Live Report : Long week-end Jazz sur la Côte.

Kyle Eastwood at the Jazz Cafe, London

C’est au Cap Cinéma du Polygone Riviera de Cagnes sur Mer, le jeudi 24 novembre,  que commença ce long périple jazzistique qui amena l’équipe du Jazzophone de salle en salle et de ville en ville  tout au long d’un week-end musical très chargé.

Là se produisait Kyle Eastwood, dans cette très belle salle qui accueillit déjà par le passé Kenny Garrett et Maceo Parker, entre autres « Jazz Stars » invités par la compagnie « All That Jazz ». Il était entouré de son habituel quintet britannique, Quentin Collins, trompette, Brandon Allen, tenor & soprano sax, Andrew Mc Cormack, piano, Chris Higginsbottom, batterie.

Ils attaquèrent sur « Prosecco  Smile » le quasi-tube (enfin, pour du jazz…) issu de l’album « Time Pieces » paru l’an dernier, puis enchainèrent les  impeccables et swinguantes compositions de Kyle, certaines aux effluves brésiliennes  (« Caipirinha ») ou orientales (« Marrakech »), mais toujours d’un goût très sûr. Kyle et ses hommes rendirent également hommage aux grands anciens avec l’interprétation de deux standards l’un d‘Horace Silver, et le second de Charles Mingus, le fameux « Boogie stop shuffle » qui clôtura en rappel ce très beau concert.

Le lendemain, c’est un tout autre style qui nous attendait au Forum Nice Nord avec la chanteuse et flûtiste Mélanie  De Biasio dont le répertoire très « soft », voire intimiste fut jugé soporifique par d’aucuns. Si le terme est un peu fort, il faut néanmoins reconnaître que ses longues mélopées « planantes »  peuvent soit envoûter, soit irriter… On avait d’ailleurs plus souvent l’impression d’écouter un concert de rock dit « psychédélique » ou « progressif » que du jazz à proprement parler. D’ailleurs le line-up était très parlant quant à cette influence (Pascal Mohy : Piano / Pascal Paulus : Synthétiseurs vintage / Dre Pallemaerts : Batterie). Si des traces de blues parsèment effectivement ses compositions, on est néanmoins assez loin de la musique afro-américaine, ce qui n’est pas un mal en soi, mais a pu en dérouter certains. Nous reconnaitrons pourtant que l’ambiance très « dark » de certains morceaux tirés de son dernier album « Blackened cities » a pu exercer sur nous une certaine fascination. Elle était précédée dur scène par le groupe niçois Ride the Clouds qui qualifie sa musique de « future Jazz » et oeuvre dans un registre doux et languide, proche du sien.

Le samedi nous vit nous rendre à La Gaude, au siège de la Cie So What, pour y assister, outre la performance de ces derniers,  qui ouvrait la soirée et que nous avons relatée la semaine dernière, au concert que donnait le groupe Bright Moments (Eric Polchi, saxophone ténor et soprano,  parfois joués en même temps, flûte) Fred D’Oelsnitz, trompette, piano parfois, Olivier Giraudo, guitare, Jo Kaiat, piano, Michel Romero, contrebasse, Bela Lorent, trombone,  et Jean-Luc Danna, batterie) pour un hommage rendu au maître Roland Kirk.  Défilèrent les compositions de Rahsaan, telles que « Why don’t they now » ou encore  »Sérénade to a cuckoo » et bien sur ces « Bright Moments » tant attendus. Hommage ma foi fort convaincant, tant est grande la qualité des musiciens et leur foi dans cette musique. Un moment de grande convivialité et musicalité dans l’un des cadres les plus chaleureux qui soient.

Le dimanche soir, nous retrouvâmes à  Nice au club Le Shapko deux des protagonistes de la veille, à savoir  le guitariste Olivier Giraudo, et Fred D’Oelsnitz, ici à l’orgue, accompagnés par le batteur Laurent Sarrien, le tout constituant le Olivier Giraudo Organ Trio.

olivier-giraudo

Un très beau répertoire servi par ces remarquables musiciens, avec des compostions de René Thomas, Kenny Burrel ou Eddy Louiss, un jazz libre et swinguant mais enraciné dans le blues et le be-bop, une merveille de trio rappelant les meilleurs moments des albums enregistrés par Jimmy Smith et Wes Montgomery. Un régal, qui concluait parfaitement, et dans la sérénité, ce marathon musical de quatre jours.

Et en route vers de nouvelles aventures !

Photos : D.R., Philou Antsirabe. 

Vidéo clip D’Oelsnitz / Giraudo : Richenel.

www.cap-cine.fr/all-that-jazz

www.kyleeastwood.com

assowhat.free.fr

www.melaniedebiasio.com

www.freddoelsnitz.fr

Ecrit par Gilbert D'Alto

4 Commentaires

  1. Pingback: #LIVEREPORT Long week-end #Jazz sur #laC | Imago records & production

  2. Poulpy 17 décembre 2016 13 h 34 min / Reply

    Concernant le concert du quintet de Kyle Eastwood au Polygone mais aussi dans tous ses autres concerts et sur ses albums, mon ami Gilbert puis-je te faire respectueusement remarquer que contrairement à ce que tu as écrit, Brandon ne joue pas du sax ALTO, mais du ténor et du baryton ….Cordialement. Poulpy 🙂

    • Gilbert D'Alto 19 décembre 2016 14 h 25 min / Reply

      Tu as raison , mais il joue aussi du soprano

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