#Live Report: Duo Alalake-Anne Paceo Quintet

Les Nice Jazz Festival Sessions reprennent pour le plus grand plaisir des amateurs azuréens. Pour ce retour, le Stockfish accueille le duo Alalake en première partie du nouveau quintet d’Anne Paseo. Le Jazzophone est parmi le public, dans une salle qui affiche complet.

M’Bady Diabaté rentre sur scène en portant deux koras alors que Abd Chakur s’installe près de sa contrebasse, un oud entre les mains. Ils commencent le voyage par un morceau de derviches tourneurs turques mis à la sauce africaine.

La contrebasse est relevée, le duo poursuit son set en mode un peu plus jazz, improvisations, jeu en dialogue. L‘archet tout en bas du manche répond aux notes cristallines de la kora.

Tour à tour les deux musiciens donnent de la voix pour des chants qui suggèrent l’Afrique, des airs mandingues dans lesquels se glissent un peu de jazz et même free jazz.  Le duo Alalake nous régale d’un set inspiré et inventif, tout en finesse,

qui évoque aussi bien une rencontre de John Scofield avec Dave Holland que le chant d’un griot dans une hutte d’un petit village de Guinée.

 

Le temps d’un court entracte pendant lequel l’équipe technique du Stockfish s’active pour préparer la scène pour le groupe d’Anne Paceo qui ne tarde pas à prendre place. On a déjà pu écouter en disque ce nouveau projet Atlantis mais on va enfin le découvrir en live. La batteuse est au centre de la scène, en arrière ; Maya Cross debout derrière ses Prophet, Christophe Panzani, fidèle, au sax ténor,

Cynthia Abraham qui avait rejoint le groupe dans Shamanes pour quelques dates, assure les principales parties vocales alors que tout au fond,  Gauthier Toux a lui aussi un Prophet sur son Steinway.

Anne Paceo nous explique que cet Atlantis est inspiré par la mer, l’océan et ses nouvelles aventures de plongeuse débutante. Sa musique s’en ressent, les nappes de synthés, telles des vagues venues de l’horizon envahissent peu à peu la salle. Puis, magique et envoutante, la voix de Cynthia Abraham retenti. Celles de Maya Cros et de la batteuse la rejoignent par instants, Christophe Panzani faisant même une quatrième voix avec son ténor filtré par diverses pédales d’effets. Moments planants, pulsés par les baguettes sur les toms basses, la batterie qui se fait tribale. Quand il veux bien délaisser son synthé, Gauthier Toux nous offre de superbes parties sur le piano acoustique. Cynthia, dépose ses percussions

et se rapproche pour mieux conjuguer son chant aux notes qui s’évadent du Steinway.

Anne Paceo quitte sa batterie pour venir en devant de scène nous chanter une petite chanson d’amour, « Love Song » sur une simple ligne de basse et quelques accords de piano avant de retourner à son tabouret pour un final qui enthousiasme tout le public. Enthousiasme certainement partagé puisque le groupe nous offre, non pas un mais deux rappels. Tout d’abord Sedna, la rebelle déesse inuite des océans puis Au Large, une ballade pour nous inviter à rentrer paisiblement, où une nouvelle fois, la voix de Cynthia Abraham fait merveille.

 

Le 15/01/26 au Stockfish – Nice

Ecrit par Jacques Lerognon

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