#Jazz & #Photographie : Irving Penn, un coin de sérénité 

La première fois que j’ai vu une photo d‘Irving Penn, je ne savais pas ce que je regardais. C’était  l’image de la main d’un homme, et j’ai tout de suite su qu’elle appartenait à Miles Davis. Comment ? Je n’en ai aucune idée, juste, je le savais.

Le portrait de Miles Davis est devenu une véritable icône, une image forte et intense dans laquelle Miles revêt des traits presque sauvages, animaliers et ancestraux. Son visage semble exprimer un calme solennel, une concentration intérieure. La photo a été commandée à Irving Penn, grand photographe de mode, de voyage, qui l’a ensuite utilisée pour la couverture de l’album « Tutu » (Warner 1986). La photo intérieure de l’album est également célèbre, fascinante et intense.

À partir de 1947, il réalise ses photos de coins, un vieux morceau de moquette posé sur des boîtes, deux cloisons formant une encoignure : ces décors sont ceux de nombreux portraits de jazzmen  réalisés en studio « Ce que j’essaie vraiment de faire c’est de photographier les gens au repos, dans un état de sérénité. ». Penn isole ces monuments vivants entre deux parois, comme s’il les mettait au coin, ou encore assis sur un tabouret recouvert d’un vieux tapis. Ils sont ainsi un peu mal à l’aise, dans le but d’enlever tout ce qui vient avec la célébrité, comme les réflexes face à la caméra, pour ne garder que la personne elle-même. Ses sujets ont ainsi l’air très différent par rapport à l’image que le public a l’habitude d’en avoir à l’époque. Ce style épuré et anticonformiste ne passe pas inaperçu dans la presse de l’époque !

Entre les stars de cinéma, du sport, des peintres, des sculpteurs, les jazzmen sont mis en valeur. Irving Penn avait une passion pour toutes les musiques. Lester Young, Charlie Parker, Ray Charles, Duke Ellington entre autres, ont posé dans son coin. La musique rock est aussi mise en valeur par les sublimes photos de David Bowie, dans lesquelles on découvre un Bowie sans artifice, juste le poète.

Ses images sont très graphiques, minimalistes, et  tout autant les portraits que les photos de mode. Les modèles ne sont en général pas souriants sur les images, plutôt réservés, ce qui donne un côté mystérieux à ses photos. Il fera la couverture de 165 numéros de Vogue au cours de sa carrière.

Je pourrais parler longtemps du travail d’Irving Penn, mais il y a une série sur laquelle je veux attirer votre attention : celle des mégots de cigarette, ces images interrogent encore aujourd’hui. Pour Irving Penn, tout peut être poésie.

« Une bonne photographie est celle qui communique un fait, touche le cœur du  spectateur et le transforme. En un mot, c’est une photographie efficace ».

https://irvingpenn.org

Ecrit par Jacky Ananou

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