#Edito #16

À heure ou sort ce numéro d’automne du Jazzophone, s’ouvre également la saison 2018/19 des concerts de jazz dans la région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Têtes d’affiches, jeunes talents, vedettes confirmées, les Festivals d’Automne comme Jazz sur la Ville et autres viendront présenter leur musique au public. Mais lequel ? Là est la question…

Le problème est souvent soulevé par nombre d’amateurs de jazz se désolant du nombre élevé de cheveux gris ou blancs dans les concerts de jazz, et de l’image élitiste de « musique pour intellectuels » que cette musique continue  hélas d’avoir, ce qui est un comble pour une musique née il y a cent ans de cela dans les maisons de passe et autres bouges de la Nouvelle-Orléans.

Néanmoins, cette odeur de soufre n’est plus d’actualité et la respectabilité est souvent de mise… Mais tout espoir n’est pas perdu de ramener la « plus savante des musiques populaires et vice-versa » vers un nouveau public. Mais il faudrait pour cela faire tomber les barrières et aller se frotter à d’autres musiques, comme le firent Miles Davis, Herbie Hancock, John Mc Laughlin et d’autres qui obtinrent dans les années 70 et 80 de véritables succès populaires et ramenèrent le jazz vers un jeune public jusque-là attiré par le rock. 

De même, à l’heure actuelle des gens comme GoGo Penguin, Yussef Kamaal, Avishai Cohen, Robert Glasper explorent  le jazz au travers du hip-hop, de l’électro et des musiques du monde, et parviennent à trouver un nouveau public.

Écoutons ce qu’en dit le musicologue Pascal Anquetil en sa grande sagesse : « C’est en allant à la conquête de publics totalement vierges, ignorant tout des richesses, de l’histoire et de l’actualité du jazz, que l’on reçoit le plus souvent en échange les plus beaux, inattendus et gratifiants retours. On est bien alors loin des réactions blasées, grincheuses et tièdes des pseudos « connaisseurs ». Sans idée préconçue, sans filtre médiatique, ce public neuf et frais offre la plus part du temps un accueil franc, direct et chaleureux aux propositions artistiques les plus ouvertes, voire les plus risquées. À la seule condition que les improvisateurs qui incarnent devant lui « leur » musique fassent preuve, à chaque fois, de générosité, authenticité et liberté. Nouvelle preuve, s’il en est, que le jazz est une musique universelle que tout le monde peut finalement comprendre et aimer », Bien dit, Pascal. Il faut arrêter de figer le jazz, musique métisse dès le départ, et qui n’a jamais eu peur de se frotter à d’autres. Le champ des possibles reste ouvert.

Ecrit par David Benaroche

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