Live Report : Uno Festival San Remo

conf.stamap_uno_jazz_festival_15_luglio_2015N’écoutant que son courage et son goût pour la pasta au  parmiggiano, l’équipe du Jazzophone n’hésita pas à se transporter en terre transalpine pour accomplir sa mission, qui est de rendre compte de la richesse et de la vigueur de la musique qui nous passionne ici.

Adoncques, nous allâmes à Sanremo, charmante station balnéaire de la Riviera Italienne comme vous le savez, pour assister à la première édition du festival Uno Jazz San Remo. Uno, car c’est effectivement la première fois qu’a lieu cet événement appelé à se pérenniser. Situé au bord de la mer mais néanmoins en pleine ville, le site Pian di  Nave où se passent les concerts est idéalement placé, comme si un festival avait lieu sur la Croisette.

Nous arrivâmes donc le 20 août pour assister à la soirée qui réunissait Kyle Eastwood, dont nous avions pu apprécier le talent le 24 juin dernier au Forum Nice Nord, et Eliane Elias, que nous avions ratée à Ramatuelle . Ce fut, en dépit d’un présentateur au débit interminable qui ferait passer le regretté ( ?) Guy Lux pour un modèle de sobriété, un grand moment de jazz. .Notons tout d’abord que si les musiciens de jazz sont rarement célèbres pour leur physique , nous vîmes ce soir là deux gravures de mode, deux top models !  Kyle, toujours secondé par l’impeccable trompettiste Quentin Collins dévoila une fois de plus les (nombreux) charmes de son dernier album ‘’ Time Pieces’’, et termina sur un bel hommage au regretté (pour de bon, lui) Horace Silver.

Kyle Eastwood at the Jazz Cafe, LondonCe fut ensuite un déferlement de virtuosité pianistique et vocale, de charme et d’entrain, avec une Eliane Elias survoltée, sur un répertoire bossa nova largement emprunté à Antonio Carlos Jobim, mêlé de quelques standards de jazz, dont un très beau ‘’ Embraceable you ‘’, plein de tendresse.  Et un triple bravo au contrebassiste Marc Johnson, l’un des meilleurs au monde, assurément. Standing ovation de la part d’un public ravi. A ce sujet, d’ailleurs, précisons que le festival fut un franc succès, plus une place n’étant disponible.Eliane_Elias

Les lecteurs de notre génération (nés dans les années 50 ou début 60) se souviennent sans doute de ces « supergroupes » de rock (Cream, BBA, Blind Faith) , créés de toutes pièces dans les années 70 par des managers décidés à profiter de la renommée de chacun des membres qui les composait. Et ce fut hélas un peu l’impression que laissa le concert donné par Antonio Farao (piano) Chris Potter (sax ténor) Eddie Gomez (contrebasse) et Jack DeJohnette (batterie).uno_jazz_festival_2015_3Faraò__DeJohnette__Gomez__PotterQuatre superstars, quatre virtuoses, mais souvent l’impression d’assister plus à un bœuf qu’a un véritable concert cohérent. Pas ou peu de compositions originales (une seule, en fait, écrite par Farao), beaucoup de démonstration technique, mais pas une vraie âme d’ensemble. Quatre monstres bien sur, qui avaient enregistré ensemble un bel album en 2001, sur lequel ils auraient du plus se baser. Une certaine fatigue aussi en fin de tournée en est probablement aussi responsable (Eddie a 70 ans, Jack 73…). Chapeau tout de même à Chris Potter, saxophoniste hors-pair, et à Antonio, qui eut fort à faire pour mener la barque au port.

En tout cas, un festival convivial et chaleureux dans un très bel endroit, un prix modique, un accueil d’une grande amabilité, un sans faute. Vivement SanRemo due !!

www.unojazzsanremo.it

Ecrit par Gilbert D'Alto

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