JAZZ et LITTERATURE Le Roi René

«AGNÈS DESARTHE & RENÉ URTREGER – LE ROI RENÉ » par Gilbert D’Alto

le roi rené
Jazz et Littérature ont souvent fait bon ménage. Prenons pour exemple Boris Vian qui pratiquait les deux , ou Jean- Paul Sartre qui était féru du premier , ou encore l’écrivain argentin Julio Cortazar qui parsemait ses romans de références au Jazz.
Il est vrai que la vie , souvent aventureuse des jazzmen, en particulier dans les années 40, 50 et 60 a de quoi faire flamber l’imagination d’écrivains toujours à la recherche de personnages hauts en couleurs . Et la rencontre entre ces deux univers vient de se reproduire , avec le livre que la romancière et traductrice Agnès Desarthe vient de consacrer à René Urtreger, monument du piano jazz français.

« Avez-vous pensé à écrire un livre à partir de votre vie ? » C’est la question que Agnès Desarthe pose un soir au pianiste et compositeur. Ce dernier lui répond qu’il n y avait pas pensé mais que , « oui, pourquoi pas. ? » . Et leur fructueuse collaboration vient de donner naissance à ouvrage magnifique où l’itinéraire personnel de René fait également écho à toute une époque de la musique en France.

Enfant prodige issu d’une famille juive polonaise, maitrisant très jeune Chopin , il se tourne ensuite vers le jazz et accompagne les plus grands jazzmen , tels que Miles Davis avec qui il enregistra la célèbre musique du film « Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle, puis partit en tournée européenne avec le quartet qui enregistra le disque ( avec le Niçois Barney Wilen , 20 ans, au saxophone ténor).

Ou encore Chet Baker, qu‘il côtoya a de nombreuses reprises, Stan Getz, Lester Young, Stéphane Grappelli et bien d’autres, René connut réussite fulgurante à la sortie de l’adolescence, mais aussi des drames insondables , comme tout d’abord la mort de sa mère en déportation, puis la spirale infernale de l’autodestruction, avec des drogues de plus en plus dures, et la renaissance dans les années 80, avec la reconnaissance du trio HUM (avec Daniel Humair et Pierre Michelot ), René accompagna aussi de grandes vedettes de la chanson comme Serge Gainsbourg ou Sacha Distel ( deux grand amateurs de jazz ) , et aussi Claude François dont il loue le professionnalisme. Du classique au jazz et à la chanson, un parcours singulier, un homme remarquable, un livre formidable.

Ecrit par Gilbert D'Alto

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