#JAZZ&HISTOIRE Nola est aussi Funky

Jazz et Histoire par Gilbert D’Alto
NOLA est aussi Funky!

Lorsqu’on évoque le Funk, un nom vient tout de suite à l’esprit, celui de James Brown, né à Macon, Georgia. Mais peu de gens savent que les origines du funk ,cette musique qui nous vient de la soul et du jazz, remontent aux années 1950 à La Nouvelle-Orléans où l’idée de ces rythmiques est venue des bars  qui étaient pauvres et ne possédaient qu’un piano pour distraire la clientèle. Le piano était pour les musiciens l’instrument idéal pour synthétiser à la fois la basse, la batterie, la guitare, le chant ou les cuivres sur un seul instrument. Le mot «Funky»  fut employé la première fois par le batteur néo -orléanais Earl Palmer pour indiquer à ses musiciens la couleur qu’ils devaient jouer. Le funk débarqua ensuite dans les rues de La Nouvelle-Orléans, interprété par les Brass Bands, mais le piano reste l’instrument mythique dans lequel se sont illustrés des musiciens aussi typiques de la musique néo-orléanaise que Professor Longhair, Dr John , dont la vie est un véritable roman et qui commença sa carrière à 14 ans dans les bouges et les maisons de passe du French Quarter. Ou encore le légendaire  pianiste et producteur Allen Toussaint, qui produisit d’ailleurs le hit planétaire, soul-funk de NOLA « Lady Marmalade « pour Patti Labelle, et dont les paroles « He met her in down in old New Orleans , struttin her stuff on the street’’ et le refrain en français « Voulez vous coucher avec moi ce soir ? » ont fait le tour du monde.

Le funk de la Nouvelle Orléans se caractérise donc par cette rythmique bringuebalante unique au monde, et un apport fort  des cuivres , spécialement trombone et trompette. D’ailleurs la trompette est l’un des instruments rois de la Nouvelle-Orléans, dont plusieurs stars de l’instrument sont originaires , citons Buddy Bolden,  Louis Armstrong, Louis Prima, Wynton Marsalis, Terence Blanchard, Christian Scott…Mais revenons au funk, et à celui de Nola en particulier ( NOLA est l’acronyme de New Orleans, LouisianA), Son originalité s’explique par le fait que New Orleans, , ville autrefois française , berceau de l’un des plus grand mélanges de population des USA ( Noirs, Hispaniques, français, Créoles, italiens , etc) de par son histoire musicale et l’existence de son carnaval était prédisposée à être l’un des berceaux du funk. L’instrumentation y est dépouillée, le jeu y est débridé et foisonnant, aux croisements du rhythm and blues, de la soul et du jazz. Depuis les années cinquante et celles qui ont suivi, se sont illustrés nombre de grands artistes dans cet idiome, qui l’ont chaque fois personnalisé et modifié . Parmi ceux -ci nous pouvons citer  Irma  Thomas, «  the soul queen of New Orleans ( mais qui dut fuir la ville quand sa maison fut dévastée par l’ouragan Katrina),  les grands vocalistes Betty Harris ( « Soul perfection ») ou Aaron Neville ( «  Tell it like it is » «Hercules « , deux hits majeurs ) les  précités Allen Toussaint et Dr John , Chocolate Milk , produits par Toussaint et auteurs d’un morceau-phare,  aux paroles très engagées «Action Speaks Louder Than Words », les Meters, qui étaient les musiciens de studio les plus courus d’Amérique, auteurs du classique du NOLA Funk «Cissy strut » et qui firent une tournée mondiale en 1ère partie des Rolling Stones , (grands amateurs, Keith Richards surtout,  de musique néo-orléanaise , ils employèrent Dr John, , reprirent « Time is on my side «  d’Irma Thomas , et produisirent l’album des Neville Brothers «  Fiyo on the bayou ») . Les Neville Brothers, issus des Meters,  furent  justement l’incarnation même du son funk de New Orleans dans les années 90, en particulier avec l’album « Yellow Moon »produit par Daniel Lanois. Cet album  fit l’objet d’un mythique concert filmé, auquel ont participé des invités prestigieux comme Herbie Hancock ou John Hiatt.
A  l’heure actuelle le funk est toujours très vivant à la Nouvelle-Orléans et des musiciens comme Kermit Ruffins, le Dirty Dozen Brass Band ou bien sur Trombone Shorty  « Keep the spirit alive » ( gardent  l’esprit en vie ) . New Orleans Funk is here to stay.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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