Edito – La Lumière au bout du tunnel « Small is Beautiful »

Alléluia ! Après la dure épreuve que nous venons tous de subir, et qui a profondément touché les professions du spectacle, et du spectacle vivant en particulier, nous commençons à apercevoir la lumière au bout du tunnel.

En effet, les établissements que nous aimions, encouragions et fréquentions, qui proposaient de la musique live, rouvrent peu à peu, les uns après les autres et c’est tant mieux ! D’autre part si les festivals géants dont nous vous parlons chaque été sont annulés pour les raisons que l’on sait, de petites structures prennent le relais et organisent des évènements musicaux d’où le jazz est loin d’être absent. La force du jazz pour sa renaissance publique vient du fait qu’il s’agit d‘une musique d’amateurs éclairés, d’aficionados, plutôt que d’une grande messe cathodique et œcuménique. Les villes de la Côte d’Azur (Nice, Cannes, Antibes) peuvent donc de nouveau organiser des évènements de petite ou moyenne taille, peu susceptibles d’entraîner des débordements. De même, la plupart de ces évènements font la part belle aux musiciens régionaux, et qui s’en plaindrait ? Les lecteurs du Jazzophone qui ont connu les années 70 se souviennent certainement du livre de l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher « Small is beautiful » qui avait fait grand bruit à l’époque et dont les principaux thèmes évoqués sont : l’importance de l’échelle humaine ; l’idée de capital naturel, de traiter la nature comme un capital et non comme un revenu ; l’introduction du souci des travailleurs et de l’intégrité environnementale dans les décisions commerciales ; l’économie de la permanence, basée sur l’utilisation soutenable des ressources naturelles ; le décentralisme et la foi dans l’autosuffisance communautaire. Eh bien, pourquoi ne pas appliquer ces louables principes à l’activité musicale ? Surtout lorsqu’il s’agit de musiques vivantes et actives comme le jazz et les musiques improvisées ? Ce recentrage dans la petitesse, au sens noble du terme, devrait permettre la multiplication d’endroits ouverts aux musiciens, aux petites structures, aux associations à taille humaine, proches des créateurs et du public. Utopie ? Nous ne le pensons pas, à l’heure où les dangers réels sont légion, il est bon de pouvoir rêver et espérer… en musique bien sûr !

Ecrit par David Benaroche

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