#interview #2 : Vincent Peirani l’Artisan

Le curriculum vitae de l’accordéoniste Niçois Vincent Peirani n’est plus à découvrir dans un reportage, il suffit d’écouter les enregistrements pour comprendre que ses explorations musicales et la façon de les interpréter sont exceptionnelles.

En toute modestie dit-il :

« Je ne suis pas un artiste mais un artisan, la musique est une matière que j’essaie de modeler, de torturer même. »

Il fait cela si bien que par moment on peut se demander si ce son provient d’un accordéon et plus encore est-ce du jazz ? 

Vincent Peirani : Je n’aime pas trop les étiquettes, on peut tout jouer je pense. Après c’est surtout que je me considère un peu comme une éponge. De manière inconsciente, le fait d’écouter de la musique tout le temps, d’avoir le nez dans les partitions, d’en jouer, pendant des semaines, des mois, des années, au bout d’un moment et sans prétention aucune, j’ai une petite case qui s’allume en mode, « là j’ai un peu de Chick Corea en moi », c’est quelqu’un que j’ai beaucoup écouté, qui m’a beaucoup inspiré. Même chose avec Chet Baker ou des artistes de la pop, du classique. Je vais pas être dans un état où il faut absolument que je fasse une reprise de ça pour travailler telle ou telle chose. Cette image d’éponge je pense qu’elle me correspond extrêmement bien. Il y a 2 ans de ça, un quatuor à cordes m’a demandé de participer à un enregistrement avec eux, la musique était autour de Debussy. Pendant des mois je me suis remis à écouter du Debussy à retravailler l’écriture et écrire une pièce pour ça. En général, il faut que le projet me plaise, que la musique me plaise, me provoque des choses et que je puisse y apporter quelque chose. Je n’ai pas d’idées préconçues, d’a priori sur tel ou tel types de musiques, après c’est plutôt, est-ce que ça me plaît ou ça me plaît pas ? tout simplement.

Vous choisissez un morceau pour votre accordéon, le comparez-vous à celui joué par un autre instrument ?

Bien sûr, y a le son, la manière de phraser. Un super exercice que je faisais plus jeune, une chanson que j’aimais bien avec une improvisation quelle qu’elle soit, par exemple une impro de saxophone. Je mettais le disque et j’essayais de jouer pour ne faire qu’un avec le saxophone, me rapprocher du mieux que je pouvais, du son, des inflexions, de la dynamique pour être au plus près de l’original. Et j’ai fait ça avec plein d’instruments, plein de musiciens dans des styles différents. Et ça aide à se développer soi-même.

Avez-vous une préférence pour votre répertoire ?

Non, cela dépend de la formation, en ce moment avec mon quartette, on passe de chansons de Sonny Bono, des années 60 à un morceau d’Henry Purcell, qui est extrait d’un Opéra, en même temps on va faire du Led Zeppelin. Tout ça me correspond, j’aime juste la musique en général. Je me fiche un peu des cases, je  ne m’interdis rien, au contraire je m’autorise plutôt toutes les possibilités.

Vous avez depuis toujours un fidèle compagnon de route le saxophoniste Emile Parisien, on a l’impression que c’est stimulant.

C’est mon frère de musique, on a grandi ensemble au sein du quartette de Daniel Humair. On est partis ensuite dans l’aventure du duo, on vient de faire notre deuxième disque. Ce sont des rencontres exceptionnelles, je ne sais pas si on peut en faire beaucoup dans sa vie et j’ai eu la chance d’en faire une. Y a une connexion. C’est hyper stimulant de jouer avec lui, on est nous-même, on a plein de points communs, en faites on est super complémentaires. C’est assez incroyable, des fois on a l’impression qu’on est vraiment à l’unisson sur des modes de jeux, sur tel ou tel passage. Il écoute l’accordéon avec ses oreilles et sa culture et en même temps en me connaissant super bien. Il me sort de mon fauteuil, de ma zone de confort. On est une belle équipe.

Qu’est-ce que vous avez fait pendant le confinement, vous avez composé, joué ?

J’ai beaucoup écrit mais j’ai surtout passé du temps avec ma famille. J’ai essayé de faire en sorte que cette période soit positive. 

Continuez-vous à chercher un plan de carrière ?

Le plan c’est de rester toujours curieux, à l’écoute et de continuer à découvrir plein de musique et de musiciens.

Qu’est-ce que vous dites aux gens qui pointent du doigt vos pieds nus sur scène ?

C’était soit je ne mettais pas de chaussures soit, je ne mettais pas de pantalon. Qu’est-ce que vous préférez ? 

https://vincent-peirani.com

 

Ecrit par Jean-Pierre Lamouroux

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