#LiveReport : Marjorie Martinez « Flowers »

Pour le lancement  public de son album « Flowers » Marjorie Martinez avait choisi le Théâtre Francis Gag, où elle s’est plusieurs produite en tant que chanteuse du Nice Jazz Orchestra. Pour ce bel album entièrement dédié à la musique et à la mémoire de Billie Holiday, et le spectacle qui en découle et qui a eu lieu le 15 mars dernier, Marjorie avait recruté son trio habituel : Linus Olsson, guitare acoustique, Giliard Lopes, contrebasse, Alain Asplanato, batterie, augmenté de  Jay Metcalf (l’époux de Marjorie) au saxophone ténor.

En sus de ces musiciens que l’on peut décemment qualifier d’exceptionnels, au cours de la soirée, des invités surprises feront leur apparition selon les morceaux. Une exploration du répertoire de Lady Day à travers ses grands standards, en évitant les morceaux tragiques du style « Strange fruit » ou « Gloomy Sunday », à la fois désespérés et irrémédiablement marqués par le sceau de Billie. C’est le côté swing de Lady Day que Marjorie a choisi  et c’est un excellent choix. Marjorie présente l’histoire des morceaux qu’elle chante, traduisant leur sens pour la partie non anglophone du public, et truffant le spectacle d’anecdotes personnelles ou musicales. L’un des plus grands succès de Billie « What a Little Moonlight Can Do » lui donne l’occasion de présenter le premier invité le violoniste François Arnaud qui se fend d’un solo très inspiré puis  le groupe enchaine avec « Them there eyes ». Sa version du fameux « Mon Homme » de Mistinguett que Billie interprétait en anglais sous le titre « My Man » nous permet d’apprécier l’accordéoniste Freddy Garcia qui donne une touche très « Piaf » à ce titre. « Body and Soul » est joué de manière très originale avec l’apport de deux violoncellistes venus de l’Opéra de Nice, Anne Bonifas et Thierry Trinari sur un arrangement de Pierre Bertrand. Également au programme, une version dépouillée et très bluesy de ce « Lover Man » qui était l’un des chevaux de bataille de Billie Holiday, qui donne lieu à un très « soulful » solo de sax ténor de Jay Metcalf. Ce très beau concert se finira sur  « God Bless the child » , une des rares compositions originales de Billie, dans une version empreinte de gospel, devant un public enthousiaste et ravi. Un beau moment de musicalité et de chaleur humaine. Un régal.

www.marjoriemartinez.com

Photo : Françoise Nahon

Ecrit par Gilbert D'Alto

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