La Boîte à Musique #3

Larry Young in Paris. The ORTF Sessions (Resonance Records, 2016) par Gilbert D’Alto / Mental Medication (Maxiphone Collectif) par Jacques Lerognon / Tedeschi Trucks Band – Let me Get By (Universal 2016) par Jack Lalli / Count Basie, Joe Williams Sings Count Basie swings, Joe Williams sings Verve 1955 par Denia Ridley Frédéric Viale «  Les Racines du Ciel » Diapason par Gilbert D’Alto / Samy Thiébault – « Rebirth » par Gilbert D’Alto

Larry Young in Paris. The ORTF Sessions (Resonance Records, 2016) par Gilbert D’Alto

Enregistré à Paris en 1965 mais inédit jusqu’à aujourd’hui ce remarquable double album offre les séances effectuées par Larry Young, génie de l’orgue Hammond et l’un des des rares organistes de jazz à ne pas marcher dans les pas de Jimmy Smith, en compagnie d’un conglomérat de musiciens français et américains. Comme beaucoup de musiciens noirs américains à l’époque , Paris était un refuge par rapport aux Etats-Unis en proie au racisme et aux émeutes. Dans ce havre de paix, Young laisse éclater son génie en compagnie de sidemen de haut niveau, comme le pianiste Jack Diéval, («Valse Grise »),  le saxophoniste Jean-Claude Fohrenbach, ou son compatriote le trompettiste Woody Shaw.  De nombreux morceaux fascinants émaillent le disque (« Trane of Thoughts », «  Black Nile »)  et le tout est une merveille. Quelque temps après, Larry Young allait retourner à New-York et participer à la naissance du Jazz fusion avec le Tony Williams Lifetime et « Bitches Brew » de Miles Davis. Mais ceci est une autre histoire…

Mental Medication (Maxiphone Collectif) par Jacques Lerognon

Quand on lit le nom de ce groupe de jazz, Mental Medication, on se doute que l’on ne va pas entendre du bon vieux bebop, impression confirmée par la première écoute et les suivantes. Ils sont produits par le Maxiphone Collectif, celui qui abrite entre autres, Géraldine Laurent. Le quintet se compose de Nicolas Granelet aux claviers, d’Olivier Duperon aux saxophones, d’Alban Guyonnet aux percussions et vibraphone, la batterie est tenue par Damien Gouzou et la basse par Sunny Adroit. Leur inspiration revendiquée est l’Art brut, mais ils puisent leurs sources musicales aussi bien dans le jazz, que dans la musique contemporaine (on entend comme du Bartok dans leurs thèmes) mais aussi du prog et du rock, avec des arrangements qui ne déplairaient surement à Frank Zappa. De la musique écrite et improvisée du XXIème qu’il fait bon découvrir et entendre.

http://www.lemaxiphone.com/mental-medication

Tedeschi Trucks Band – Let me Get By (Universal 2016) par Jack Lalli

Susan Tedeschi est une chanteuse guitariste de blues & soul. Jeune, elle chante du gospel, une influence que l’on retrouve dans ce 7 ème album. Elle a déjà tourné avec John Mellencamp, B. B. King, Buddy Guy, The Allman Brothers Band, Taj Mahal, Bob Dylan et The Rolling Stones… Dans ce disque, il y a une parfaite symbiose entre jazz (les cuivres reviennent souvent), un swing fort agréable, et des tempos blues, ainsi qu’un côté énergique que cette étonnante dame sait proposer ! Épouse de Derek Trucks, un des guitaristes des Allman Brothers, on retrouve là des chansons pleines de mélodies, et où la guitare blues rock de Derek justement, lorgne bien souvent vers les ABB. Après une bonne prestation scénique en 2009 au Nice Jazz Festival, souhaitons la revoir avec ce groupe fantastique ! Un beau « big band » d’une douzaine de musiciens formidables dans ce « Let me Get By » !

http://tedeschitrucksband.com

Count Basie, Joe Williams Count Basie swings, Joe Williams sings Verve 1955 par Denia Ridley

Count Basie avait un des big-bands les plus populaires de « l’âge d’or du jazz ». Il possédait une oreille innée pour découvrir les  nouveaux talents. Et son style minimaliste, avec l’accent mis sur la section rythmique, a peut-être même créé le big-band le plus « swinguant » de tous les temps. Particulièrement futé, Basie a toujours choisi les chanteurs desquels  le public pouvait  le plus facilement se rapprocher. Cet enregistrement marque le début du baryton Joe Williams dans le groupe. Il avait une voix d’or, cool, bien adaptée aux  ballades, mais il s’est avéré être un interprète impeccable du blues. L’album fut  un succès critique et commercial pour Basie.Et en 1992, le morceau « Every Day I Have the Blues » a été intronisé au Grammy Hall of Fame. Mais, est-ce le big-band le plus « swinguant » de  tous les temps ? Je vous laisse juges…

Frédéric Viale «  Les Racines du Ciel » Diapason par Gilbert D’Alto

Frédéric Viale  à choisi comme intitulé de son nouvel album le titre d’un  tableau de son amie peintre Véronique Denoyel, sans doute inspiré par  le célèbre roman de Romain Gary, illustrissime écrivain qui vécut à Nice, et cela donne tout son sens à la démarche de Frédéric, car sa musique est comme lui, ancrée dans la terre, mais le regard tourné vers les étoiles. Pour son quatrième album, le grand Fred s’est entouré du quartet brésilien avec lequel il se produit depuis 5 ans, à savoir Nelson Veras, guitare, Natalino Neto, basse et Zaza Desiderio, batterie, pour de belles compositions toutes signées de sa plume , à l’exception d’une. Une très belle ouverture avec « Le roi Louiss » dédié à Eddy, l’organiste ami disparu, le morceau titre suit, ample et majestueux, «Orméa « inspiré par le Piémont, une coquine « Valse nuisette « etc.  Les titres s’enchaînent avec bonheur, pour le nôtre également.

http://fredericviale.com

Samy Thiébault – « Rebirth » par Gilbert D’Alto

Samy Thiébault, le saxophoniste-flûtiste qui nous avait gratifié il y a quelques temps d’un «  Feast of friends » en hommage à ces Doors qui sont souvent le groupe de rock préféré des jazzmen, nous revient avec cette « Renaissance » enregistrée avec le trompettiste Avishai Cohen en guest star, et le quartet habituel de Samy dans lequel brille particulièrement le pianiste Adrien Chicot. De longues plages méditatives et orientalistes comme « Laideronette, impératrice des pagodes » (quel titre !) voisinent avec des passages plus franchement enlevés comme cette « Enlightenment suite » en trois parties, co-composée avec Avishai Cohen. Un album à forte tonalité « world music » (le très beau morceau d’ouverture « Abidjan ») mais n’oubliant jamais de swinguer, grâce à une rythmique d’exception (Sylvain Romano, contrebasse, Philippe Sorant, batterie, Meta, percussions). Fortement recommandé.

http://www.samythiebault.com

Ecrit par Imago records & production

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