#Live Report: David Enhco et Marc Perrenoud : CHET

Le temps d’un Jeudi du jazz au Théâtre Alexandre III, David Enhco et Marc Perrenoud ont dessiné un portrait sensible et émouvant du grand Chet Baker.

Des notes qui coulent, roulent, glissent du piano de Marc Perrenoud…

…bientôt rejoint par la trompette langoureuse de David Enhco. Une vague mélancolie s’installe, l’ombre de Chet Baker nous envahit. Mais c’est très vite la lumière qui s’installe sur scène avec un arrangement très personnel, très inspiré de My Funny Valentine, dégraissé à l’os, pur et limpide. Le trompettiste explique le projet: plus qu’un hommage, raconter les facettes de ce grand artiste, sa beauté, sa tristesse, sa déchéance et… ses interprétations, bien entendu. Le public appréciera les magnifiques digressions sur le morceau There Will Never Be Another You, les arrangements de Marc Perrenoud sont à la fois emplis de grâce et de virtuosité, chaque note suinte l’émotion. Un interlude signé David Enhco, Flickers, comme cette petite flamme qui vacilla autour du musicien américain.

Autre standard revisité, Yesterdays, équilibre instable, notes qui s’envolent, l’on sent que les deux interprètes se régalent à jouer ensemble mais aussi à partager leur passion avec le public.

Le trompettiste continue à nous raconteur son “Chet” grâce à une de ses composition Vif argent, la fragilité jusqu’à la rupture. Le temps passe trop vite et l’on arrive aux derniers morceaux. Just friends, rendu célèbre par Charlie Parker, puis bien évidemment par Chet Baker, Marc Perrenoud et David Enhco réussissant une interprétation renouvelée et inventive de ce standard.  Comment finir autrement qu’avec ‘Round Midnight ? Thelonious Monk aurait apprécié ce final enjoué, pimpant, ludique.

Un concert qui aura donné envie au public de redécouvrir la trompette de Chet mais aussi de se  plonger dans l’album éponyme de Marc Perrenoud et David Enhco. Ils proposaient, apprit-on au cours du concert, ce projet pour la soixantième fois…Les deux complices ont bien fait de s’arrêter au Théâtre Alexandre III.

 

 

Ecrit par Corinne Naidet

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