#LiveReport : Jazz aux Décades

Un festival de jazz qui fait ses premiers pas, là où certains sont supprimés et d’autres voient leurs subventions réduites drastiquement, cela se fête !
Jazz aux Décades est donc né le 8 aout 2026 pour deux soirées.

Le Jazzophone ne pouvant être là le premier jour, c’est le dimanche que nous découvrons cette nouvelle manifestation. Tout est fait pour accueillir un public de tous âges, des foodtrucks proposant des mets variés – même un glacier ! – un stand de bières (locales !), des tables pour s’installer et bien sûr la scène du jardin des Décades, dont le maire, fraichement élu, a la bonne idée de raconter l’histoire. C’est en effet au début des années 50 que Jean Camp (maire du village pendant douze ans), un érudit féru de culture, installa cette place pour les « Décades de Provence », des rencontres culturelles qui permettaient à des invités de débattre de grands thèmes sociétaux. Les rencontres s’arrêtèrent à la fin des années soixante, les jardins, la scène restèrent. Ils revivent, entre autres, pour ce nouveau festival.

Trois groupes se succèdent sur scène, il fait encore chaud à 19 heures, pour autant les spectateurs arrivent petit à petit, et il reste très peu de places lorsque le Trio + de Fred Nardin, cofondateur de The Amazing Keystone Big Band  s’installe sur scène. Le trio de Fred Nardin et ses “friends” pour interpréter tant les compositions personnelles du pianiste que NightCall de Kavinski qui ouvre le concert.

Cécile Brocas vient rejoindre le quintet pour chanter des thèmes de Michel Legrand puis de Cole Porter, en particulier le très émouvant Love For Sale, et bien sûr Thelonious Monk, dont Fred Nardin est un fan absolu.

Beaucoup d’énergie, de bonne humeur et de swing pour ce set !

Et l’énergie va décupler lorsque Stefano di Battista rentre sur scène, un petit quart d’heure plus tard, juste le temps d’un rafraichissement.

Il investit la scène mais aussi tout l’espace avec son quintet qui va enchanter le public avec le projet La Dolce Vita, inspiré par le célèbre film de Federico Fellini. Avec cet album sorti en 2024, c’est toute l’Italie, ses canzone, son cinéma, mais aussi un certain art de vivre, de l’émotion et de la poésie qui plongent le public dans l’extase. Chacun reconnait tous les morceaux, finement arrangés par Fred Nardin- dont la soirée fut certainement un peu fatigante -, du premier Tu vuò fà l’americano de Renato Carosone à Via Con Me de Paolo Conte en passant par les musiques de films composées par Nino Rota ou bien encore Nicola Piovani. Le saxophoniste raconte ses amis (en particulier le jeune et talentueux trompettiste sicilien Matteo Cutello) la musique, virevolte d’un musicien à l’autre.

Beaucoup de virtuosité dans ce concert mais sans démonstration, la musique est naturelle, joyeuse, généreuse.

Un final d’anthologie lorsque Stefano Di Batista convoque tous les musiciens présents à une interprétation de la célèbre musique du film Le bon, la brute et le truand. Cela aurait pu être foutraque, c’est juste impressionnant d’entendre ces instrumentistes accompagner le thème lancé avec beaucoup de maitrise par le saxophoniste.

Plus de quatre cents personnes assistaient à cette soirée (les organisateurs ont dû rajouter des chaises). Nul doute qu’après l’enthousiasme suscité par les concerts, ils réserveront leur place pour 2027.

D’ailleurs, le maire Ewan Corinaldesi, aux côtés des directeurs artistiques Alban Leloup et Thomas Layrac ainsi que de Stefano di Batista, a d’ores et déjà annoncé trois soirées pour l’année prochaine.

Line up
Premier concert:
Thierry Chausse : batterie
Sofian El Mabrouk: contrebasse
Benjamin Prischi: Piano
Deuxième concert
Fred Nardin : Piano
Viktor Nyberg : contrebasse
Romain Sarron : Batterie
Raynald Colomb : trompette
Inor Sotolongo: percussions
Cécile Brocas : Voix
Troisième concert :
Stefano di Battista : saxophones
Fred Nardin : piano
Matteo Cutello: trompette
André Ceccarelli : batterie
Daniele Sorrentino : contrebasse.
Le 9 aout 2026 aux Jardins des Décades, Roquefort-Les-Pins

Texte : Corinne Naidet
Photos : Jacques Lerognon

 

 

Ecrit par Corinne Naidet

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