#LIVEREPORT Nice Jazz Festival jour #3 : Le feu et la grâce

Le temps affichait le beau fixe, et l’équipe du Jazzophone au (presque) grand complet investit le Théâtre de Verdure et la Scène Masséna pour ce deuxième jour du Nice Jazz Festival, qui présente ce soir là une affiche alléchante.

Après la présentation à la presse de l’ouvrage édité par les éditions Gilletta « Nice Jazz : Histoire d’un Festival » il était temps d’aller applaudir les acrobaties vocales de Camille Bertault. Stupéfiante de brio, l’ancienne élève  du Conservatoire de Nice passe de Gainsbourg à Satie, de Brassens à Dave Brubeck avec la même déconcertante aisance.


Une virtuosité qui laisse pantois, mais une pincée de soul pimenterait un peu cette démonstration technique de haute voltige. De la soul, en revanche Deva Mahal, qui se produisait à la Scène Massèna, en a à revendre. La fille de Taj Mahal est sans doute l’une des révélations de ce festival. Chanteuse à la voix puissante, emplie de gospel et de blues, elle porte en elle toute la tradition de la musique afro-américaine.

Retour au Théâtre de Verdure pour le « New Monk Trio » qui réunit trois des plus grands musiciens français de jazz : Laurent De Wilde (piano) Jérôme Regard (contrebasse) et André Ceccarelli (batterie), pour une relecture de l’oeuvre de Thelonious Monk. Fascinant concert et impressionnantes interprétations. Laurent De Wilde, très à l’aise avec le public, parvient à le faire chanter sur le fameux « Friday the 13 th« , ce qui, on les reconnaitra, n’est pas à la portée de n’importe qui…

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Le Feu dans La Jungle

Retour place Masséna pour l’un des summums de la soirée, le concert de Seun Kuti, fils de Fela Kuti, et son Egypt 80. Alternant sax, chant et piano, bête de scène absolue entouré d’une troupe bigarrée avec choeurs, cuivres,  dont un remarquable trompettiste Adedoyin Adefolarin, qui rappelait beaucoup le regretté Hugh Masekela), guitare, basse, batterie et beaucoup de percussions, le Nigérian envouta littéralement l’assistance pendant plus d’une heure avec son afro-beat lancinant qui nous entraina dans un fascinant voyage en terre africaine.

Autre grand monsieur noir au crâne lisse le saxophoniste Joshua Redman se produisait au Théâtre de Verdure en tant que guest star du quartet du légendaire batteur Billy Hart  Pour goûter pleinement le spectacle je m’installai avec les membres du quartet de Pierre Marcus qui anime les jam Sessions en after au Shapko. Eux non plus n’en perdaient pas une miette , car la musique de ce quartet (Joshua Redman, saxophone ténor, Ethan Iverson, piano, Ben Street, contrebasse, Billy Hart, batterie) est un extraordinaire mélange qui allie tradition et modernité , free et funk, bop et modal, dans un infernal brouet qui nous fit même oublier d’aller jeter un coup d’oeil à Orelsan qui se produisait à la Scène Masséna. Quatre grands moments de musique pour une seule soirée, pari gagné.

Il était temps de rejoindre le Shapko, où le Quartet de Pierre Marcus commencait  à animer la proverbiale Jam Session démarrait, emmenait par un Baptiste Herbin soufflant vents et marées.

Une soirée de pur bonheur jazzistique

www.nicejazzfestival.fr

Photos : z@ius next movement, Alain Fontana.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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