Island : le nouvel album de Christophe Marguet

Island : le nouvel album de Christophe Marguet

Après une escapade avec une autre formation, le batteur Christophe Marguet retrouve le quartet de Echoes of time pour son nouvel album Island (Mélodie en sous-sol). Trio à cordes avec batteur à la baguette ou duo de rythmiciens de haut vol et deux jouteurs avec manche ?

Même après plusieurs écoutes, il n’est facile de décider. Hélène Labarrière se contente très rarement de faire une simple walkin’ bass en arrière du groupe. Christophe Marguet lui a proposé de très belles parties, le riff de Nuit Céleste. La ligne de basse et le chorus de Derek sur lequel il pose ses amples sons de toms. Néanmoins, ils assurent tous les deux une rythmique qui maintient le disque sur son cap (celui de l’ile ?). Avec son violon ténor électro-acoustique, agrémenté d’une belle série de pédales d’effet, Régis Huby est un peu le crooner des violonistes. Il confronte ici – manche à manche – ses quatre cordes aux six, très électriques, de la guitare de Manu Codjia. Les partitions du batteur, leur offrent de quoi titiller leur imagination (et la notre) pour raconter cette ile perdue des Seychelles (l’île Moyenne) que l’on distingue, à peine voilée, sur la pochette de l’album (superbe photo de Jean Francis Martin).

On sent que le guitariste appuie avec une certaine gourmandise sur la pédale de distorsion comme pour assouvir ses appétits rock-blues, dès le premier morceau Island comme plus tard son long solo dans Daily Work. Dans Les Dauphins, c’est Régis Huby, inventeur de sons venus d’ailleurs, qui fait chanter son violon, une partie très lyrique, ponctuée par les cymbales, avant que la guitare ne se coule dans les vagues. Il règne un bel esprit rock sur cette île, sur ce disque de jazz ! Le thème Liberté, un grand moment de l’album, confirme cette assertion. Là encore, violon et guitare s’en donne à cœur joie, l’archet bondit, Manu Codjia se fait shredder.  La contrebasse ronfle avec délice sous les offensives du batteur. Puis Sable Blanc apaise les esprits dans une douce apathie. En final, on retrouve un jazz plus expérimental. Tout d’abord dans Free Birds, tempo lent, cymbales en avant, impros guitare-violon et toujours cette basse de tous les instants. Puis, pour conclure, dans Wild Life, Christophe Marguet met (enfin) sa batterie en avant mais il laisse libre cours à ses trois acolytes dont les cordes frétillent jusqu’à ce dernier accord. On quitte cette île avec juste une envie : y revenir !

Régis Huby – violon ténor, électro-acoustique
Manu Codjia – guitare électrique
Hélène Labarrière – contrebasse
Christophe Marguet – batterie, compositions
Ecrit par Jacques Lerognon

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