Le Jazz et La Danse ! Itinéraire de deux enfants terribles…

Confortablement installé dans une salle de concert ou, accoudé à un bar, littéralement absorbé par les qualités techniques des musiciens, on en oublie parfois que la musique et la danse jazz sont nées dans un même lieu, portées par un même élan de l’âme, avant de connaître, pour chacune, des destinées singulières. Un peu comme deux enfants turbulents qui suivraient des chemins sinueux, se retrouvant parfois pour fêter de façon grandiose leurs retrouvailles, avant de repartir vers de nouvelles aventures.

Une enfance qui danse

A l’origine, les esclaves chantaient et dansaient jusqu’au bout de la nuit, oublieux de leur fatigue et de leur misère. Plus tard, culture africaine et européenne se mêlant, apparaissent les prémisses du jazz. Musique et danse sont alors intimement liées. Emplis de vitalité, les corps se lâchent et se grisent d’une liberté nouvellement découverte. C’est l’époque du charleston, du foxtrot, du black bottom… D’abord populaires, ces façons de bouger s’emparent ensuite des scènes pour offrir de véritables spectacles. Broadway se révèle, vibrant notamment au son des claquettes, tandis que les revues s’emparent des théâtres, y compris en France où la Revue nègre avec Joséphine Baker remplit chaque soir le théâtre des Champs Elysées.

Une adolescence qui se cherche

Mais voilà que la musique jazz devient de plus en plus technique, voire complexe: les musiciens explorent de nouveaux rythmes et s’ouvrent à d’autres styles. Le jazz innove, fusionne, crée à l’infini. Il provoque aussi, engendrant parfois des querelles entre les anciens et les modernes ! Depuis plusieurs décennies déjà, on écoute la musique jazz en se laissant aller à un léger balancement du corps, mais sans se livrer à une explosion gestuelle.

Cela n’a pas pour autant condamner le développement de la danse jazz qui, elle aussi, est devenue technique, traçant de son côté un chemin d’une façon tout aussi durable. Par la liberté d’expression qu’elle offre aux chorégraphes, on la retrouve sous de multiples formes. Si les compagnies de danse jazz proprement dites ne sont pas légion, elle est paradoxalement l’une des formes de danse les plus pratiquées car elle a su s’imposer dans une évolution globale.

21012011
L’épanouissement de l’âge adulte

Dans l’univers de la danse jazz, des noms émergent donnant à cette discipline sa notoriété. Aux Etats-Unis, des chorégraphes comme Jerome Robbins, à la tête de l’American Ballet Theatre, intègrent des éléments jazz dans leurs créations. Mais celui qui lui apporte ses lettres de noblesse est incontestablement Alvin Ailey. Il imagine une danse de toute beauté, puissante et sculpturale, et utilise la musique des grands noms du jazz : Duke Ellington, Charlie Parker ou Dizzy Gillespie. Avec Alvin Ailey, le jazz prend corps et témoigne d’une culture immensément riche.

L’énergie et la créativité de la danse jazz ont permis à beaucoup d’artistes d’explorer des voies originales et variées, ouvrant les débats à l’infini . Des discussions que l’on retrouve aussi dans l’univers de la musique entre les adeptes d’une vision  traditionnelle et ceux qui voient dans l’électronique ou le rap de nouvelles formes d’évolution du jazz. La preuve que l’évolution entre musique et danse jazz est bien indissociable.

Ecrit par Valérie Juan

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