#EDITO : De l’utilité des Festivals de Jazz

Un festival de jazz, qu’est ce que c’est ? Un panorama de l’évolution du genre ? une kermesse populaire ? un défilé de stars en plein air ? une occasion de découvrir des musiciens ? C’est en fait tout ça à la fois, et plus encore, même si ces derniers temps tous ces paramètres ne sont pas forcément réunis.

Certains festivals jouent la carte du prestige, et affichent une pléiade de stars qui souvent sortent du cadre du jazz stricto sensu, et pratiquent des tarifs parfois élevés; d’autres offrent des affiches de belle qualité à des prix modestes mais dont sont absentes les vedettes qui assurent la venue d’un public populaire ou touristique moins connaisseur ; d’autres encore (mais ils sont rares) choisissent la gratuité totale, garantie d’une assistance maximale, mais combien de municipalités peuvent elles en assurer le coût ? Un festival de jazz doit être comme la musique qu’il défend (ou prétend défendre…) : à la fois accessible et exigeant, populaire mais sans démagogie, prestigieux mais ouvert., festif et instructif. Quadrature du cercle ? Pas forcément… Nous allons voir pourquoi.

Tout d’abord, il faut pour un festival de jazz, que ce dernier soit l’ossature autour de laquelle tourne toutes les représentations, Il est évident qu’il faut y associer ce que l’on appelle « musiques apparentées » ou « tangentielles », souvent issues elles aussi de la tradition afro-américaine, comme le blues, le funk ou la soul music, ou encore de continents dont sont issues des ingrédients qui se sont souvent mêlés au jazz , comme l’Afrique ou l’Orient (Inde, Liban, Maghreb). Il y est important de mêler ces musiques aux représentants de la tradition jazzistique, car elles jouent alors un rôle de passeur ou d’éducateur, emmenant au jazz des gens qui n’en auraient jamais écouté s’ils ne se trouvaient pas dans un périmètre où il s’en jouait. Mais elles ne doivent jamais ostraciser ce dernier. On pourrait imaginer, à titre d’exemple, une soirée « spéciale trompette » , où se succéderaient un représentant de la tradition comme Wynton Marsalis, un néo-bopper aux influences soul comme Christian Scott et enfin un représentant de la modernité « fusionnelle » comme Ibrahim Maalouf ou Erik Truffaz. Succès garanti., mais ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. On peut également imaginer une ambiance bien sur conviviale, qui montre que le jazz n’est pas cette musique que l’on qualifie trop souvent d’intellectuelle. Il faut que la musique jouée reste accessible, et réserver la programmation des choses un peu plus pointues aux concerts de déroulant le reste de l’année dans les salles municipales ou régionales. Mais sans non plus donner dans la facilité. Equilibre difficile, mais, réalisable , quand on voit des gens qui allient popularité et qualité, comme Harry Connick Jr, ou Eric Legnini. En résumé, le succès et la pérennité d’un festival tiennent dans l’équilibre de sa programmation, et dans la chaleur de son accueil.

Ecrit par David Benaroche

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