#LiveReport Jazz à Juan Jour #5 Blues sur la Pinède : Manu Lanvin, Delgrès, Ben Harper

BLUES ! tel fût la maitre mot de cette cinquième soirée de l’édition 2019 de Jazz à Juan, qui commença sur les chapeaux de roue sur la petite Pinède avec une prestation électrique de Manu Lanvin.


Toujours aussi bondissant, le fils de qui vous savez, tout de noir vêtu à l’exception de boots léopard enchaine les classiques du Chicago Blues, et du rock and roll avec une déconcertante facilité. Nous retiendrons une version sous haute tension de « Red House » le classique de Jimi Hendrix, ainsi qu’un morceau dédié à la ville d’Austin et à Stevie Ray Vaughan.

Puis nous nous sommes rendus à la Pinède Gould pour y découvrir Delgres, trio délirant de blues créole dirigé par le chanteur et guitariste guadeloupéen Pascal Danae, avec une instrumentation originale puisque la basse est remplacée par un soubassophone tenu par Rafgee, trompettiste de formation classique. Blues créole fortement influencé par la musique cajun de la Nouvelle-Orléans avec des textes au contenu politique et engagé comme le morceau « Mojodi », dédié à la mémoire du militant anti-esclavagiste Louis Delgres du nom duquel le groupe tire le sien. Une découverte.
Et enfin arriva sur scène Ben Harper, avec son trio The Innocent Criminals (Léon Mobley, percussions, Juan Nelson, basse et chant, Oliver Charles, batterie). Sobrement vêtu d’un jean et d’un T-Shirt jaune sur lequel était écrit « Jah Do It », le natif de Californie attaqua son set par deux morceaux reggae dont un « It’s up to you », puis posa sa guitare acoustique sur ses genoux, s’arma de son bottleneck, et rentra dans la partie la plus roots de son répertoire avec un son très Mississipi Delta Blues, et quelques virages par la soul comme cette reprise de « Who is he (and what is he to you) ? » de Bill Withers, et une autre de « Them Changes » de Buddy Miles et popularisé par Jimi Hendrix, une des idoles de Ben Harper, thème chanté par le bassiste Juan Nelson. Un passage par le tube pop « Steal my kisses from you » et retour au blues, cette fois à la guitare électrique au son saturé. Régal pour le public, et ravissement pour les aficionados de la musique afro-américaine que nous sommes. Une soirée mémorable !

www.jazzajuan.com

Photos : © Z@ius / Next Movement

Ecrit par Gilbert D'Alto

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