Le Jazz et… Les Comédies Musicales

All that jazz ! Que le spectacle commence.

stormy-weatherComédies musicales et jazz sont de vieux complices dont les facéties ont débuté il y a près d’un siècle. Même si de nos jours certains théâtres de Broadway résonnent de sonorités aux accents plus rock ou pop, l’influence du jazz continue de marquer ces éblouissantes créations aux frontières de la musique, du chant, du théâtre et de la danse. Le jazz y figure toujours en bonne place comme le prouve le succès incontesté de «Chicago», créé en 1975 par Bob Fosse et toujours à l’affiche en 2015.

De même, lorsque le cinéma s’empare des comédies musicales, c’est pour produire le plus souvent des films cultes : n’oublions pas ce clin d’oeil de l’histoire du 7ème art avec son tout premier film parlant, qui était aussi chantant, et s’appelait The Jazz Singer. Tout un symbole !

Broadway : depuis des décennies, ses théâtres sont pris d’assaut et ses spectacles fascinent un public souvent éclectique. L’alchimie est née au début des années 20 à une époque où des compositeurs talentueux signent des partitions qui font date et que l’on fredonne encore aujourd’hui. Cole Porter et ses éternels «Can Can» ou «Anything goes», Richard Rodgers «The sound of music», «Carousel», Jerome Kern, Harold Arlen, Irving Berlin, Matt Denis, Vernon Duke, Johnny Green, Arthur Schwartz … et bien sûr l’incontournable George Gershwin.

La comédie musicale s’apprécie sur la scène des théâtres mais aussi dans les salles obscures pour lesquelles l’industrie hollywoodienne déploie son savoir-faire et d’immenses moyens. En 1943, le film «Stormy Weather» d’Andrew L. Stone réunit la divine Lena Horne aux côtés de Fats Waller et Cab Calloway. Quelques années auparavant, «Shall we dance» (ou L’entreprenant Monsieur Petrov) de Mark Sandrich, avec Fred Astaire, avait déjà été l’occasion de partager un magnifique hommage au jazz afro-américain. Les compositions musicales destinées aux comédies chantées et dansées ont été écrites pour la plupart entre 1920 et 1960 et font désormais parties du Great American Songbook : un grand nombre d’entre elles sont même devenues des standards de jazz.

En effet, alors que la comédie musicale prend un nouveau virage accompagnant les bouleversements sociaux et culturels de la fin des années 50, les musiciens de jazz n’hésitent pas à en reprendre des thèmes devenues populaires. Ces compositions servent de base à une musique constamment réinventée à laquelle le musicien imprègne sa personnalité à travers de nouveaux arrangements ou à l’occasion d’improvisations. John Coltrane enregistre en 1961 «My favorite things» qui outre ce titre éponyme signé Richard Rodgers, tiré de «The Sound of Music» (ou La Mélodie du bonheur, en français), inclut aussi «Summertime» de Gershwin et «Ev’ry Time We Say Goodbye» de Cole Porter. On estime que le morceau «My Funny Valentine», également signé par Richard Rodgers pour «Babes in Arms», aurait été repris par plus de six cent artistes parmi lesquels, au hasard, Chet Baker, Ella Fitzgerald ou Miles Davis.

Si l’on associe spontanément la comédie musicale aux États-Unis, il ne faut pas oublier que la France possède aussi son propre patrimoine à travers les compositions de Michel Legrand. Non seulement il est le créateur, avec Jacques Demy, de la comédie musicale à la française mais il est aussi l’auteur de compositions devenues elles aussi des standards du jazz comme «Once upon a summer time», interprété notamment par Chet Baker ou Bill Evans, ou «The summer knows».

Aujourd’hui, il n’est pas rare d’apprécier, lors d’un concert, un air qui non seulement ravi nos tympans mais suscite également des images, parfois lointaines, comme un doux souvenir enfoui au fond de notre esprit, éveillé soudainement par la magie de la mémoire collective.

Ecrit par Valérie Juan

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