Live report : Week end Jazz à Cannes, Juan et Nice

Le long week end jazzistique qui amena l’équipe du Jazzophone sur toutes les routes de la Côte d’Azur « à la poursuite de la note bleue » (ce serait un joli titre pour un album de BD, non ?) commença en fait le jeudi soir  15 novembre à Nice, au piano bar le Kosma,

avec le trio « Bossa Jioa » de la chanteuse brésilienne Nina Papa qui était accompagnée de Marc Peillon à la contrebasse et de Béatrice Aluni au piano, pour un répertoire visitant  les grands standards de la bossa nova, ceux de Jobim  et de Gilberto mais aussi des compositions originales co-écrites par Nina et Béatrice. Un moment de grâce et de légereté, grâce a talent des musiciens et à la voix chaude et sensuelle de la belle carioca.

Le lendemain, nous prîmes  le chemin de Cannes pour nous rendre à la Médiathèque Jean de Noailles, pour un hommage à John Coltrane par le Tribute Coltrane Band (Bernard Weidmann, batterie, Fred D’Oelsnitz, piano, Jean-Marc Jafet, basse,  et « last but not least » Julien N’Diaye, saxophone ténor et soprano, qui remplaçait au pied levé Neil Gestenberg, appelé sous d’autres cieux) dans le cadre des concerts « Afterwork » débutant à 18h 30 et absolument gratuits. Dès les premières mesures de « A love supreme » le ton était donné ;  le jeune Julien (26 ans) a complètement compris l’univers du  grand John, et nous y plongea immédiatement, impeccablement soutenu par cette rythmique où brillait comme d’habitude le piano très « McCoy Tynerien » de Fred D’Oelsnitz. Défilèrent les thèmes coltraniens, dont un magnifique « Giant steps » pris à un tempo d’enfer, avec un très intense chorus de sax ténor. Après une pause méritée, les musiciens revinrent et attaquèrent directement par LE cheval de bataille du John Coltrane quartet, le fameux « My favorite things » qui  devint une ode à un jazz modal expressionniste, et donna lieu à une très belle partie de basse de Jean-Marc soutenu par le drumming éminemment  »Elvinien«  de Bernard. Puis après quelques autres interprétations des standards de Coltrane sonna hélas l’heure à, la fin avec une reprise de « Tunji », composition que Coltrane avait dédié au percussionniste nigérian Olatunji, qui ravit un public venu nombreux et visiblement enchanté de la soirée.

Ce  fut véritablement l’ombre du grand John qui plana sur le jazz azuréen tout au long de ce week-end, car le lendemain nous rendîmes à Juan-les-Pins pour la troisième et dernière édition (pour la saison, s’entend) de Jammin’Juan qui présentait trois formations dont deux en tout cas avaient été influencées par l’auteur de « Giant Steps ». Tout d’abord One Million Faces, groupe qui comprend le percussionniste et chanteur Davy Sûr, le saxophoniste, clavieriste, « metteur en sons » et vocaliste David Amar, et ce soir là  le musicien indien Rishab Prasanna à la flûte bansuri.  Une forte influence de la musique indienne, bien sur, et de longues  et planantes introductions avant que Davy se déchaine aux percussions.  Et nous retrouvions l’héritage de Coltrane dans le jeu de soprano de David  (rappelons nous que Coltrane avait écrit « India » en 1961, bien avant que George Harrison ne mette la musique indienne à la mode). Davy nous précisa qu’il ne s’agissait pas de jazz mais d’histoires racontées en musique. Il est vrai que nous étions assez loin de la tradition afro-américaine.

Puis ils laissèrent la scène au quartet du jeune batteur niçois Thomas Galliano, de retour sur la Côte après 6 ans passés à New York.  Un quartet de haute volée qui comprenait le fantastique saxophoniste Baptiste Herbin, assurément l’un des meilleurs musiciens français, le pianiste Karim Blal, venu de Rome, et l’ami Pierre Marcus, décidément présent sur tous les fronts, à la contrebasse. Trois, quatre, c’est parti. Feu. Déluge de batterie, envolées lyriques et volubiles du saxophone, cascades de notes au piano, soutien impeccable de la contrebasse. 45 minutes de jazz, de feeling, et de classe, un pur régal. Et là encore, l’esprit de la musique de Coltrane. Le groupe joue des  compostions originales, dont certaines sont dues à la plume du propre père du batteur, le guitariste Thierry Galliano. Le groupe s’était produit auparavant (mercredi et vendredi) à la Cave Romagnan et à la Galerie Depardieu, et était déjà soudé comme un poing. Ce groupe est une entité particulière, et espère se produire régulièrement sous cette forme. Ne le ratez pas, j’ai ouï dire qu’ils revenaient en janvier, le Jazzophone vous tiendra au courant.

Puis cet excellent quartet laissa la scène au trio du pianiste Frank WoesteLe pianiste allemand, désormais parisien, accompagnateur de Youn Sun Nah et d’Ibrahim Maalouf, présentait son dernier album en trio « Pocket Rhapsody » dans lequel il joue du piano bien sur mais aussi du Fender Rhodes, et cela parfois simultanément. Une musique très « Jazz fusion«  électrique et expérimentale, mais loin d’être dénuée d’intérêt.


+ « Meanwhile , back in Nice » (Pendant ce temps à Nice)…, car l’équipe du Jazzophone a  le don d’ubiquité, se produisait à la Cave Romagnan le groupe Electric 5  mené par le saxophoniste Manu Carré, avec Aurélien Miguel à la guitare, Félix Joveniaux à la batterie  remplaçant ce soir là Max Miguel, Florian Verdier au Fender Rhodes et Nicolas Luchi à la basse électrique. Electrique est le mot, car du jazz fusion abrasif que joue ce groupe puissant en inventif, comme nous l’a prouvé son album « Go » sorti il y a un peu plus d’un an et qui constituait la majorité du répertoire joué ce soir là. Un concert plein d’énergie dans une Cave remplie d’un public admiratif.


Le lendemain, nous retrouvâmes le Thomas Galliano quartet, cette fois au Shapko Bar, pour un set beaucoup plus long que celui de Juan les Pins, qui se limitait à 45 mn. Là, le groupe dévoila son amplitude en deux heures  et demie, avec toujours un Baptiste Herbin, incroyablement énergique et virtuose. Une très belle conclusion pour ce long week-end, Et comme tout fait sens, Baptiste va jouer sur le prochain disque de Nina Papa ! La boucle est bouclée.

www.jammin.jazzajuan.com

www.cannes.com/fr/culture

www.shapkobar.fr

www.manucarre.com

www.baptisteherbin.com

www.kosmapiano-bar.fr

Ecrit par Gilbert D'Alto

Un commentaire

  1. Pingback: #LIVEREPORT par Gilbert D’Alto pour Le Jazzophone

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

  • Les concerts Jazz et +

  • Le Jazzophone