Autumn Leaves – Le jazz sur la Riviera cet automne

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Après le terrible drame qui a endeuillé la Côte d’Azur le 14 juillet dernier, le spectacle a néanmoins continué. Et nos plaies pansées (mais non cicatrisées, le seront-elles un jour ?), nous allons cet automne continuer à aller écouter, voir et soutenir la musique que nous aimons.

Cette musique sera présente dans de nombreux endroits tout au long de la côte, et nous pourrons nous repaître goulument de notes bleues ou autres jusqu’à la fin de l’année.

Tout d’abord nous  tenons à souligner et encourager la belle initiative de l’Office du Tourisme d’Antibes-Juan-les-Pins, qui propose le concept ‘’Jammin’ Juan‘’  qui est un peu la collection automne-hiver de Jazz à Juan, et veut faire découvrir en trois soirées au Palais des Congrès de Juan Les Pins, (là où avaient d’ailleurs lieu les  aujourd’hui défuntes « Révélations de Jazz à Juan ») « Les jeunes Talents du jazz ». D’octobre à décembre 2016, Jammin’ JUAN propose, en partenariat avec l’International Jazz Festivals Organization (IJFO), le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, Euclyde Data Centers, Enedis, Dushow et la S.A.C.E.M, trois grandes soirées au Palais des Congrès de Juan-les-Pins, durant lesquelles se produiront les plus prometteuses formations venues de tous les horizons du jazz.

Principale vocation de cet évènement : encourager les forces vives du jazz et permettre aux jeunes artistes de se faire connaître des scènes nationales et internationales, mais aussi de s’y produire ; sur celles des festivals partenaires bien sûr, mais aussi de Jazz à Juan et de son festival Off. Réparties sur trois mois à la mesure d’une soirée par mois, présentant trois groupes de jazz, l’un régional, l’autre national ; et le dernier international, ces  soirées  seront l’occasion de découvrir ou redécouvrir quelques-uns des musiciens les plus talentueux d’aujourd’hui. Au niveau régional; nous pourrons admirer  le quartet de  la chanteuse Deborah De Blasi, qui comprend en son sein le grand accordéoniste Frédéric Viale, et qui vient de sortir un nouvel album en compagnie de ce dernier (ainsi que de Diego Imbert et André Ceccarelli). Nous pourrons écouter également le trio de Fred D’Oelsnitz dont vous vous savez tout le bien que nous en  pensons, et dont le nouvel album, produit par Imago records, devrait être sorti pour l’occasion. Enfin David Amar et One Million faces nous emmènerons sur les chemins d’un voyage vers  l’Inde et sa musique, confrontée au jazz et à l’improvisation vocale.


Côté national, le grand Louis Winsberg, que l’on a souvent vu par ici, et son groupe Jaleo rendront hommage à Paco de Lucia, récemment disparu, avec leur mélange de jazz, flamenco et ragas. Le groupe Festen, Lauréat en 2010 du « Golden Jazz Trophy » présidé par Martial Solal, viendra proposer son jazz-rock « high energy », et le pianiste, organiste, compositeur, arrangeur et producteur allemand établi à Paris Frank Woeste, accompagnateur d’ Ibrahim Maalouf sur ses deux derniers opus,  nous proposera sa « Pocket Rhapsodiy ». Puis, côté international,  de belles surprises nous attendent avec l’étonnant trio de jazz manouche italien Accordi Disaccordi, qui mêle à son swing des effluves de tarentelles, le trio belge piano basse-batterie De Beren Geren, proche de l’esprit de E.S.T ; et pour terminer ,nous aurons un « régional international » avec le quartet du jeune batteur niçois établi  à New York, Thomas Galliano, et son jazz modal d’inspiration coltranienne.


Autre gros morceau automnal, le Monte-Carlo Jazz Festival se tient au Palais Garnier du 24 novembre au 3 décembre, et présente sous les honorables lambris de l’auguste édifice une programmation haut de gamme et diversifiée, puisqu’elle commence avec « Lambert Wilson chante Montand » et se termine avec Madeleine Peyroux,
et entre les deux, nous aurons pu admirer des sommités telles que Wayne Shorter, Al Jarreau, Manu Katché, Richard Bona, Angélique Kidjo,
Ibrahim Maalouf, et les jeunes talents Sarah Lancman,  Airelle Besson, Malia  (en duo avec André Manoukian), et le vétéran québécois Robert Charlebois, pour ses 50 ans de carrière. Un florilège.

Auparavant aura eu lieu le festival « Jazz sous les Bigaradiers »  à la Gaude, organisé par nos amis de la Cie So What, et leurs célèbres « Trophées du jazz ». Nous fêterons les 20 ans (eh  oui, déjà !) de ce festival. Si à l’heure où nous écrivons ces lignes, l’ensemble de la programmation ne nous est pas encore connu, nous savons d’ores et déjà que deux talentueuses jeunes femmes en feront partie ; j’ai nommé  Anne Pacéo et Géraldine Laurent.


