sa fulgurante destinée depuis ses débuts en tant que graffeur new-yorkais jusqu’à sa mort prématurée à 27 ans en 1988, victime d’une overdose. À peine une dizaine d’années de production pour plus de 2 000 œuvres, dont 85 à 90 % sont détenues désormais par des collectionneurs privés. Coqueluche du marché devenue en quelques années l’artiste américain le plus cher de l’histoire, les rétrospectives se succèdent à travers le monde, exposant l’oeuvre d’un artiste qui fusionne et fait résonner des éléments de culture et d’histoire de la communauté afro-américaine, de critique sociale, et également sa passion pour la musique.

À l’instar de sa fameuse toile Horn Players (1983), l’artiste s’inspire des chantres du be-bop Charlie Parker et Dizzy Gillespie dont il dresse le portrait figuratif et linguistique dans plusieurs oeuvres. Parmi les musiciens de jazz, Jean-Michel Basquiat admire ces innovateurs qui ont révolutionné le genre, utilisant de manière audacieuse des palettes harmoniques, mélodiques et rythmiques étendues. « Je pense que le be-bop est la musique que je préfère » avouait Jean-Michel Basquiat. Ses peintures, avec leur vitalité, leur immédiateté et leur rythme, rendent un vibrant hommage à ces explorateurs du jazz. Au sein de son groupe Gray, Jean-Michel Basquiat tentera lui-même l’expérimentation musicale : « C’était un noise band. Je jouais avec une lime sur une guitare et un synthétiseur. À l’époque, j’étais inspiré par John Cage – de la musique qui n’est pas vraiment de la musique. Nous nous efforcions d’être imparfaits, rugueux, excentriquement beaux ». Innovation, improvisation et libre interprétation intégrant l’aléatoire comme principe fondateur de l’acte créatif : pour Jean-Michel Basquiat, ce qui s’applique à la musique se retrouve également sur ses toiles.

www.basquiat.com

Ecrit par Benjamin Grinda

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