Nice 
évidemment ne pouvait être en reste avec les tragiques événements de l’été dernier qui ont conduit à l’annulation du Nice Jazz Festival, et cet automne organise un retour du jazz dans la ville, avec au Forum Nice Nord  une programmation de groupes  de styles divers, mais tous intéressants. Nous commencerons avec le Quarteto Gardel dirigé par l’accordéoniste Lionel Suarez  qui donne aux tangos et milongas du célèbre compositeur et chanteur Carlos Gardel, une couleur très spécifique, sur des arrangements ciselés et ouverts à l’improvisation jazz représentée ici par la trompette d’Airelle Besson, le violoncelle de Vincent Segal et les percussions de Minino Garay.

Suivront le jazz Klezmer du clarinettiste David Krakauer,  la  fusion jazz-rock du duo Mike SternDave Weckl, le chanteur, ou plutôt vocaliste polonais Grzegorz Karnas, le blues de Melanie De Blasio, la  rencontre au sommet Jean-Pierre ComoStefano Di Battista, avec en spécial guest le crooner britannique Hugh Coltman,
et enfin  les turbulents GoGo Penguin, enfants terribles de l’électro-jazz, et leur show débridé et funky. Notons que le premier et les deux derniers de ces spectacles sont co-produits avec l’association La Ruche.  Notons également, qu’en première partie de tous ces concerts de produira la fine fleur de la scène régionale, avec des artistes comme Jean-Marc Jafet, Linus Olsson, Jo Kaiat, Antonella Lucia, Fred d’Oelsnitz (ici à l’orgue), Jonathan Gritella, Alain Asplanato, Christian Fernandez, Merakhaazan, etc. Signalons aussi l’hommage à Joseph Kosma, qui sera rendu le 20 octobre au CNRR sous l’égide de Françoise Miran. Pour rendre hommage au grand compositeur, une palette de musiciens de tous styles : Robert Persi, Jean Marc Jafet, Freddy Garcia, Janysett McPherson, Badou, Jo Kaïat, Marine et Yann Fisher, Richard Delrieu, Fernando Aleves, Jean-Yves Mestre… un plateau de rêve !

La salle Charlie Chaplin, à Saint Jean Cap Ferrat, recevra tout au long de la saison 2016/2017 des concerts de jazz. Boostée par le succès de son festival Saint Jazz Cap Ferrat la mairie a décidé de prolonger l’expérience en automne- hiver et de programmer un concert par mois avec des artistes tels que Sébastien Chaumont  (be-bop) Nina Papa (bossa nova)  ou la chanteuse américaine Aimée Allen (jazz vocal, soul).

Quant à Cannes, l’Espace Mimont reprend du service et recevra début octobre  un quartet fulgurant qui présentera un Hommage à Pharoah Sanders avec Joris Mallia (sax) Robert Persi (piano) Fabrice Bistoni (contrebasse) Bernard Weidmann  (batterie).


Cannes toujours, un concert exceptionnel à la salle Miramar, du François Arnaud quartet,avec Jean-Yves Candela au piano (dont nous chroniques par ailleurs le beau dernier album) et la rythmique du Nice Jazz Orchestra, Alain Asplanato, batterie, et Christian Pachiaudi, basse, avec François lui-même au violon, bien sûr. Un concert humanitaire donné en faveur des enfants malades de toutes pathologies de la région PACA. Dans l’arrière-pays niçois, à Carros, lors du festival Scènes Emergentes se produira le quartet de Pierre Marcus, toujours en ascension fulgurante avec l’incroyable Baptiste Herbin au sax alto (voir le portrait de Pierre dans ces pages). Quant aux lieux jazz,ils sont toujours là, à Nice, Antibes, Cannes, Le Shapko, la Cave Romagnan, le Kozma, le 06 Wine & Concept store, le Sophocle, la Médiathèque Jean De Noailles, la MJC  Picaud continuent de programmer du Jazz. Et pourquoi ne pas faire aussi  un tour de l’autre côté des Alpes, chez nos amis italiens, qui en Ligurie, possèdent également de beaux clubs, comme le Graffiti Pub à Bordighera ou La Mosca Bianca à Vintimille ?

Au vu de tout cela, il est facile de constater que la note bleue continue de résonner sous les cieux tout aussi bleus de la Riviera, et c’est très bien comme ça.

jammin.jazzajuan.com

fr.montecarlolive.com

assowhat.free.fr

ville-carros.fr

cannes-destination.fr

nicemusiclive.fr

Ecrit par Gilbert D'Alto

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  1. Pingback: Autumn Leaves – Le jazz sur la Riviera c | Imago records & production

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